S’intéressant
très tôt à la biologie et à la zoologie, Claparède entreprend des
études de médecine couronnées par un doctorat en 1897.
Parallèlement il s’oriente vers la psychologie et devient en 1904
directeur du laboratoire de psychologie à la faculté des sciences
de l’université de Genève. Il y occupera la chaire de psychologie
jusqu’à sa mort. Il crée en 1912 l’école des sciences de
l’éducation (Institut
J.-J. Rousseau). Ses intérêts ont
été très divers au cours de sa carrière. Il aborde des questions
de perception, de psychologie animale, de
psychologie juridique (il étudie en détail les mécanismes
du témoignage), de psychologie de l’enfant,
de pédagogie, etc. Ses idées sont marquées par le concept
de fonction adaptative issu de
ses préoccupations biologiques qu’il applique à la vie mentale.
S’opposant aux théories associationnistes, Claparède montre que l’intelligence est une fonction
active d’adaptation aux situations nouvelles. Face à une
situation inconnue le sujet procède à des tâtonnements qui
l’orientent dans la recherche d’hypothèses à vérifier.
Claparède est l’un
des deux ou trois psychologues qui
ont profondément nourri la
psychologie de
Piaget,
notamment par sa psychologie de
l’enfant et par sa psychologie de
l’intelligence. Il y a certes chez
les deux auteurs une approche plus
complémentaire qu’identique par
rapport au développement ou au
fonctionnement de l’intelligence,
dans la mesure où Claparède insiste
bien davantage sur la dimension
fonctionnelle de l’intelligence que
sur son organisation ou sa
structure. Pourtant, en étudiant des
processus comme la prise de
conscience ou la résolution de
problème, Claparède a abouti à des
résultats que Piaget n’aura aucune
peine à intégrer dans sa
psychologie; ces processus sont en
effet des composantes des mécanismes
de construction cognitive.
Mais c’est peut-être
surtout comme fondateur et comme
directeur de l’Institut Jean-Jacques
Rousseau que Claparède a pu jouer un
rôle de tout premier plan par
rapport aux activités de Piaget en
psychologie. Non seulement il lui a
offert dès 1921 une charge de chef
de travaux à l’Institut qui lui a
permis de pouvoir très rapidement
réaliser de nombreuses recherches
sur la genèse des notions
scientifiques, mais de plus la
notoriété de Claparède, ainsi que
les très nombreux échanges qu’il
avait avec les psychologues du monde
entier, ont facilité une
reconnaissance quasi immédiate de
son jeune collègue, alors très vite
considéré comme un leader en
psychologie génétique de
l’intelligence.
Les principaux
ouvrages de Claparède sont "L’association
des idées" (1903), "Psychologie
de l’enfant et pédagogie
expérimentale" (1909), "L’éducation
fonctionnelle" (1931) et un
mémoire portant sur "La genèse de
l’hypothèse" (1933).