C’est surtout
Maximilien de Habsbourg qui
recueillit l’héritage du Téméraire.
Un autre événement heureux pour les Habsbourg : en 1490, Sigismond,
archiduc d’Autriche, faisait abandon de
tous ses droits en faveur de Maximilien. Il est clair
qu’il existait désormais une menace virtuelle pour les Confédérés.
Maximilien
entendait bien rassembler au service de la restauration du
pouvoir impérial en Allemagne toutes ses ressources. Les
Habsbourg, depuis 1437, c’est-à-dire après une longue éclipse,
occupaient à nouveau le trône de l’empereur ; ils étaient
arrivés à doter la royauté allemande d’une base
territoriale pour asseoir avec succès ses prétentions à l’hégémonie.
Notons au passage que les dix cantons
suisses jouissaient tous de l’immédiateté impériale, ils
n’en étaient pas pour autant entièrement rassurés.
C’est au mois
d’août 1495 que la Diète
de Worms, avec son cortège d’institutions
nouvelles (Diète annuelle, armée et
tribunal permanents, et surtout impôt), vit ses décisions
repoussées par les Confédérés. La guerre se profilait à
l’horizon.
Cette guerre,
dite chez nous « de Souabe »,
de l’autre côté du Rhin sera celle « de
Suisse ». Le déclencheur fut l’affaire du Couvent
de Münster. Le Couvent était disputé par l’évêché
de Coire et le comté du Tyrol. A l’insu de Maximilien, les
Tyroliens occupèrent le couvent en janvier 1499.
La guerre était rendue inévitable ; du côté tyrolien,
on invoqua le secours de la Ligue de Souabe, et du côté
grison, celui des Confédérés.
Dès le début
des opérations militaires les Suisses
furent chaque fois victorieux. Mais ils se contentèrent
d’assurer leur liberté et l’intégrité de leur domaine. La
guerre devenait un ciment d’unité. Par contre, du côté
allemand, la cohésion faisait totalement défaut. Bientôt
Maximilien intervint en personne ; il
déploie la bannière impériale, le 28 avril 1499,
contre les Confédérés qu’il a préalablement mis au ban de
l’Empire.
Le 22 mai 1499,
les bandes grisonnes écrasent une armée
autrichienne ; mais nullement découragé par ses échecs,
du moment que les Suisses renoncent chaque fois à exploiter
leur avantage, l'empereur entreprend une nouvelle offensive générale.
Ce sera la dernière. Les Suisses triomphèrent à Dornach,
le 22 juillet 1499. Maximilien dut négocier, sur tous les plans
il avait perdu la partie. L’ambassadeur milanais Galeas
Visconti put convaincre Maximilien à rabaisser l’orgueil de
ses prétentions. La paix de Bâle
fut conclue le 22 septembre 1499.
Nulle
clause du traité de Bâle ne stipule expressément la séparation
de la Suisse et de l’Empire. Mais
le texte, en son entier, tant par ses affirmations que par ses
silences, implique la renonciation du roi à tous les droits de
suzeraineté qu’il avait voulu imposer à travers les décisions
de la Diète de Worms. Il faudra attendre le traité
de Westphalie, en 1648, pour voir la Suisse et l’Empire
se détacher.
C’est en
1501, à la suite de la guerre de Souabe, que deux nouveaux
cantons furent admis : Bâle
et Schaffhouse.