Psychologue
polonaise
Après des études de
psychologie et de philosophie à
l’université de Berlin (1927-1928), Szeminska se rend à Genève dès 1928,
à la suite d’une suggestion de
Köhler
à qui elle a fait part de son
souhait de travailler en psychologie
du développement (Köhler lui parle
alors d’une nouvelle "étoile"
montante de cette psychologie,
Piaget).
Elle obtient à Genève le grade de
doctorat en philosophie, mention
pédagogie.
De 1932 à 1939
Szeminska participe, avec
Bärbel
Inhelder et en
tant qu’assistante de l’Institut
J.-J. Rousseau, aux recherches sur
le développement des notions
numériques et spatiales chez
l’enfant. Elle sera co-auteur, avec
Piaget, de l’ouvrage paru chez
Delachaux et Niestlé sur "La
genèse du nombre chez l’enfant",
ainsi que de l’ouvrage sur "La
géométrie spontanée chez l’enfant"
publié en 1949.
Son retour en
Pologne, en 1939, aura pour
conséquence de rompre pendant plus
d’une décennie les liens qu’elle
avait tissés avec la psychologie
génétique genevoise. A la fin de
seconde guerre mondiale, au cours de
laquelle elle s’engagea très
activement dans la résistance
polonaise, Szeminska s’intéressa aux problèmes de
délinquance chez les
adolescents de son pays, ainsi qu’à
la diffusion de la recherche
psychopédagogique dans le domaine de
l’enseignement des sciences
(Szeminska fut directrice de
consultations psychologiques des
enfants des écoles de Varsovie,
directrice de la section de
psychologie de l’institut de
recherches pédagogiques, et
professeur à la faculté de pédagogie
de l’université de Varsovie).
Ce n’est qu’après
l’ouverture du centre international
d’épistémologie génétique que
Piaget
aura l’occasion de reprendre contact
avec son ancienne collaboratrice.
Dès la fin des années soixante
environ, Szeminska viendra
régulièrement à Genève, notamment
lors des symposiums annuels dirigés
par Piaget, et elle participera
activement à quelques-unes des
nouvelles recherches sur la
causalité puis sur les mécanismes du
développement conduites au centre.