Identité sociale
et identité personnelle
INTRODUCTION
Identité = selon
dico : similitude, communauté, unité, permanence
≠
altérité, contraste, différence. Distinction.
En psy. sociale
(James, Cooley, Mead) = identité ancrée dans relation
individuel-collectif, personne-groupes d’appartenance. S’enracine
donc dans ce qui n’est pas identique et s’en enrichit.
Tajfel
→
identité = construction d’une différence, d’un contraste, d’une
altérité.
Endogroupe =
groupe d’appartenance. Exogroupe = hors groupe
1. DU MOI INTERACTIONNEL A LA CATEGORISATION SOCIALE
Le Soi selon Mead
Behavioriste
social. Etudie lien entre esprit-soi-société. Interaction sociale à
l’origine de la conscience individuelle. Le soi n’existe que si
existe les autres.
2 phases du dévelo.
du soi :
1- soi se
constitue par l’organisation des attitudes particulières des actes
sociaux des autres envers lui et envers eux-mêmes.
2- soi se
constitue aussi par l’organisation des attitudes sociales de
l’autrui généralisé ou du groupe social comme un tout auquel il
appartient.
Deux élans pour
formation du sentiment identité : famille (dynamique
particulière et situationnelle) ; attente de la société
(dynamique générale et sociétale).
Institution
= réaction commune des membres de la communauté à une situation
particulière. Réaction variant selon les individus (vol) mais elle
reste commune (sous des formes variées) = autrui-généralisé.
Mead souligne que
le soi n’est pas qu’une intériorisation passive des attitudes
sociales (ou que les individus seraient identiques ou
interchangeables) : comment donc rendre compte des différence ?
sources de variations = interactions multiples et places multiples ;
Mais surtout deux aspects du soi :
1- Je = soi
en tant que sujet (créatif), jugements d’autrui intériorisés.
2- Moi =
soi en tant qu’objet (conformiste), jugements d’autrui assumés par
le soi.
Qui suis-je ?
Technique de
Kuhn et Mc Partland = test Qui suis-je ? Réponse d’abord
d’après catégorie sociale, statut, rôle. Seulement ensuite viennent
les réponses subjectives (heureux, troublé…).
Gordon
→
même type de recherche montrant que minorité produit une conscience
accrue de ce qui rend minoritaire (travaux de McGuire sur ce sujet).
La théorie de
l’identité sociale : Fin années 60 l’identité se lie avec
problématique de la catégorisation sociale. Qu’est-ce qui pousse un
individu à se définir d’après des catégories sociales ? Travaux de
Tajfel notamment
→
paradigme des groupes minimaux. Utilise la théorie de la comparaison
sociale de Festinger pour montrer qu’un individu tend à
chercher des groupes d’appartenances capables de renforcer les
aspects positifs de son identité sociale. Importance de la
comparaison avec d’autres groupes pertinents pour s’évaluer. Turner
se joint à Tajfel pour élaborer la théorie de l’identité sociale :
en gros, les individus tentent de maintenir ou d’accroître leur
estime de Soi. Les auteurs remarquent qu’il existe également une
différentiation entre individus personnels. Ce sont donc deux états
extrêmes dont on peut douter que l’on puisse rencontrer dans la
réalité. Brown et Turner montrent que certains situations s’en
approchent : pôle interpersonnel = discussion d’amoureux ; pôle
intergroupes = policiers et grévistes.
Théorie de
catégorisation de soi : (ou auto-catégorisation) : notion de
dépersonnalisation
→
passage de l’identité personnelle à l’identité sociale (3 niveaux).
La dépersonnalisation conduit l’homogénéité de l’endogroupe et de
l’exogroupe.
2.APPROCHES SOCIO-COGNITIVES
Théorie sociale
de Turner
→
grande généralité dans son champ d’application et extrême dans ses
conséquences.
Effet
d’homogénéité de l’exogroupe : Juger et percevoir membre de
l’exogroupe comme moins diversifié et hétérogène que eux ne se
perçoivent. Pour Tajfel homogénéité à l’intérieur des catégories est
associé aux contrastes entre elles. Pour Turner il y a
incompatibilité cognitive entre catégorisation (en particulier entre
personnel et groupale). Ils se ressemblent tous mais nous sommes
tous différents.
Intimité dans
l’endogroupe = plus grande familiarité pour endogroupe. Il y a
désindividualisation de l’exogroupe
→
permet discrimination + rejet l’exogroupe.
Pour
Lorenzi-Cioldi les théories de l’identité sociale de Turner et
Tajfel ne font pas de différence théorique entre Soi et Autrui
individuels lorsque des appartenances sont en jeu. Or si on juge un
membre c’est l’identité de soi en tant qu’être singulier qui joue
(moins perception stéréotypique), alors que si on juge tout
l’exogroupe c’est l’identité de soi comme membre de l’endogroupe qui
joue. Il y a une oscillation des comportements interpersonnels et
intergroupes d’après les perceptions individuelles. Mais
l’hétérogénéité de l’endogroupe est relative et il convient donc de
ne pas tomber dans la simplification.
Soi versus
autrui, endogroupe versus exogroupe : Emploi simultané de
différents niveaux de catégorisation. Codol
→
individu peut continuer la poursuite de l’unicité personnelle au
travers du groupe = Je suis plus conforme aux normes en vigueur dans
le groupe que les autres membres. Il y a indifférenciation en même
temps que distinctivité de soi. Soi-autrui dans l’endogroupe
coexiste avec nous-eux envers exogroupe.
Brewer
→
il y a différentiation avec sous-groupes de l’endogroupe,
homogénéisation des sous-groupes les plus éloignés de l’individu,
opposition de l’endogroupe et de l’exogroupe. Ce système catégoriel
produirait en même temps l’identité sociale et l’identité
personnelle.
Marques
→
effet de la brebis galeuse : sous-groupe de l’endogroupe ne
respectant pas assez les règles du groupe aux yeux de l’individu.
Wilder
→
L’identité sociale repose sur les épaules de l’exogroupe (en fait,
on ne se définit que par ce qui nous différencie de l’exogroupe).
Pluralité des
configurations de l’identité : Minorités seraient vues comme
plus homogènes. Mais l’homogénéisation d’un exogroupe n’empêche pas
la personnalisation des membres de cet exogroupe. Il y a donc
compatibilité entre catégorisation par identité collective et
émergence de spécificités individuelles.
Les relations
entre les sexes : importance du prestige social relatif. Les moins
de prestige (souvent femmes) se perçoivent et sont perçus sur le
mode de l’identité collective. Prestige = statut social.
Hypothèse de
l’oppression : le dominé (femme) porte plus d’attention à ce que
fait le dominant (c’est l’intuition féminine). « Lucidité des
exclus »
→
Bourdieu. La position de supériorité amène à diminuer l’attention
portée aux caractéristiques personnelles des subordonnés. Il y a une
forme d’homogénéisation de l’endogroupe et de personnalisation de
l’exogroupe.
Points de vue
sur l’identité de soi : Les femmes se décrivent de la
manière dont les hommes les voient et décodent mieux les sentiments
de l’exogroupe sexuel à leur égard selon des études. Ce qu’il faut
retenir : catégorisation de soi des membres d’un groupe de bas
prestige sur le mode de l’identité sociale passe par une
catégorisation du groupe de haut prestige par l’identité
personnelle.
Identité
personnelle et statu-quo, identité sociale et originalité :
Dépersonnalisation de l’exogroupe →
moindre familiarité avec ses membres, plus faible représentation des
relations dans ce groupe. Des expériences montrent que les erreurs
intra-catégorielles sont plus nombreuses que les erreurs
inter-catégorielles
→
les individus de l’exogroupe sont vus comme interchangeables. Homme
→
dépersonnalisation très présente ; Femme
→
homogénéité exogroupe dépend de la situation représentée (contexte
privé ou public). Le clivage vient donc du contexte.
Il y a clivage
intergroupe en fonction du prestige des individus
→
aucun des deux sexes ne manifeste les effets prédit par la théorie
de l’identité sociale : différentiation intergroupe n’est pas
accompagnée par dépersonnalisation dans les deux groupes. Donc très
grande importance des groupes dans la structure sociale.
3. VERS UN MODELE DE PORTEE GENERALE : IDENTITE ET STATUT SOCIAL
Des expériences
montrent que des sujets tendent à confondre d’avantage entre eux des
personnes de même statut social quel que soit leur groupe
d’appartenance. Explication sur modèle occidental et oriental
→
revoir.
Groupes
collections et groupes agrégat
Groupe collection
= au prestige élevé / groupe agrégat = au prestige faible.
Groupe collection
vu plus par personnalisation ; le groupe n’est pas un obstacle pour
spécificités individuelles. Groupe agrégat vu plus comme homogène ;
l’identité se forme autour du groupe. Cette distinction par statut
social remet en cause les théories de l’identité sociale :
Tajfel :
continuum soi-groupe
Turner :
niveaux de catégorisation de soi
Attributions
intergroupes (Deschamps / Beauvois)
INTRODUCTION
Psychologie du
sens commun : permet d’expliquer notre comportement et celui
d’autrui = théories de l’attribution. Dominante dans les années 70.
Heider
→
précurseur.
Béhaviorisme
→
sujet lieu de réaction.
Cognitivisme
→
le sujet passe de passif à organisateur, il produit du sens. Retour
sur la conscience après s’être intéressé au comportement
Attribution
= très générale (tous les actes mentaux pour certains), mais idée
centrale est que on a besoin de cherche les causes des choses. On
parle donc d’attribution causale. Permet de savoir comment agir et
d’établir des prévision.
1. L’ATTRIBUTION INTERPERSONNELLE
Les idées de
Heider : Psychologie naïve des individus
→
leur permet de développer une vue cohérente de leur environnement.
Met en avant l’attribution : les individus vont au-delà des données
de la situation pour l’expliquer, la comprendre et s’y adapter =
donner un sens. Recherche d’une structure permanente mais non
directement observable des choses. On attribue les effets soit à des
personnes soit à l’environnement de ces personnes.
Le modèle des
inférences correspondantes : Jones-Davis
→
Perception
des causes des actions d’autrui : l’observateur pense que le
comportement vient d’un trait de caractère de l’individu acteur.
L’observateur doit donc d’abord voir ce qui a été voulu par
l’acteur. Il faut donc que l’acteur ait été conscient des effets et
qu’il possède les capacités pour accomplir l’action. Il faut aussi
que l’acteur ait agit librement. Problème : comment l’observateur
peut-il attribuer une intention à l’acteur ? En se fiant aux effets
spécifiques du comportement, ce sont les effets qui correspondent à
une intention. Donc :
1- Repère les
effets
2- compare les
effets avec les effets qu’auraient eu des autres actions possibles
3- correspondance
entre action, intention et disposition en se basant sur l’action
effectuée et celles qui ne l’ont pas été.
Le modèle de la
covariation :
Kelley : 1. objet
à appréhender 2. personnes en interaction avec ces objets 3.
modalités temporelles 4. circonstances des interactions avec objets.
Voir pour suite, pas très important je pense.
La notion de
schéma causal :
Souvent l’individu
utilise son expérience passée pour faire des attributions.
L’individu utilise des raisonnements courts, simples d’après son
expérience. Principe d’économie
→
individu s’en tient à une ou deux possibilités et n’explore pas la
covariation de manière méthodique.
Tentative de
synthèse des modèles de Jones&Davis et de Kelley :
Mise en avant des
rôles et de l’importance de l’appartenance à des catégories sociales
dans les mécanismes inférentiels. En plus de ce que nous avons vu,
nous avons aussi des attentes sur le comportement d’autrui. Elles
sont de deux types : celles basées sur la catégorie d’appartenance
et celles basées sur la personne. Catégorie
→
fait appel à des stéréotypes. Personne
→
selon ce que l’on sait d’elle.
2. L’ATTRIBUTION : UN MODELE DE L’HOMME SCIENTIFIQUE
Attention : manque
page 106-107.
L’erreur
fondamentale : à la base de la tendance à inférer des causalités
internes plutôt qu’externes (= les gens sont responsables de ce
qu’ils font et de leur sort). Voici 4 interprétations :
1- besoin de
contrôle (sinon phénomène de résignation acquise).
2- éliminer le
hasard des causes possibles de l’événement (monde juste
→
on obtient ce que l’on mérite, travaux de Lerner à ce sujet).
3- modèle culturel
dominant dans cultures occidentales
→
centrée sur individu = privilégie facteurs internes.
4- variations
sub-culturelles (les mieux insérés attribuent de la valeur aux
explications)
D’autres théories
plus récentes que ces grandes théories considèrent l’erreur
fondamentale comme une étape du processus d’attribution. L’erreur
fondamentale est aussi modulée par d’autres biais :
Biais d’auto-complaisance :
succès = causes internes / échec = causes externes : préservation de
l’estime de soi. Mais aussi conceptions plus cognitives : les gens
s’attendent à la réussite de ce qu’ils entreprennent. Evénements
attendus
→
attributions internes ; événements inattendus
→
attributions externes.
Biais
acteur-observateur : l’acteur perçoit plus souvent son propre
comportement comme une réponse à la situation. Acteurs sont centrés
sur la situation alors que observateurs le sont plus sur l’individu.
L’acteur s’explique en termes de raisons alors que l’observateur
explique en termes de causes.
LES DIMENSIONS SOCIALES DE L’ATTRIBUTION
Attribution
→
émettre un jugement sur un individu d’après ses comportements
directement perceptibles. Mais grande importance du fait que
l’individu est vu comme appartenant à un groupe (endo ou exo
groupe). Le comportement serait ainsi d’abord rapporté au groupe et
seulement exceptionnellement rapporté à l’individu. Donc attribution
selon différentiations sociales. Dimension sociale de l’attribution
Attribution et
relation entre groupes: Ethnocentrisme et attribution
→
Taylor :
recherche en Inde. Duncan
→
recherche noir/blanc
L’erreur ultime
d’attribution (ou biais de complaisance pro-endogroupe :
Pettigrew : fréquence des attributions dispositionnelles
défavorables aux individus membres de l’exogroupe.
La nature
sociale des processus d’attribution : Thibaut/Riecken
→
si personne
de haut statut explique comportement par facteurs internes, si de
bas statut explique comportement par facteurs externes. Autrui semble
perçu comme étant à la source de son comportement ou étant déterminé
par la situation en fonction de son appartenance à certaines
catégories ayant une valeur spécifique aux yeux des observateurs
(eux-mêmes insérés). Il y a deux grandes famille de processus qu’il
ne faut pas confondre :
1- la
catégorisation dépend de bcp de facteurs
2- connaissances
préalables sur catégories sociales