Qu'est-ce que ATRIUM Section Psychologie ???

Bienvenue dans la section Psychologie des sites ATRIUM. Composée de travaux divers concernant l'historique de la discipline, les méthodologies, la psychologie sociale ou la question de l'intersubjectivité, la psychologie de l'enfant et la psychopédagogie, des biographies d'auteurs célèbres... nous ferons une place grandissante à la pédagogie dans cette section.

 

Retour au sommaire

Sommaire >>> Psychologie sociale

Mucchielli A. (1999, 4ème édition): L’identité. PUF

 
 

L’IDENTITE EN SCIENCES HUMAINES

Les fondements de l’identité d’un acteur pour d’autres acteurs (ou pour lui-même) se trouvent dans les identités de ces autres acteurs (ou du premier acteur lui-même). Le sens du concept « identité » n’est pas fixé. Multiplicité de définitions.

Relativisme constructiviste = le sens de l’identité sera tributaire des référents théoriques utilisés pour construire l’intelligibilité du phénomène. La réalité scientifique est donc relative à la théorie de référence que l’on prend. Chaque scientifique, détenteur d’un cadre théorique, peut lire les phénomènes identitaires avec ses propres référents (psychanalyse, analyse transactionnelle, existentialisme, structuralisme…)

Théorie générale de l’identité : condamnés à éclectisme ou possible de trouver un point de vue scientifique global pour rendre compte de la pluralité des approches de l’identité. But de Mucchielli = trouve cette théorie générale de l’identité. Nécessité de se placer du point de vue des sciences humaines : acteur social → aussi bien individu que collectivité. Sujet pas comparable aux objets des sciences dites exactes car : affectivité, conscience, raison, ressenti, réflexion. L’identité d’un acteur social ne peut être définie comme l’identité d’un objet des sciences physiques.

Paradigme subjectiviste (ou interprétatif) ≠ paradigme positiviste des sciences physiques. Pour sciences humaines : pas de réalité objective donnée (la réalité est une réalité de sens, elle est construite par les acteurs) ; pas UNE réalité mais PLUSIEURS coexistant ; identité ne vient pas d’une mise en forme par certaines causes.

Identité pour sciences humaines = ensemble de significations (variable selon les acteurs d’une situation) apposées par des acteurs sur une réalité physique et subjective. Identité est plurielle car elle implique plusieurs acteurs. L’identité est toujours en transformation puisque ses contextes de références sont toujours en évolution. Elle est un construit biopsychologique et communicationel-culturel.

Théorie des processus de la communication = les communications des acteurs sont des communications « qui-ont-un-sens-performant-pour-eux ».

Le sens de l’identité d’un acteur pour un autre acteur est fonction du contexte pertinent utilisé par ce dernier acteur pour définir l’identité du premier. Exemples de référents identitaires : écologiques, matériels et physiques, historiques, culturels, psychosociaux : liste à multiplier à l’infini. Différents types d’identité selon les référents utilisés : identité objective, culturelle, groupale, sociale, professionnelle… Une identité est une identité pour quelqu’un → elle varie en fonction des acteurs concernés (on retrouve l’idée que toute réalité de sens est plurielle).

p.19 : explication des identités subjective, ressentie, affirmée, présentée, de façade, agie, négative représentée, inférée, souhaitée, vécue, prescrite, attribuée…)

Mead → Soi : vient du fait que l’acteur peut s’éprouver lui-même directement en se plaçant du point de vue des autres membres du groupe social auquel il appartient.

p.21 : sur le test Qui suis-je ?

Erikson : on ne peut parler d’identité s’il n’y a pas un ensemble de sentiments vécus se rapportant à cette identité = l’identité n’existe que par le sentiment d’identité. Les significations que l’acteur donne au fait d’être lui-même dépendent de processus d’évaluation subjectifs dont les résultats sont traduits en sentiments (en impressions vécues). Le sentiment banal d’exister repose sur des informations (contexte spatial, physique, sensoriel).

Continuité temporelle → l’acteur se perçoit identique à lui-même dans le temps, il perçoit ses transformations comme un continuum. Lorsque les différences sont perçues comme des ruptures = crises d’identité.

Les imprégnations culturelles identiques fondent la possibilité de compréhension et de communication avec autrui.

Un acteur social doit avoir un objectif défini, un avenir d’espoirs.

La statique = approche selon laquelle la formation de l’identité est une affaire rapidement définitive. Les acteurs sociaux sont influencés dans les premières étapes de leur vie (Pavlov, Freud, Erikson).

Noyaux identitaires : 1. noyau identitaire individuel. 2. noyau identitaire groupal ou communautaire. 3.noyau culturel.

Laing → toute identité est manipulée en partie par les autres et le monde extérieur.

Rosenthal & Jacobsen → « mauvais écoliers » = effet de Pygmalion. : l’identité est aussi le résultat d’un ensemble de communication arrivant et partant d’un acteur. Chaque identité est une émergence de sens résultant d’un ensemble de négociations des identités de chacun. Chaque identité trouve donc son fondement dans l’ensemble des autres identités s’exprimant à travers le système des relations.

Erreur de l’isolat = quand pas pris en compte les interactions de l’identité avec les éléments des divers contexte.

Identité-située = le phénomène identitaire s’inscrit toujours dans une expérience de l’existence. Chaque acteur a plusieurs identités-situées en même temps (il peut s’inscrire dans une pluralité de situations dont seules certaines sont activées au moment de son activité). Elle est en continuelle émergence et ne peut donc être saisie que par flashs.

Les fondements de l’identité sont bien dans les identités elles-mêmes des différents acteurs en relation. Les contextes utilisés par l’acteur pour définir l’identité le sont car ils sont pertinents (=permet de faire émerger un sens) pour lui. Mais ce sens est lui-même dépendant de la situation. Et la définition de la situation dépend de l’identité émergente de l’acteur pour lui-même et pour l’autre au moment où il considère l’identité de l’autre. phénomène de la complexité humaine (Paradigme de la complexité qui est la thèse défendue par Mucchielli).

LES FONDEMENTS DE L'IDENTITE PSYCHOSOCIOLOGIQUE

L’identité est un ensemble de critères de définition d’un sujet et un sentiment interne. Ce sentiment d’identité est composé de différents sentiments : d’unité, de cohérence, d’appartenance, de valeur, d’autonomie et de confiance organisés autour d’une volonté d’existence. Les référents identitaires (=ce par rapport à quoi on définit) sont légions. La liste des critères retenus va dépendre de l’usage projeté de l’identification (signatures = caractéristiques essentielles ; type = ensemble de caractères organisés en un tout). La définition de l’identité se fait à partir de quelques critères car cela suffit pour identifier un groupe ou un individu par rapport à un autre groupe ou individu. On retient donc les caractéristiques essentielles et les caractéristiques marquant la différence.

Groupe = unité collective réelle, mais partielle, directement observable et fondée sur des attitudes collectives, continues et actives, ayant une œuvre commune à accomplir, unité d’attitudes, d’œuvres et de conduites, qui constitue un cadre social structurable tendant vers une cohésion relative des manifestations de la sociabilité. Gurvitch.

Mentalité = ensemble d’acquis commun aux membres d’un groupe.

Noyau identitaire personnel : le savoir sur soi-même est la source du sentiment d’identité personnelle. Ce savoir est une structure de la personnalité sous-tendant tous les actes de l’individu.

Le système culturel, la mentalité et le système affectivo-cognitif individuel s’emboîtent les uns dans les autres. Le système culturel est commun à tous les membres d’une même société, il s’élargit ensuite pour les différents groupes en devenant leurs différentes mentalités, les mentalités se spécifient enfin dans les systèmes cognitifs individuels.

Niveau d’identification : 3 niveaux : - l’ensemble culturel. – le groupe. – selon notre psychologie propre. fonctionnent généralement en même temps, mais selon situation l’accent sera mis sur l’un ou l’autre.

Chaque société, chaque groupe, chaque individu possède un répertoire d’identités qui permet la connaissance des autres. On ne peut pas ne pas situer l’autre par rapport à soi. L’identification de l’autre une fois faite, elle va influencer tout le processus de communication avec cet autrui.

Processus d’attribution (Moscovici) = émettre un jugement sur l’autre et chercher tous les signes qui valident ou invalident l’évaluation. Evaluation faites à partir de formes perceptives complexes (gestalten). Les schémas d’identification d’autrui sont :  identitaires culturels, groupaux et personnels. Schémas servent à décoder la réalité sociale, mais ils façonnent également notre conduite sociale selon notre représentation identitaire on se conforme à ce que l’on croit devoir être.

Identification à autrui : La personnalité se constitue et se différencie par une série d’identifications (aspect, propriété, attribut de l’autre que l’on prend pour soi). Enfant premier modèle vers 5-6 ans, fin avec crise de puberté = 11-12 ans. Mais des modèles surgissent pour l’individu tout au long de la vie.

Identification pour le groupe processus d’identification culturelle + identification possible à un groupe de référence (en prendre les normes, les valeurs, les opinions…). Ce groupe peut être actuel ou imaginaire, historique, mythologique…

Autrui généralisé = Mead sert à l’identification culturelle.

L’identité prend corps et s’affirme par rapport au passé.

James : Moi = représentation de nous-mêmes ou des autres en considérant un certain nombre de faits psychiques.

Mead :

Moi = ensemble des rôles des autres intériorisés et assumés par l’individu. Par le Moi la société est présente en nous et influence nos actions.

Je = ce qu’il y a de personnel dans la conduite (spontanéité + créativité).

Soi = interaction dialectique du Moi et du Je. Soi est une possibilité de conscience de soi-même au travers du regard de la société sur soi individu devient un objet en prenant les attitudes d’autrui envers lui = devenir un objet pour soi en vertu de ses relations avec les autres individus. La conscience de soi apparaît dans le dialogue entre le Moi et le Je ; le Moi seul est directement présent à la conscience, le Je n’est saisi qu’après coup.

Erikson L’identité n’existe que par le sentiment d’identité. Le sentiment d’identité peut se décomposer en une série de sentiments reposant sur la permanence de processus d’évaluation et d’intégration-identification.  

Etre matériel C’est l’ensemble de nos sensations qui nous rappellent que « nous sommes nous ». Pour un groupe ce sont les éléments matériels qui constituent l’ancrage de l’existence objective du groupe (rassemblement collectif, emblème…). Les imprégnations culturelles identiques permettent la communication et la compréhension.

Sentiment d’appartenance niveau individuel = le Moi (Mead) et sentiment de participation affective (Erikson). Niveau du groupe = esprit de groupe et sentiment de solidarité.

Sentiment d’unité et de cohérence Nous avons l’impressions d’une unité de nous (même si nous avons une multiplicité d’états).

Sentiment de continuité temporelle continuum (pas de coupures de l’existence ressenties). Si les différences sont ressenties comme des ruptures alors les crises d’identité s’ouvrent.

Sentiment de différence Celui qui estime avoir une identité personnelle ne peut se penser comme totalement identique à autrui. Le sentiment de différence est essentiel à la prise de conscience de son identité. Essentiel aussi au fondement de l’identité groupale et culturelle.

Identité négative = Erikson caractéristiques d’autrui rejetées, elle accompagne l’identité positive.

Sentiment de valeur Se faire valoir aux yeux de ceux qui ont de l’importance pour nous. Etre quelqu’un pour quelqu’un d’autre, tel se manifeste le désir d’identité. Importance de l’estime de soi.

Sentiment d’autonomie Identité individuelle ne peut s’affirmer que si l’individu se sent à la fois appartenir au groupe et être autonome par rapport à l’emprise collective. Bonne distance affective il faut à la fois imiter et maintenir la distance. Bonne distance = distance qui permet de préserver et d’affirmer son identité, de se sentir en sécurité dans le groupe tout en restant autonome. Erikson « La formation de l’identité commence là où cesse l’utilité de l’identification ».

Sentiment de confiance Adler insiste sur importance relation mère-nourrisson. Erikson Je suis l’espoir que j’ai et que je donne : rôle des parents ; castration).

Sentiment d’existence et effort central : Avoir objectifs, avoir une orientation sous-tend l’être dans ses efforts de vie. Chocs affectifs peuvent faire que individu ne sait plus où il en est. Il y a un projet identitaire, sorte de finalité inconsciente de réalisation orientant décisions et conduites.                                       

LES DIFFERENTES IDENTITES PSYCHOSOCIOLOGIQUES

Identité auto-énoncée = apportée par le sujet lui-même.

Identité subjective le sujet croit intimement à ce qu’il est.

Sentiment d’identité le sujet éprouve ce qu’il est.

Identité affirmée énonce ce qu’il est.

Identité présentée identité présentée à autrui.

Identité de façade montre que certaines facettes (il peut y avoir plusieurs identités de façade, elle appelle des conduites de respectabilités). Elle est un moyen d’évitement des évaluations négatives. Neutraliser le regard critique des autres.

Identité différentielle énoncer seulement caractéristiques différentielles principales, celles qui nous spécifient.

Identité négative représentée ce qu’il ne veut pas être. Erikson image dévalorisée et repoussante de l’identité.

Identité inférée ce qui est crut sur un sujet.

Identité perçue ce que le sujet est pour lui.

Identité prescrite ce qu’il voudrait que le sujet soi.

Identité attribuée d’après quelques caractéristiques ce que l’individu devrait être.

De l’extérieur, l’identité est la définition d’un sujet (individu, groupe, société) définition qui se réfère à des critères, la nature des critères choisis (car on ne peut les prendre tous) permet de parler de différentes identités : objective, culturelle, groupale, sociale, professionnelle. L’identité que l’on décrit est fonction de la situation et des besoins d’informations que l’on a.

L’identité communautaire : Durkheim il y a en nous un être collectif (groupe et ses opinions) et un être privé (tout ce qui est de l’ordre de l’univers privé). L’identité communautaire, qui est d’abord participation affective à une entité collective, est un pilier constant de toutes les identités. Elle fonde le sentiment d’identité notamment à travers les sentiments d’appartenance, de valeur et de confiance.  

Il existe un Moi social primitif partagé par tous les individus d’un même groupe cohésif. La séparation progressive de l’individuel par rapport au collectif devient décisive au XVIIe. Il reste un Moi communautaire qui est premier par rapport au Moi individualisé.

Dialectique de l’identité sociale : Erikson critique Freud Le sentiment d’identité a bien une face psychologique interne, mais il a surtout une face sociale externe. A tous les stades de la vie l’identité intérieure et l’identité sociale se développent ensemble. L’identité sociale est plutôt une identité attribuée. Elle est la somme de toutes les inclusions et exclusions par rapport à tous les groupes constitutifs d’une société.

La vie comme quête permanente d’identité sociale. Chercher à augmenter sa propre estime de soi et rechercher celle des autres sont des motivations importantes de la vie psychologique et sociale. Il existe une vision subjective personnelle de son identité sociale (pour preuve : si identité sociale pas satisfaisante individu quitte groupe appartenance (souvent par stratégies inconscientes Tajfel).

PROBLEMES ET CRISES DE L’IDENTITE

Dynamique et maturité de l’identité : le sentiment d’identité est composé des sentiments de l’être matériel, d’appartenance, de cohérence, de continuité temporelle, de différence, de valeur, d’autonomie, de confiance et d’existence. Tous les problèmes et crises de l’identité sont dus à une quelconque frustration ou atteinte à un ou plusieurs de ces sentiments. L’identité n’est pas quelque chose de figé. L’identité saine est une identité qui a sa dynamique interne. Elle cherche à s’affirmer et à se réaliser selon les modalités permises par son environnement. Maturité de l’identité crises d’identités apparaissent comme des phases de maturation ; une identité mature est une identité où tous les sentiments constitutifs du sentiment d’identité ont pu se développer. Fondée sur les sentiments primordiaux de confiance et de cohérence, la maturité se repère par l’aptitude de l’identité à intégrer des expériences nouvelles et à créer sans arrêt à partir de cela une identité nouvelle, toujours en devenir. Les conditions de la maturité d’une identité sont donc les conditions matérielles, psychologiques et socioculturelles qui permettent aux différents sentiments de l’identité de se constituer. 

Les problèmes de référents identitaires 

Les dissonances identitaires dissonance cognitive de Festinger = Le système de connaissances, de croyances et de représentations d’un individu intervient sur les perceptions et les conduites, pour réduire les désaccords logiques. Les crises d’identité surviennent lorsque les tensions crées par les contradictions deviennent trop fortes et paralysent les actions en introduisant le doute permanent.

Perturbations de la sécurité ontologique désunion familiale, exclusion et rejet, écrasement affectif, perte des enracinement sociaux et religieux.

Perturbations des référents identitaires relativisation des valeurs et des modèles.

La perte de confiance dans le système de valeurs culturelles et les modèles sociaux renforce les attitudes de désengagement, accroît la passivité et induit les réactions individualistes. En effet, il ne reste plus qu’une chose en laquelle on peut croire : soi-même. Mais ce soi-même est tiraillé par des logiques et des modèles contradictoires, ce n’est donc pas en lui que l’individu va trouver la certitude de son être.

Les aliénations de l’identité intervention d’un système extérieur pour modifier une identité existante, avec en plus le ressenti de cette aliénation.

Aliénation et acculturation forcée colonisation, transplantations culturelles.

Aliénation et dépersonnalisation  je suis ce que je ne suis pas et je ne suis pas ce que je suis (Sartre).

Réaction défensives : mécanisme de défense transpersonnelle et mécanisme de défense sociale mise à distance, immobilisations, rapprochements

 

Retour au sommaire

 
 

 

Liens internet

     
 
Votre site ici !!! Ecrivez-nous pour ajouter votre site à nos pages...
 
 
Copyright © Yannick RUB