Retour
sur les sentiment de confiance vs méfiance
Le mot clé de ce dilemme,
de cette crise, Erikson considère
que ce sont les besoins primaires : manger, respirer,
boire...L’idée qui accompagne tout le mode d’Erikson
c’est que se sont les fonctions physiques sur lesquelles se
greffe la capacité d’apprentissage
à absorber, recevoir, donner, incorporer.
C’est l’apprentissage
de la réciprocité; l’enfant va transférer cet apprentissage
sur d’autres modalités relationnelles; d’où l’hypothèse
que certaines fonctions du psychisme se greffent sur les
besoins, les fonctions corporelles.
Cela est facteur de
troubles; ils peuvent être le résultat d’un manque de
relations entre les deux facteurs : trouble recevoir/attente du
recevoir; c’est lorsque l’enfant cherche à avoir quelque
chose et que l’autre le retire, l’éloigne (par exemple si
l’enfant mord le sein de sa mère, elle se retire, le réflexe
de l’enfant sera de mordre plus fort la prochaine fois...).
Un
autre exemple de troubles lié, selon Erikson, à cette phase
d’apprentissage absorber/incorporer, c’est le trouble du
"paradis perdu".
Au moment de la gestion du servage, l’enfant peut ressentir le
sentiment d’avoir perdu quelque chose, une expérience
traumatisante qui, selon certains, peut rester toute la vie ! En
tous les cas, il s’agit d’une expérience forte pour
l’enfant et c’est donc un moment
capital.
Ce que l’enfant ressent
est une perte de sécurité, la
perte d’un bien précédent. Que se passe-t-il alors dans le
mental de l’enfant ? Il peut, par exemple, penser qu’il
n’est plus digne de recevoir ce "cadeau"; cela
provoque évidemment un trouble, une nostalgie obscure...qui
peut là aussi être conservée toute la vie !
R.Laing souligne que tout
le monde a connu le "paradis perdu", c’est donc un
processus normal et la pathologie liée à cet événement a
lieu lorsque l’adulte s’appréhende comme manquant de valeur
(p.100 de son livre). Ce vide ressenti peut se transformer en
envie de détruire, d’agresser, ce qui constitue un cercle
vicieux: cette agressivité dévalorise encore plus l’individu
(p.102). Cette situation entraîne une troisième sorte de
trouble: le "sadisme oral",
phénomène qui se produit lorsque l’individu ressent un fort
besoin de prendre à autrui en lui nuisant (parallèle avec la
morsure lors de la succion).
Selon Erikson il existe
aussi un "oral optimiste";
c’est celui qui perçoit l’acte recevoir/donner comme la
chose la plus importante de la vie.
Conclusion
-
On a appris à se fier à
l’identité et à la continuité des pourvoyeurs extérieurs.
-
On peut se fier à
soi-même et à la capacité de ses propres organes, à tenir tête
aux impulsions.
-
On est capable de se considérer
soi-même comme assez digne de confiance pour que les
pourvoyeurs n’aient pas besoin de se mettre en garde ou de
renoncer (p.105 Erikson)
Tout cela ne dépend pas de
la qualité de la nourriture ou des soins fournis par les
pourvoyeurs mais de la qualité des rapports
entre eux et l’enfant. Erikson va plus loin en affirmant que
les mères créent un sentiment de confiance lorsqu’elles
comblent les besoins du bébé avec une fidélité personnelle
(elles prennent en compte leurs propres besoins), il se produit
donc une sorte d’équilibre. Cet équilibre provoque
l’accord avec le milieu (les règles des parents doivent avoir
un sens d’après ce qui est considéré bon pour l’enfant)
(Erikson, p.106).
Erikson considère en outre
que même un parent autoritaire ne provoque pas de troubles chez
l’enfant si cette autorité est utilisée dans
le but d’être utile à l’enfant et pas de prendre
l’enfant comme un exutoire de sa colère, abuser de son
autorité envers lui (car l’enfant ressent "bien"
lorsqu’il s’agit d’abus ou de précaution).
Il est donc nécessaire
d’instaurer un équilibre entre confiance et
méfiance: ce qui
compte c’est un bon équilibre entre les deux et ne pas être
entièrement l’un ou l’autre. C’est cet équilibre qui va
pouvoir permettre à l’individu de ressentir qu’il est et
qu’il donne:
"Je suis l’espoir que j’ai et que je
donne".
Autonomie
vs honte et doute