S'adapter
/ s'affirmer
Les sciences humaines s’occupent de phénomènes…
humains. On peut donc dire que la plupart de ces phénomènes
sont, ou seront, connus par chacun d’entre nous. Il faut
apprendre à se poser la question de savoir en quoi tel concept
ME
touche, s’il me permet de me positionner par rapport à une
situation qui m’est arrivée (car on a pas forcément un répertoire
de notions / concepts suffisamment riche pour toutes les
situations). Les précurseurs de l’adaptation /
affirmation sont James et
Mead,
leur travail consistait à faire des liens entre concept /
théorie et phénomènes vécus. Le développement
psychologique, au point de vue de la formation de l’identité,
c’est poser une question du genre : « comment
l’être humain gère-t-il la tension entre le besoin
primordial de s’adapter et celui de s’affirmer, de se
singulariser ?». C’est de cela, notamment, que Mead
parle. Une théorie n’est q’une « paire
de lunette » qui permet de voir la réalité, le vécu.
Chaque auteur s’est servi de telle ou telle paire de lunettes
pour observer le développement, chacun s’intéresse à un
aspect, une dimension. Mais les théories
ne sont jamais la réalité, elles sont une lecture
d’une dimension du phénomène, mais pas le phénomène. En
fait, chaque auteur n’amène qu’un
point de vue sur un phénomène, une partie de la
connaissance à partir d’hypothèses, de postulat.
La
connaissance est toujours limitée à un point de vue.
Il faut faire le lien entre l’aspect théorique et l’expérience.
L’enfant est dépendant, par rapport à
ses besoins vitaux, de l’autre. Souvent l’autre demande à
l’enfant de s’adapter à sa vision,
au dépend de la vision que l’enfant a de lui, son
affirmation ou du moins sa volonté de s’affirmer. Cette
tension
adapter/affirmer pose d’emblée une caractéristique primordiale: on ne fore pas son identité tout seul, on
baigne toujours dans une interaction, ce que nous sommes ne se
fait pas dans une situation socialement isolée. Tout se
fait au travers d’une société, d’une culture. La société
se donne du mal pour "socialiser" l’enfant,
l’influencer, accompagner l’enfant pour qu’il devienne un
« bon » membre de la société (moyen divers :
pression, injonction, séduction…). Il y a une tension entre
les deux, mais l’enfant n’est pas seulement déterminer par
cette tension, il a lui-même des moyens pour
s’institutionnaliser, il est un agent de changement : après
tout, la société est faite par des individus et l'enfant est
l'un d'eux. L’enfant n’est pas si passif, lui aussi exerce
des pressions sur l’entourage. Il est
acteur social à part entière.
Les
modèles classiques
L’apport de James
et Mead est primordial car ils ont
démontré comment le développement de l’identité se fait dans
l’interaction avec les autres. Les rôles sociaux, les
interactions sont essentielles. Les deux auteurs posent une
distinction théorique du SOI,
celui-ci se partage en deux instances : d’un côté le
MOI
(la société intériorisée en quelque sorte, les normes, les
valeurs bien intégrées : c’est
l’adaptation) et le JE
(c’est la capacité à réagir aux pressions de la société).
Le
self dans les travaux de William James.
Le self c’est ce que nous sommes. On
distingue le :
-
Self matériel,
à savoir l’apparence extérieure,
l’identité visible. Le rapport au corps ; la beauté
peut être la dimension la plus importante, mais la maladie
aussi ; on s’exprime à travers elles, c’est une façon
d’exister parmi les autres. L’habillement aussi, en tant
"qu’uniforme" montre la particularité de nos
centres d’intérêts, ce sont des prolongations
de soi-même.
-
Self spirituel ou
connaissant, l’identité vue de l’intérieur,
l’identité telle que nous la percevons, comme nous nous
percevons, c’est la véritable
observation de soi-même.
-
Self social,
ce qui fait la "dignité" des rôles attribués aux
différentes fonctions sociales (celle du militaire sera de ne
pas se rendre…). Les concepts de ce qui fait la « dignité »
change selon la société dans laquelle on se trouve, mais le
changement est aussi spatial et temporel.