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Sommaire >>> Psychologie sociale

Les fondements de l'identité psychosociologique

 
 

Lidentité est un ensemble de critères, de définitions d’un sujet et un sentiment interne. Ce sentiment d’identité est composé de différents sentiments : sentiment d’unité, de cohérence, d’appartenance, de valeur, d’autonomie et de confiance organisés autour d’une volonté d’existence. Nous allons examiner successivement les référents de l’identité puis les différents noyaux de l’identité individuelle, groupale ou culturelle enfin, nous définirons le sentiment d’identité.

I. Les référents de l’identité psychosociologique

L’identité, au sens large, est d’abord un ensemble de caractéristiques qui permettent de définir expressément un objet. L’identification extérieure est la recherche de ces caractéristiques. Il y a bien des domaines où la définition d’une identité ne pose pas de problème. C’est en général le cas de presque tous les objets physiques. Prenons un exemple : Un bâtiment de guerre est identifié par l’ensemble de ses caractéristiques : année de mise en service, puissance des moteurs, tonnage, longueur, nombre d’hommes d’équipage, nombre d’officiers, armement, fiabilité…

Pour la psychologie sociale les référents identitaires (ce par rapport à quoi on définit) peuvent être en quantité considérable, ils sont pour la plupart des concepts plus ou moins étendus qui font appel au vécu, aux représentations, aux conduites. Les processus du fonctionnement interne de l’objet, comme ses propriétés, donnent encore lieu à des études et des débats. Définir tel enfant c’est choisir dans une infinité de critères (âge, sexe, taille, milieu familial, culturel, scolaire, aptitudes, intérêts, habitudes, relations amicales, activités sportives, caractère, réactions propres…). Définir son milieu familial (identité de sa famille) est un problème d’identification qui fera appel à de nombreux concepts psychosociologiques et sociologiques. Il en sera de même pour ses autres sous-identités : système relationnel, système psychologique du caractère, etc. Pour l’objet des sciences physiques ou naturelles comme pour l’objet des sciences humaines, on n’est d’ailleurs jamais sûr d’avoir toute la liste des caractéristiques identitaires. Des expériences et des situations nouvelles peuvent en faire apparaître d’autres, plus ou moins importantes. Pour définir l’identité d’un objet, il nous suffit d’un certain nombre de ces caractéristiques dites caractéristiques essentielles. Pour rester dans le domaine de l’identification précise, la liste des caractéristiques doit permettre une certaine différenciation entre deux objets se ressemblant.

Les caractéristiques demandées pour l’identification vont donc dépendre du degré de précision voulu mais surtout puisque toute identification se fait dans un dessein cognitif ou pragmatique la liste des critères retenus va dépendre de l’usage projeté de cette identification.

L’ensemble des caractéristiques essentielles définissant l’identité peut être révélé par un élément ou une propriété repérable qui prend alors le nom de signature (que l’on pense aux ondes sonores émises par l’hélice d’un bâtiment comme aux composants sonores de la voix humaine qui permettent sans erreur d’identifier le bâtiment ou l’individu précis). L’identification d’un objet demande donc une connaissance précise. On peut se contenter d’une identification schématique s’appliquant à un ensemble d’objets ayant, pour l’usage voulu, les mêmes caractéristiques et propriétés. On constitue alors un type qui est un ensemble de caractères organisés en un tout. Ce type nous permet de distinguer entre les différents objets celui qui nous intéresse. Bien des identifications se font à partir de typologies qui permettent, à partir de grilles d’items, de saisir rapidement les principaux éléments constitutifs d’une identité.

Chez l’homme (comme chez l’animal) l’identification d’autrui se fait spontanément sous forme d’une catégorisation à partir de signaux spécifiques. Nous retrouverons ces processus en parlant de l’identité sociale et des noyaux identitaires qui sont les grilles de codage des perceptions concernant les identités extérieures.

II. Les catégories de référents identitaires psychosociologiques d’un acteur social

Qu’il s’agisse d’une société, d’un groupe ou d’un individu, la définition de leur identité fait toujours appel à un ensemble d’éléments pris dans les catégories que nous allons évoquer.

Référents matériels et physiques:

les possessions: nom, territoire, personnes, machines, objets, argent, habitation, vêtements...

   les potentialités: puissance économique, financière, physique, intellectuelle...

   l’organisation matérielle: agencement du territoire, de l’habitat, des communications...;

  les apparences physiques: importance et répartition du groupement, traits morphologiques signes distinctifs...

Référents historiques :

  les origines: actes fondateurs, naissance, nom, créateurs ou géniteurs, filiation, alliance, parenté, mythes de création, les héros fondateurs;

 les événements marquants: phases importantes de l’évolution, des transformations, influences reçues, acculturation ou éducation, traumatismes culturels ou psychologiques, les modèles du passé;

  les traces historiques: croyances, coutumes, habitudes, complexes, laissés venant de l’acculturation ou de l’éducation; lois ou normes trouvant leurs sources dans le passé.  

Référents psychoculturels:

  le système culturel: prémisses culturelles; croyances, religion ; codes culturels, idéologie; système de valeurs culturelles; expressions culturelles diverses (objets, arts...);

  la mentalité: la vision du monde, les objets nodaux, les attitudes clefs, les normes groupales, les habitudes collectives...

  le système affectif et cognitif: les traits de psychologie propre; attitudes, système de valeurs...

férents psychosociaux.·

les références sociales: nom, statut, âge, sexe, pro­fession, pouvoir, devoirs, rôles sociaux, activités, affiliations

les attributs de valeur sociale: décorations, grades, attributions symboliques, compétences reconnues, qualités/défauts, estimations diverses...

la psychologie de l’acteur: sa vision du monde, ses projets, ses enjeux, son implication dans la situation, son vécu, ses actions typiques...

les potentialités de devenir: ses capacités, ses satisfactions et frustrations, ses motivations, ses stratégies, son adaptation, son style de conduite...

Lorsque l’on essaie de définir sa propre identité, l’identité de son groupe d’appartenance ou l’identité d’un autre individu ou groupe, on choisit quelques éléments de définition dans cet ensemble de catégories. Rares sont les définitions identitaires complètes qui utiliseraient tous les déterminants ci-dessus. Ceci est dû au fait que nous disposons rarement de l’ensemble des informations nécessaires. Mais, plus certainement, la définition d’une identité se fait à partir de quelques-uns de ces critères parce que la structure schématique ainsi tracée suffit pour identifier différentiellement le groupe ou l’individu à un autre groupe ou individu. Dans l’identification on retient en effet, d’une part les caractéristiques essentielles et, d’autre part, les caractéristiques marquant la dissemblance.

On remarquera bien sûr que certains éléments spécifiques de référence de l’identité exemple la pos­session d’une voiture de telle marque renvoient à plusieurs catégories de ces classifications, somme toute, arbitraires. La voiture, en effet, est une possession (avoir-objet), elle est un signe extérieur renvoyant à une place dans la hiérarchie sociale; elle est un outil qui montre un certain nombre de potentialités de déplacement; sa marque renvoie à un stéréotype de ses utilisateurs qui retentît sur l’idée des caractéristiques psychologiques de son propriétaire.  

Ceci veut dire que les catégories des classifications ci-dessus ne sont pas radicalement indépendantes. Elles s’interpénètrent et renvoient l’une à l’autre. Un ensemble de critères définissant une identité fonctionne comme un système où l’ensemble des éléments intervient pour préciser le sens de chacun éléments. Le nom d’un groupe, par exemple, évoque aussi bien le nombre et la force de ses membres, que les symboles du groupe, que les mythes du groupe ou ses valeurs. Il évoquera aussi bien que les coutumes du groupe, ses lois et sa structure sociale, que la mentalité du groupe, que les rapports du groupe avec les groupes voisins, que les liens du groupe et son territoire. Un inventaire d’identification est tout à fait indicatif. Il est hors de question de tout remplir. La vie des acteurs sociaux s’organise autour d’activités dominantes, de préoccupations essentielles, d’images clés et de manières de vivre spécifiques qu’il faudra saisir à travers certains des référents de la liste ci-dessus.

Les «noyaux identitaires» que nous allons voir sont des systèmes de perception, d’évaluation, de résonance affective et d’expression comportementale Ces systèmes sont des structures psychoculturelles construites dont on peut inférer l’existence aussi bien chez l’individu que dans les groupes et sociétés. Nous décrirons successivement comme noyau identitaire d’une société, d’un groupe et d’un individu: le système culturel, la mentalité et le système cognitif.

 

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Source

- A.Mucchielli, L'identité, Puf (1986)

 

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