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Le développement des perceptions

 
 

Nous avons compris au travers de la lecture du premier chapitre que les structures sensori-motrices constituent la source des opérations ultérieures de la pensée. On peut en déduire que l’intelligence, l’acquisition de la connaissance est essentiellement assimilation active et opératoire. Elle dépend de l’action en tant que transformant les objets et le réel. La tradition empiriste soutenait que l’intelligence tire ses origines de la perception seule, mais c’était oublier un peu vite l’action. La perception constitue un cas particulier des activités sensori-motrices. L’action transforme le réel et la perception est un aspect figuratif de la connaissance du réel. Il importe évidemment de déterminer le rôle des perceptions dans l’évolution intellectuelle de l’enfant, par rapport au rôle de l’action.

I. Constances et causalité perceptives.

Il faudrait bien sûr commencer par une analyse des perceptions dès la naissance et au cours de la période sensori-motrice, mais rien n’est plus difficile que d’atteindre les perceptions du nouveau-né et du nourrisson. Cependant, deux célèbres problèmes de perception peuvent être mis en relation avec les réactions sensori-motrices de la première année : celui des constances et celui de la causalité perceptive.

On appelle constance de la grandeur la perception de la grandeur réelle d’un objet situé à distance ; cette constance apparaît dès la seconde moitié de la première année et se développe jusqu’à 10-12 ans et plus. On peut se demander quelles relations il y a avec les schèmes sensori-moteurs et en particulier avec celui de l’objet permanent.

1. La constance de la forme.

La constance de la forme aurait une certaine parenté avec la permanence de l’objet. Si on présente à un bébé (vers 7-8 mois) son biberon retourné il le mettra à l’endroit s’il aperçoit une partie de la tétine ; à partir de 9 mois le bébé recherche les objets derrière les écrans et s’il aperçoit la tétine il retournera le biberon. Il y aurait donc une interaction entre la perception et le schème sensori-moteur.

2. La constance des grandeurs.

Elle débute vers 6 mois ; une fois l’enfant dressé à choisir la plus grande de deux boîtes, il continuera à choisir la plus grande même si on l’éloigne et qu’elle correspond donc à une image rétinienne plus petite. Cela débute donc avant la constitution de l’objet permanent, mais après la coordination de la vision et de la préhension (vers 4 mois ½). On peut alors se demander pourquoi il existe une constance perceptive des grandeurs, et qu’avec l’éloignement l’intelligence suffit à faire connaître la grandeur ? La réponse est sans doute que la grandeur d’un objet est variable à la vision mais constante au toucher et que le développement sensori-moteur met en relation le perceptif visuel et le tactilo-kinesthésique. La constance des grandeurs dépendrait des schèmes sensori-moteurs d’ensemble ce qui expliquerait pourquoi elle débute après la coordination de la vision et de la préhension.

3. Objet permanent et perception.

Avec la constance de la forme et la constance de la grandeur on a montré l’irréductibilité du sensori-moteur par rapport au perceptif. Cette perception est enrichie par l’activité sensori-motrice et ne saurait suffire à la constituer, ni à se constituer elle-même indépendamment de l’action (voir les travaux de Michotte pour voir les nuances).

4. La causalité perceptive.

C'est Michotte qui a conduit les expériences les plus connues sur la causalité perceptive (notion de lancement, d'entraînement, et de déclenchement d'un mobile A sur un immobile B).

II. Les effets de champ.

Les activités perceptives se développent bien sûr avec l'âge, l'enfant de 9-10 ans tiendra compte de références et de coordonnées perceptives dont ne tient pas compte l'enfant de 5-6 ans ; il explorera mieux les figures, anticipera davantage. Mais dans le même temps il peut arriver que les activités perceptives engendrent des erreurs systématiques qui vont alors augmenter avec l’âge (au moins jusqu’à un certain niveau). Les effets des champs, quoiqu’en gros adéquats, sont toujours en partie déformants (on ne peut pas tout voir uniformément en même temps). Pour pousser plus avant cette notion pointue des champs vous pouvez consulter les pages 30 à 33 du livre.

III. Les activités perceptives.

Les activités perceptives se développent progressivement, contrairement aux champs qui demeurent relativement constants. La plus importante des activités perceptives est le déplacement plus ou moins systématique du regard et de ses points de fixation (centrations).

L’intelligence, à partir de 7 ans environ, va aider l’activité perceptive. Elle ne se substitue pas à elle mais elle structure le réel et contribue donc à indiquer ce qu’il convient de regarder avec plus d’attention. D’une manière générale on voit que les activités perceptives se développent avec l’âge jusqu’à pouvoir se plier aux directives suggérées par l’intelligence. Il ne faut pas considérer les activités perceptives comme étant le résultat d’une simple extension des effets de champ, ce serait même le contraire ; les effets de champ apparaissant comme des sédimentations locales d’activités perceptives de niveaux variés.

IV. Perceptions, notions et opérations.

Le développement des perceptions suffit-il à expliquer le développement de l’intelligence ou alors est-ce que le sensualisme a oublié le rôle de l’action et de son schématisme sensori-moteur, celui-ci pouvant être à la fois source des perceptions et point de départ des opérations ultérieures de la pensée ? De façon générale on ne peut concevoir les notions de l’intelligence comme étant abstraites des perceptions par des processus de généralisation (et d’abstraction) ; car les notions de l’intelligence comportent d’une part des informations perceptives et d’autre part des constructions spécifiques de nature plus ou moins complexe.

 

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Sources

- Jean Piaget, Bärbel Inhelder, La psychologie de l'enfant. PUF (17e ed.1996)

 

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