Le
premier chapitre propose un aperçu sur l’histoire des idées
qui sont les bases des recherches actuelles. On y apprend que le
terme de groupe est assez récent puisqu’il serait apparu vers
1688 en Italie et servait alors à
designer un ensemble de sujets dans des représentations
artistiques (picturales ou sculpturale). Ce n’est qu’au
XVIII que le terme pris le sens de réunion de personnes.
L’ouvrage nous expose alors un ensemble d’auteurs
primordiaux en ce qui concerne les théories sur les
fonctionnements des groupes. Parmi ceux-ci l’on retrouve :
Charles
Fourier qui expose sa théorie de la société idéale
fondée sur l’harmonie de son organisation et de ses groupes.
Gustave
Le Bon et le concept selon lequel tout individu subit
des modifications quand il est dans un groupe, il y a une
unification des pensées des individus qui constituent le
groupe.
Sigmund
Freud et l’importance des liens affectifs dans le
groupe (libido).
Jacob
Lévy Moreno et son test sociométrique pour analyser
en profondeur les relations interpersonnelles.
Elton
Mayer qui met en évidence l’influence de certains
facteurs sur la productivité du groupe.
Kurt
Lewin qui est le fondateur de la notion de « dynamique
de groupe », soutient que c’est dans l’interaction des
individus que se joue l’essentiel des influences sociales.
C’est
sur cette base de travaux que les recherches sur les groupes
sont actuellement encore effectuées, en particulier sur l’intégration
des individus et de la construction de leur personnalité,
c’est l’objet du second chapitre de ce livre. Nous savons
que d’appartenir à des groupes est une caractéristique de
notre société. Les individus se forment à travers les
groupes. Le chapitre deux nous apprend que cette
socialisation
s’accomplit, sur le plan individuel, de deux manières :
-1-
la personnalisation, processus par lequel un individu devient
une personne. (ego parmi des alter ego).
-2-
l’individuation qui est le processus par lequel une personne
s’identifie
comme « je » face à autrui.
Pour
la personnalisation ; on sait que dès l’enfance
nous appartenons à des groupes (par exemple le groupe familial)
et qu’au fur et à mesure les groupes auxquels nous
appartenons (groupe de pairs) prennent de plus en plus
d’importance. L’ouvrage nous mène dans le développement
des états successifs de la personnalisation et nous montre que
ses différents domaines ne se développent pas séparément
l’un de l’autre.
Le
second stade est l’individuation,
l’équilibre entre la ressemblance et la dissemblance avec autrui. On découvre
que le groupe joue un rôle crucial dans la recherche de cet équilibre.
Toute
la problématique du groupe d’appartenance et de
non-appartenance y est ensuite développé. Toutes les relations
entre groupes sont aussi soumises à examen, l’ethnocentrisme
y est révélé, le favoritisme intragroupe
aussi ainsi que toute la dynamique de la concurrence intergroupe.
Le
troisième chapitre est consacré à l’émotion et à l’affect,
nous avons vu la théorie de
Freud
et cette affectivité qui est le lien du groupe. Celle-ci reste
d’ailleurs en général inconsciente (évidemment pas dans les
groupes thérapeutiques). L’ouvrage utilise le terme -sentiment-
pour traduire ce qui est ressenti par l’individu. A nouveau le
développement est progressif et commence par l’émergence des
sentiments, d’abord le sentiment de dépersonnalisation
lorsqu’a lieu la rencontre avec le groupe, ensuite le
sentiment de menace (avec le risque de voir l’émergence
d’un groupe « Casse »), le sentiment de dépendance
(appartenance à une communauté
;
risque de fusion et donc perte de l’identité), le sentiment
d’abandon (lors de la dissolution du groupe, ou quand le
groupe « n’y arrive pas »).
Puis
l’ouvrage nous oriente sur les affects immergés pour mieux
nous faire comprendre ce qui se passe dans la relation groupale.
Ces affects sont les émotions ressenties par l’enfant avant
qu’il ne puisse les traduire en langage (
rage, cris, pleurs, sourires...). Le groupe est un
environnement non familier qui veut réactiver ces affects.
Comme l’enfant les membres du groupe ressentiraient ces
affects. C’est Bion
qui a précisé la notion : Les individus d’un groupe se
combinent involontairement et instantanément pour agir selon
des états émotionnels archaïques (les affects), à la suite
Bion développe sa théorie. La collusion des affects est une
donnée capitale pour l’analyse des groupes. Elle permet
d’expliquer le pourquoi des influences et de la fortifications
des résistances d’un groupe. Et c’est justement sur les
influences que s’ouvre le chapitre quatre.
Nous
y apprenons que l’influence se développe fortement au sein du
groupe, nous allons voir que le groupe résiste à certaines
influences notamment celles venant de l’extérieur, nous
verrons aussi les influences « majoritaires » et
« minoritaires ».
Le
groupe résiste aux changements car il déséquilibre les
fonctions habituelles du groupe, d’où une obligatoire réorganisation.
L’expérience de Bavelas démontre
que la participation du groupe à une discussion commune sur une
décision poussera plus le groupe à adopter cette
décision que, par exemple, par des exposés qui laissent
l’individu seul, sans interaction avec le groupe. Différents
phénomènes sont recouverts par cette soumission au groupe, la normalisation
(établit une référence commune qui permet de communiquer ses
sentiments, perceptions...), le conformisme,
la soumission à l’autorité.
L’influence
minoritaire est exercée par un individu (ou un petit groupe)
sur l’ensemble du groupe, l’influence de la minorité passe
par un conflit avec la majorité (d’où négociation).
On
voit aussi que l’influence minoritaire est largement dépendante
du contexte dans lequel elle s’exerce. L’influence de la
minorité sur la majorité est d’autant plus forte que la
minorité est : - en conflit avec la majorité, - est vécu
par la majorité comme appartenant pleinement au groupe, - est
ni manipulé ni soumis à des intérêts particuliers, -
flexible.
Il
ressort de cela que peut-être le groupe minoritaire ne fait
qu’anticiper sur les positions latentes de la majorité.
Puis
l’ouvrage passe au plan de la communication, en soulignant que
la communication dans les groupes est un type de communication
particulier, bien que la base de celle-ci reste de propriétés
générales relatives à la communication. Après avoir exposé
les composants courants de la communication l’auteur
s’attarde sur la communication dans les groupes, on y apprend
qu’elles sont composées d’interactions
et que ce sont ces interactions qui sont responsables de la
communication dans le groupe et que les processus
d’interactions on des évolutions relativement régulières.
On voit notamment que dans un groupe il y a autant d’émetteurs
et de récepteurs qu’il y a de membres dans le groupe. Les
différents réseaux de communication sont exposés (modèle linéaire,
en x, en y, modèle circulaire). Nous ne nous attarderons pas
trop sur ce chapitre dont la technicité réclamerait une
attention plus approfondie.
Passons
à l’objet du chapitre six : le processus de prise de décision.
Un premier point concerne l’efficacité du groupe comparer à
l’efficacité de l’individu. On y voit que selon la nature
de l’exercice le groupe facilite ou inhibe les performances
individuelles. On aborde aussi les conditions de la décision ;
il y a d’abord le type de tâche et le degré d’incertitude
de la tâche qui jouent un rôle, puis la taille du groupe ainsi
que sa cohésion.
Passons
aux avatars de la prise de décision, car les décisions des
groupes ne sont ni toujours justes ou efficaces ni forcement
appropriées. L’effet « janis » ou « pensée
groupale » illustre bien le risque d’erreur que provoque
la cohésion d’un groupe. Le conflit dans le groupe est abordé,
ce conflit a comme conséquences l’instauration d’un climat coopératif
ou compétitif, et les conflits
productifs ou destructifs sont aussi exposés.
Le
dernier chapitre se propose de nous exposer la conduite des
groupes, l’objectif principal lorsque l’on conduit un groupe
c’est de l’aider à atteindre ses buts, d’où
l’adoption d’une position particulière dans le groupe :
celle de leader. C’est
d’abord le pourquoi du recours au groupe pour réaliser une
activité donnée qui est abordé; foyer d’échanges et d’idées, inducteur de changements,
nouvelles normes, régulateur de liens affectifs... le recours au
groupe dépend du type de pathologie, de la situation des
patients...
Un
autre point abordé dans ce chapitre est la définition de cette
fonction de leader ; et il convient d’abord de distinguer
leadership (propriété ou fonction du groupe) et leader
(personne). Il faut aussi distinguer le leader de l’animateur
qui n’est pas « spontané » et qui serait une
sorte de leader professionnel. On apprend aussi la différence
entre leader et manager (externe au groupe). Le manager n’est
pas non plus forcement le leader du groupe, et l’on voit par là
l’importance que le pouvoir du leader doit être un pouvoir
attribué par le groupe et non par une instance extérieure. Les
mythes qui se rapportent au leader sont aussi étudiés. C’est
ensuite les consignes techniques essentielles permettant la
conduite du groupe qui sont exposées. C’est, pour finir,
l’explication des différentes étapes de la progression
d’un groupe vers ses buts et les phénomènes interactionnels
qui y sont associés qui vont retenir notre attention. On différencie
six phases de l’évolution du groupe :
-
l’engagement.
-
la différenciation.
-
l’individuation.
-
le transfert.
-
la réciprocité.
-
la résolution.
Chacune
de ces phases sont plus ou moins compatibles avec différents rôles
pris par les participants (rôle de sociabilité, de
structuration, de prudence, de divergence). Et chacune de ces
phases est caractérisé par une activité qui tend à définir
les frontières qu’a le groupe. Il y a aussi un lien en ce qui
concerne l’apparition de mécanismes psychologiques. Les différentes
dimensions émotionnelles y sont modélisés.
C’est bien l’essentiel des
connaissances psychologique actuelles sur les groupes qui ont
été traité dans cette ouvrage, en faire un résumé n’est pas
chose facile étant donnée l’étendue des domaines que l’on a
exposé.