C’est au travers de cette question que ce cours se développera.
On construit sa connaissance et son rapport au monde à partir
d’une base d’éléments, il en sera de même dans ce cours
qui aura comme but de nous donner une telle base en psychologie.
Le raisonnement des principaux psychologues que la bibliographie
générale nous indique retiendra notre intérêt, l’exposé qui suit
n’est pas une « nouveauté », il est le
remaniement du travail de ceux-ci, il est donc clair qu’il
faudra les lire…
Il
faut d’abord savoir que le charlatanisme est fréquent en
psychologie, mais la véritable question est de savoir pourquoi ce
charlatanisme ? C’est peut-être parce que l’étude de la psyché,
de l’âme humaine, racole large. En effet de très nombreuses
disciplines s’y intéressent, l’on peut dire que la
psychologie universitaire, qui n’est vieille que d’environ
120 ans, se caractérise par l’établissement d’un fort
cursus.
On
trouve déjà chez les peuples « bibliques » une réflexion
sur ce qu'est l'être humain, sur sa spécificité. Il est
d'ailleurs intéressant de savoir que les premières traces d'écriture
ont été retrouvé sur des tombes…l’homme ressentait déjà
le besoin de perpétuer le souvenir, de garder le sens de la
vie.
Les
Grecs ne manquèrent pas de réfléchir sur la mortalité, sur
la précarité de la vie, ils avaient aussi une forte conscience
de l’affectivité humaine, quand on se penche sur leur art on
y découvre sans difficulté que les passions humaines y sont récurrentes,
ces mêmes passions se retrouvent dans la mythologie, dans le théâtre
(la –catharsis c’est-à-dire ce sentiment de bienfait
après avoir déchargé tout son vécu émotif difficile). On
peut faire un parallèle entre ces manières de faire et nos
attitudes modernes puisque nous aussi nous nous interrogeons sur
la vie humaine, sur la réalité d’une « âme humaine ».
C’est
aussi au travers de la philosophie que la psychologie a vue le
jour, en parallèle au travers des religions, des universités…Vers
les 11-12-13ème siècles les philosophes sont
multilingues, ils épousent les cultures arabes, hébraïques…St
Thomas reprend à son compte la réflexion grecque et la
remanie. Et c’est bel et bien après cette longue maturation
que la psychologie moderne va se distinguer de la
philosophie
comme des autres disciplines. Alors que la philosophie travaille
les problèmes par une approche logique, la psychologie utilise
l’approche empirique, elle essaie de comprendre ce qu’est
l’expérience. Elle s’interroge sur la pensée, sur
l’intelligence, elle se demande si ce sont des « données »
ou si elles se développent. Elle se demande comment
s’acquiert le savoir : par l’apprentissage ? comme
quelque chose qui se déploie ? Mais aussi quelle est la forme de
la pensée ? est-elle biologique ou expérimentale ? Y
a-t-il quelque chose de préinscrit dans l’esprit ou est-ce l’expérience
qui nous modèle ?
On
l’a déjà dit la psychologie va essayer de répondre à
toutes ces questions en se mettant en expérience, voir comment
se passe les choses dans la réalité, voir pour comprendre…
Une autre des sources importantes de la psychologie
c’est…l’astronomie. Nos ancêtres ont remarqué que dans
le ciel il y avait des choses fixes et des choses mouvantes,
pourquoi ne pas expliquer les comportements humains avec cette
dualité fixité/mouvance ? En regardant les étoiles qui
sont fixes ont peu mettre au point un calendrier, connaître les
saisons, se situer…bref, étudier les astres pour s’y
retrouver. Mais le ciel n’est pas toujours le même, il nous
oblige à une décentration suivant le lieu d’où on
l’observe, et c’est ça le début du relativisme…
A
la fin du XIXème, à Leipzig, dans le laboratoire de Wundt
les chercheurs découvrent que des erreurs d'observations sont
fréquentes et que ces erreurs varient selon les personnes et
leur humeur…C’est à partir de là que l’on étudia les
facteurs influençant l’erreur lors de l’observation,
c’est l’acte de naissance de la psychologie chez les
physiciens. On étudia aussi beaucoup les illusions d’optiques
et l’on remarqua que l’illusion variait selon la manière
que l’on avait de présenter les choses. La théorie de la
Gestalt n’était plus très loin.
De
nouveaux domaines de psychologie se greffent sur la notion de
perception → la psychologie sociale,
K. Levin, qui s'intéresse
à l'influence de la perception d'autrui, la psychopathologie,
la psychologie de la connaissance (cognition) qui se demande si
percevoir c'est connaître ? si l’on ne voit pas mieux ce
que l’on connaît déjà ? comment on voit ce que l’on
ne connaît pas ?…
Un
autre domaine c’est la médecine et ceci dès la haute
antiquité, en effet des sujets comme la souffrance, la fragilité,
la mort retenait toute l’attentions des médecins. La question
se posait alors de savoir comment soulager la souffrance,
quelles thérapies utiliser pour soigner le corps et l’âme
humaine. A ce niveau
Descartes a introduit un clivage entre âme
et corps en se posant notamment la question de savoir ce qui se
passe pour l’un et l’autre au moment de la mort. La question
est formulée autrement mais elle est la même que dans
l’Antiquité. Dans beaucoup de tradition la distinction âme-corps
n’existe pas, et actuellement la médecine est toujours plus
sophistiquée et nous permet de mieux comprendre l’aspect
somatique de l’homme mais dans l’antiquité il existait un
certain nombre de tabous : peut-on dessiner le corps ?
a-t-on le
droit de le toucher ? D’ailleurs il y eut jusqu’à récemment
un profond mépris de la souffrance psychique, on accusait les
malades de sorcellerie, de possession…
Au
siècle dernier, des médecins ce sont intéressés à la problématique
de la folie, ils ont pris en charge des malades mentaux, comme
Charcot de qui Freud a beaucoup appris. L’hypothèse forte de
Freud est de dire qu’il n’y a pas de différence entre fous
et normaux, que le psychisme est le même, mais qu’il
s’exprime différemment.
Freud se remet en quelque sorte dans
la position qu’était celle des Grecs : il écoute les
passions de l’homme pour l’aider à comprendre les
pathologies. C’est ainsi que Freud permit de fonder une
psychologie moderne de l’affectivité.
Une
autre source c’est l’école, plus spécifiquement
l’administration scolaire ; longtemps l’éducation était
réservé à de petits groupes, mais avec l’avènement de la démocratie
moderne les systèmes font qu’il est indispensable, pour
participer à la société, de comprendre les choses, donc de
suivre une éducation. L’école est un instrument pour
permettre la compréhension de tous. J.Ferry
rend l’école
obligatoire en France à la fin du siècle passé.
Alfred
Binet va épauler le ministre de l’éducation pour hiérarchiser
le système, c’est lui qui va inventer les tests pour trier
les élèves ; c’est triste mais on les appela « tests
psychologiques », ce sont les fameux test de QI. A la
question qui lui était posée de savoir ce qu’était
l’intelligence, Binet répondit : « l’intelligence
c’est ce que mesure mon test ! ». C’est au
travers de ces tests que toute une psychologie générale va se
pencher sur ce qu’est l’intelligence, pour essayer de
comprendre pourquoi selon les sociétés ou les milieux sociaux
les tests sont ou ne sont pas réussis.
L’histoire rend compte des événements humains, elle
s’appuie sur certaines traces (les documents, les archives,
les fouilles archéologiques…) pour reconstruire les événements
tels qu’ils ont eu lieu ; à partir de cette
reconstruction, l’historien pourra éclaircir les
controverses.
La psychologie n’agit pas si différemment que cela, elle
aussi essaye de constituer un ensemble de traces, d’indices,
de recueillir des informations pour comprendre ce qui s’est
passé. Une différence que l’on pourrait faire entre les deux
disciplines c’est que la psychologie est plus tournée vers le
présent que l’histoire ne l’est, une autre différence
consiste dans le fait que la psychologie s’intéresse plus à
l’individu « simple », mais cela est à nuancé
car les historiens s’y mettent également et les deux
disciplines sont à nouveau très proche l’une de l’autre.
On pourrait résumé gauchement la situation en disant que
l’histoire se fait « après coup » et qu’au
contraire la psychologie essaye d’intervenir « avant ».
En effet, le psychologue a la possibilité de provoquer l’événement
qu’il souhaite étudier, il peut même y participer (en
prenant le risque de le modifier de par sa seule présence).
Peut-on alors dire que la psychologie est une science de ce qui
se passe et non de ce qui s’est passé ? Peut-être peut
on le dire jusqu’à un certain point, mais de fortes nuances
sont à faire ; par exemple avec l’importance
qu’accorde
Freud à la petite enfance (il y a une sorte de
reconstruction du passé du client). La psychologie s’intéresse
plus particulièrement à ce que l’individu a sélectionner
dans l’événement vécu, quel est son interprétation de
celui-ci. En effet, ce qui s’est objectivement passé n’est
pas forcement perçu de la même manière par tous les
individus. Et c’est ça qui va retenir le thérapeute, quel
sens l’individu donne-t-il à l’événement qu’il a vécu ?
Qu’est-ce que l’individu fait de cet événement, comment le
gère-t-il ? Le thérapeute se devra de chercher la source
du traumatisme pour voir comment travailler pour que l’événement
ne soit plus problématique. Pour revenir à l’histoire, un
aspect intéressant pour la psychologie que les historiens
travaillent est l’inconscient collectif des différentes
cultures.
Il existe un rapport étroit entre langage et pensée, et
c’est pour cela que le langage intéressera particulièrement
la psychologie. Les langues sont des outils puissants de pensée,
sans compter que le langage implique (le plus souvent)l’écriture.
Les rapports entre langage et pensée ne sont pourtant pas évident,
prenons l’exemple de la surdité : on a longtemps pensé
que les sourds-muets étaient débiles…il y eut une époque
relativement récente où l’on n’accordait pas la faculté
de penser à ceux qui n’avaient pas la faculté de parler !
La langue permet de symboliser, de communiquer, ce qui est
l’un des caractères propre à l’être humain ; le lien
entre langage et psychologie se dessine maintenant clairement.
Pour encore préciser ce lien entre langage et pensée
prenons l’exemple des couleurs ; avant de connaître le
mot Fuchsia on ne peut penser à ce qu’il représente…Le
langage est primordial par son champ lexical certes, mais aussi
par son champ syntaxique : le discours se déploie sur une
ligne de temps entre le passé, le présent et le futur. Selon
les langues ce déploiement change, il change même tellement
que les temps ne correspondent plus les uns aux autres, on
comprendra que dès lors le langage influencera notre mode de
pensée, et inversement la pensée influe sur le langage. Une
restriction pourtant en ce qui concerne le langage : il ne
peut jamais tout dire, une large base d’explicite est présupposée
lors d’une discussion.
Jean
Piaget, à Neuchâtel, n’enseignait que dans une seule
discipline, mais elle regroupait la logique, la pédagogie et la
philosophie. Pourquoi cette agglomération ?
Reymond avait
montré que la logique avait évolué en fonction de
l’histoire, Piaget a repris cette problématique pour la poser
sur l’individu. En effet, il est indéniable que l’enfant résonne
d’une autre manière que l’adulte ; de même il est
clair que selon la culture, l’enseignement on réagira de différentes
manières à un même événement.
Les sciences sociales regroupent toute une série de
disciplines qui s’occupent de la société humaine, de sa
forme, de son organisation, de ces fondements. La question qui
se pose est alors de savoir si toutes les sociétés ont les mêmes
fondements, s’il existe une gestion commune des problèmes qui
se posent à toute société ? En parallèle la psychologie
s’occupe plus précisément du rôle de l’individu dans ces
sociétés.
e)
Science de l’action sociale.
Cette
science vise à orienter l’action, à l’étudier. Le
psychologue de l’action sociale va se demander comment
l’individu perçoit l’action et son organisation.
C’est
l’étude de l’être humain dans sa matérialité. L’être
humain est en relation quasi immédiate avec autrui (par la
parole, par les actes), il faut étudier ces relations matérielles,
comment les affections physiques influent sur les activités
psychiques.
Littérature
>
la poésie ne rend pas compte de l’activité psychologie mais
l’exprime…la littérature n’est pas une science, c’est un art.
Idéologie
>
les systèmes de croyances, les doctrines ; elles ne
rendent pas compte du réel, la
psychologie doit tenir compte du réel.
Morale
>
c’est la même chose que pour l’idéologie, elle présuppose
mais ne démontre pas.