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Il y a
difficulté à penser la souffrance, elle renvoie violemment à la
fragilité et à la vulnérabilité de l'être dans l'une ou l'autre de
ses dimensions: corporelle, émotive, relationnelle, spirituelle,
sociale.
De quel mal s'agit-il ? Est-ce
toujours un mal attaché à l'individu ou existe-t-il une souffrance
de l'entité sociale ? Ce mal peut-il avoir comme source le monde
symbolique auquel se réfère le sujet ou le groupe ?
Les enjeux liés aux demandes de
guérison sont multiples et difficilement saisissables ("gène"
exprimée par la personne concernée ou par son entourage ?).
Risque du thérapeute →
cliver la réalité pour se protéger du mal à traiter (voir d'un côté
l'individu, de l'autre le mal. Afin de centrer sont attention
uniquement sur le mal). Mais le regard peut aussi se poser sur
l'individu, plus exactement sur l'individu malade. Est-il malade
dans son corps ou ailleurs. Lui qui agit en vue de la guérison de
l'autre ne serait-il pas lui-même aussi manipulé par des forces qui
échappent à son contrôle conscient.
Déplacement du regard →
exemple orthophonie : au début les troubles langagiers étaient
traités comme des difficultés instrumentales d'utilisation par le
sujet des ressources de son propre corps. Puis il y a eu évolution
vers une prise en compte plus large des fonctions psychiques. Le
regard se déplace aussi vers une prise en compte de la nature des
relations que le médecin établit avec son patient.
Dimension temporelle et spatiale
→ les relations se déroulent dans le temps, elles ont donc une
dynamique et une histoire.
Le champ relationnel →
ensemble des relations au sein desquelles se situe la demande de
guérison. Il faut prendre en compte le contexte du thérapeute ;
chacun fonctionne ave3c ses présupposés, qui sont si ancrés dans la
situation qu'ils restent, dans une large mesure, inconscient.
Multi-dimensionalité du problème.
Client vraiment malade ou bouc
émissaire ? Se sent-il malade ? De la réponse à ces questions
dépendra ce que l'on considérera être ou non la portée du
traitement, sa valeur "thérapeutique".
La compréhension du mal et de sa
nature affecte la manière d'y répondre. Si les regards sur le mal et
la souffrance sont multiples, les démarches que sont susceptibles
d'entreprendre les thérapeutes pour définir la nature de la demande
concernant leur client le sont aussi.
Rupture du sens → en ce cas
le thérapeute cherche à reconstruire le sens tant sur le plan
individuel que collectif.
Dimension de matérialité →
le lieu du traitement avec ses ouvertures et ses clôtures, ses
objets. Cet espace a des frontières temporelles, il est marqué par
des paroles ou des symboles qui ont pour fonction d'y représenter,
et donc d'y faire entrer, des personnes et des événements bien
précis.
Le sujet tend à refouler la
conscience d'une réalité quand celle-ci est trop douloureuse ou
menaçante, elle en devient indicible donc impensable. Alors par
quels processus patients et thérapeutes peuvent-ils néanmoins
définir l'objet du traitement et en faire un objet de pensée prenant
sens à leurs yeux ?
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