A)
Qu’est-ce que la communication ?
Transmettre un
message, échanger…communiquer c’est, étymologiquement, mettre
en commun, en relation. Il y a un donc un double
aspect, d’un côté une mise en commun
de pensées, de normes, d’actions, de points de vues…et de
l’autre une mise en relation
de ces pensées, normes, actions et points de vues.
L’étude de la
communication s’est développée sous l’impulsion de plusieurs
auteurs (Goffman, Gumpez, Garfinkel,
Sacks, Austin,
Searle…) chacun dans des champs différents
des sciences humaines (systémique, anthropologie, sociologie,
philosophie du langage, intelligence artificielle…). Ce développement
n’aurait pas eu lieu s’il n’avait pas correspondu avec
l’apparition des nouvelles technologies
(de l’époque) qu’étaient alors le magnétophone, la caméra...
La conservation des observations était radicalement changée, le
chercheur passait à un stade différent de celui de simple
observateur, on pouvait décomposer les
interactions à volonté.
a)
la communication élémentaire.
Une façon élémentaire
de formaliser la communication est élaborée par le schéma de Weaver
et Shannon (sur la conversation téléphonique),
c’est un schéma qui n’est plus en vigueur et qui a été
fortement critiqué, mais il reste un outils intéressant à étudier
car il permet de voir les différents caractères
de la communication humaine concernant la transmission d’un
message. C’est le locuteur qui transmet ses pensées et
les traduit au travers d’un système (par exemple l’air pour
la parole…). Mais le locuteur, le destinataire de la locution et
le moyen de la transmettre forment un tout. Si le système de
communication utilisé n’est pas le même pour l’émetteur que
pour le récepteur il y alors un grand risque de confusion,
d’incompréhension.
Différents
points de vues :
Point
de vue syntaxique : l’étude
des relations des éléments entre eux.
Point
de vue sémantique : l’étude des éléments
du système avec le sens qu’ils ont. Le point de vue sémantique
se scinde en deux autre points de vues :
- relation de
signification (concept)
- relation de référence
(l’objet)
Ces diverses
relations sont abstraites dans le langage :
-
un icône → a une
ressemblance avec le référent.
-
un indice → est fondé
sur la relation naturelle avec le référent (ex : fumée/feu).
-
un symbole → est une
relation conventionnelle entre le représenté et le représentant
(selon la culture par exemple.)
|
Dans un système
de communication il y a le jeu des
communications elles-mêmes et ce que l’on
est en train d’exprimer par
rapport au monde. |
Il
y a quatre systèmes de communications principaux :
- la distance entre les
interactions ( est en relation avec les différentes cultures)
- le système corporel (
le non-verbal : mouvement, mimique, regard…)
-
le système paraverbal
(le ton, la variation de débit, le rythme de l’énoncé…)
- le système langagier
(qui est propre à l‘espèce humaine et qui est le plus élaboré
des systèmes de communication.)
Tous ces systèmes
véhiculent un sens, on se trouve face à eux dans la
communication et ce qui est alors intéressant c’est de voir
comment on va jouer avec.
Il se passe trois
choses lorsqu’un locuteur dit quelque chose :
-
Il produit un énoncé qui a une certaine forme et une
certaine signification ; c’est la fonction locutoire
de l’énoncé.
-
Il produit une action (celle de dire), c’est la fonction illocutoire
(ordre, promesse, assertion…).
-
La fonction perlocutoire
est celle qui produit un effet chez le récepteur ou chez soi-même.
« Les
énonciations ne servent pas seulement à dire mais aussi à faire »
(Austin).
Le type d’énoncé
le plus évident pour démontrer cela ce sont les énoncés
performatifs (ex : « je vous déclare mari et femme »,
selon le contexte c’est une phrase qui a un effet clair !).
En général, on
utilise plusieurs système de communication pour émettre un
message (multicanal).
b)
L’émission des messages.
La question qui
se pose est de savoir quel système est le plus efficace dans la
communication humaine ; à ce sujet les avis divergent chez
les spécialistes. Certains soutiennent que le non-verbal est
explicite, d’autres qu’il ne l’est pas : «la
communication linguistique est la plus élaborée car elle ajoute
un niveau d’explicite alors que le non-verbal reste dans
l’implicite » Speher&Wilson.
Le non-verbal
accompagne en général la fonction verbale.
Mais il faut bien
comprendre que les systèmes non-linguistiques jouent aussi un rôle
stratégique (dans la vente par exemple, ou en politique). Les
deux systèmes ont, ou peuvent avoir, des buts complémentaires ou
divergents. Un énoncé a toujours une part d’implicite,
ce sera aux interlocuteurs de travailler ensemble pour donner un
sens à l’énoncé. On comprend clairement qu’un énoncé peut
être le déclencheur d’une action : « il fait froid »
sous-entend « ferme la fenêtre ».
Un autre point
important, si ce n’est plus, c’est la part de responsabilité
de l’auditeur dans son interprétation du message émis.
Cette interprétation nous permet de demander les choses sans les
demander, en s’appuyant sur l’interprétation qu’en fera le
récepteur. Le travail se fait toujours sur des interprétations
et souvent sur des interprétations d’interprétations.
La réception du
message implique l’activité du récepteur ( par la
reconnaissance de signes, par l’interprétation du sens, par la
préparation d’une réponse…). Mais il reste
toujours des éléments du contexte qui nous échappe, que l’on
ne peut maîtriser, cela ne signifiant pas qu’ils sont
impossibles à élucider. Dans les quelques
pages qui suivent nous nous pencherons sur différents problèmes
liés à la communication.