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Sommaire >>> Psychologie sociale

Série de Questions/Réponses

 
 

1. Quel est le rôle du social dans le processus cognitif ?

L’interaction est une condition au développement des fonctions psychiques ; Agir est-ce toujours interagir ? On peut agir en étant seul mais il y a alors interaction avec soi-même, et l’interaction sur le réel (comme état, acteur ou interlocuteur).

3 grands groupes de théories:

- Théorie des processus mentaux : néglige l'ancrage social et culturel de l'individu ainsi que les conditions concrètes dans lesquelles le développement se fait.

- Théories mettant l'accent sur dimensions sociales et culturelles des acquisitions cognitives ; conclusion → forte détermination sociale des processus mentaux. Problème : difficulté à penser en même temps l'individu dans son développement interne et dans ses rapports avec l'environnement social et physique.

- Courant interactionniste : Considère aussi bien les influences sociales subies par l'individu que l'activité qu'il déploie sur son environnement.

Les théories ayant essayé de considérer conjointement les aspects cognitifs et sociaux dans une perspective interactionniste sont nombreuses. La différence entre elles se fait dans la manière de définir "cognitif" et "social" : le social est-il une condition nécessaire mais non suffisante du développement cognitif, ou ces deux termes entretiennent-ils des rapports dialectiques de co-détermination ? Piaget et Vygotsky représentent les apports les plus importants (en commun : l'enfant comme élément actif de son propre développement).

Piaget part du fonctionnement biologique, Vygotsky du rôle du langage ; toutes deux tentent de rendre compte de l'intrication des aspects psychologiques et sociaux.

2. Alors, qu’est-ce que le courant interactionniste ?

L’individu est situé. Doit agir dans les dimensions sociales, verbales et cognitives. Considère aussi bien les influences sociales subies par l'individu que l'activité qu'il déploie sur son environnement.

3. Quel est le point de vue de Piaget ?

Rôle structurant de l’activité pour la construction des connaissances, l’émergence de la pensée se fait par l’interaction avec son milieu ; interactions de dialectiques engendrant la connaissance par les actions, coordination motrice, se développe la pensée.

assimilation-accomodation  le sujet agit sur le milieu et est modifié à son contact ; nature logique de la genèse développement des opérateurs logiques pour structurer le monde (but : le comprendre et l’assimiler), structures logiques nécessaires à toute forme de connaissance (la logique n’est ni complètement innée ni complètement acquise) 

Les stades sont le reflet de l’évolution, continu non-linéaire (pas marches d’escalier mais zone), l’évolution est dynamique ; rôle du langage saut dans l’évolution avec le langage, Piaget met le doigt sur son rôle de représentation (lien arbitraire entre le signifiant et le signifié) ; Piaget n’analyse pas le rôle de communication du langage ; le langage élargit le développement de la pensée mais ne l’explique pas. Il y a socialisation progressive de la pensée → pour Piaget l'enfant ne naît pas social, il le devient. Les rapports entre développement social et développement cognitif sont considéré à l'intérieur d'un modèle "paralléliste" = les progrès dans un domaine sont solidaires de ceux intervenant dans l'autre, sans que l'un soit sous la dépendance de l'autre". Piaget met l'accent sur la coopération (il peut y avoir deux types de relations sociales : réciprocité ou dépendance). Le jeu domination/autorité implique que l'enfant aura plus de mal à développer une pensée autonome.

Le facteur social est une condition nécessaire mais non suffisante à l'accession au stade des opérations concrètes, le modèle de Piaget reste centré sur le facteur d'équilibration interne des structures, au détriment de celui représenté par les acquisitions médiates et des apports des expériences que l'individu réalise au sein de l'univers social ou physique. Autre inconvénient : ne s'occupe que du passage d'un niveau de développement à un autre en négligeant les mécanismes susceptibles de rendre compte des transitions d'un état de connaissance à un autre.

4. Quel est le point de vue de Vygotsky ?

Langage comme outils médiateur de transmission de la culture. Le langage comme instrument de l’activité humaine permet l’intériorisation du social, il est une action. Intérêt de Vygotsky pour les « actions conjointes » pour voir le lien entre pensée et langage : importance affective et cognitive. Pivot : pivot entre le réel et l'imaginé = une fois que la transformation symbolique s'est réalisée dans le jeu, deux conséquences en découlent : le jeu peut servir de vecteur à l'enseignement touchant à la nature des conventions régissant une société, mais il peut aussi renseigner sur ce qu'est une convention en soi. L'apprentissage humain présuppose une nature sociale et un processus par lequel les enfants grandissent dans la vie intellectuelle de ceux qui les entourent. Pour Vygotsky il est essentiel que l'enfant puisse prendre de la distance par rapport à son activité pour vraiment la maîtriser en en prenant conscience. Parole égocentrique → découverte par l'enfant d'une nouvelle fonction de la parole dans l'organisation de l'activité et de la pensée (pour Piaget l'enfant emploie le langage dit égocentrique (parle à lui-même) car il a une nature privée, non-sociale).

Le rôle du partenaire social est abordé selon un autre point de vue : il n'est plus seulement l'élément contribuant à déstabiliser et à mettre en question, il est une source sur laquelle prendre appui pour résoudre la tâche avant d'y parvenir seul.

La théorie de Vygotsky est doublement sociale : 1. l'enfant est mis en contact de significations et de concepts d'origine sociale et culturelle par le langage ; 2. l'interaction sociale a un rôle central dans l'actualisation des potentialités cognitives de l'enfant et dans l'appropriation des significations sociales par l'individu. Reste une question : qu'est-ce qui amène un individu à tirer ou non profit des ressources de la situation pour les intégrer à ses propres cadres de pensée → Wertsch : fonctionnement hétéro-régul et auto-régulé. Met en évidence la nécessité que les deux partenaires partagent une même conception de ce qui est en jeu dans la tâche et des opérations à mettre en oeuvre. L'établissement d'une communication demande la construction d'une intersubjectivité, c'est grâce à cela que l'enfant pourra intégrer les ressources à sa propre pensée.

4a. Donner la loi fondamentale du développement.

La maîtrise de chaque procédé se réalise à deux reprises, une première fois à l'intérieur de l'activité sociale, et une seconde au cours de l'activité individuelle.

4b. Donner d’autres théories.

Théorie historico-culturelle du psychisme le développement des fonctions psychiques comme appropriation progressive de la culture.

Doise, Mugny, Perret-Clermont : intégrer la dimension sociale au modèle piagétien du développement cognitif. Concept central : conflit socio-cognitif (dont les bases se trouvent dans le conflit cognitif et le conflit de communication). But : mettre en relief le bénéfice cognitif retiré par des enfants de leur participation à une interaction avec des pairs plus avancés.

5. Quel est le point de vue de Bruner ?

L'individu est placé devant la nécessité, pour comprendre ce qu'il fait et ce qu'il vit, de s'appuyer sur les systèmes d'interprétation fournis par la culture. Les significations que la personne élabore résultent d'une transaction avec les cadres sociaux d'appréhension de la réalité. Notion de "format". Le langage comme acte, comme instrument de régulation entre activité conjointe et attention conjointe. Il y a continuité entre communication pré-verbale et verbale : on trouve dans les actes préverbaux la structure du langage. Continuité entre le fait de désigner un objet et de le nommer. Les caractéristiques phonétiques ne sont pas fonctionnelles mais conventionnelles (acquises par entourage).

5a. Qu’est-ce que la Déixis ?

Apprentissage du fait que, par exemple, lorsque je dis JE je ne dis pas la même chose que vous quand vous dites JE, ou DEVANT MOI n'est pas la même chose que DEVANT VOUS.

6. Quel est le rôle du jeu ? Que disent les auteurs ?

Bruner → Minimiser les conséquences de ses propres actes + essayer des combinaisons de conduites. Le jeu est essentiel à l'évolution de l'utilisation d'outils, il permet à l'organisme de s'affranchir de contraintes immédiates posées par la tâche.

Vygotsky → voir sous question 4

7. Quel est le rôle du langage ? Que disent les auteurs ?

Interagir = co-construire (= mettre en commun les différentes manières de communiquer et les interprétations des actes de langage). Nos interactions étant en partie implicites, on doit interpréter et co-construire. Recherche des intentions, inférences.

8. Qu’est-ce que la zone proximale de développement ?

Distance entre le niveau actuel de l’enfant et le maximum de développement avec l’aide d’un autre. Grande importance de l’intervention active du milieu humain.

9. Quels types de force le langage comprend-t-il ?

L’acte de langage contient une force (ordre, déclaration… assertif, directif, commissif, performatif, expressif) et un contenu propositionnel (ce de quoi on parle). Interagir c’est co-construire car il y a un aspect implicite du langage, mise en commun de nos interprétations. La communication verbale est explicite (mais parfois l’implicite (comportement non-verbal) peut être aussi/plus fort). L’implicite est stratégiquement avantageux (avance masqué) mais le récepteur doit plus interpréter. 

10. Donner des règles de bases de la communication.

Sincérité, cohérence. Les comportements de l’autre nous permettent de reconstruire son état mental.

Principe de pertinence selon lequel ce qui est dit est ce qu’il y a de plus pertinents sur l’état mental.

Grize 4 maximes : quantité / qualité (pertinence) / relation (dit-situation) / modalité (clarté). On ne sait pas ce que l’autre a dans la tête mais cela permet de s’en approcher. L’interaction est un réajustement continuel (par des actions, par le langage). Avec l’implicite on est dans la métacommunication.

11. Comment Austin caractérise-t-il les actes de langage ?

Niveau locutoire forme du message (mise en mots)

Niveau illocutoire odre (je fais ce que je dis)

Niveau perlocutoire effet sur l’autre de ce que je dis.

Verbes performatifs images les plus nettes de l’action au moment du langage.

12. Qu’est-ce que la notion d’intention ?

Événement considéré comme la réalisation d’une intention. Le comportement est co-produit en tant que réalisation de l’intention. On considère chaque action comme émettrice d’un message = interaction car la perception de l’autre entre en ligne de compte. Ce modèle considère que l’on colle une intention sur l’action, on pense donc que l’on agit toujours par intention (tout comportement est intentionnel, donc implique l’interaction). Soit l’interprétation est juste soit elle ne l’est pas (alors soit j’assume, soit je méta-communique pour faire passer la vraie intention).

13. Donner 3 manières de voir le réel.

Le réel comme état objet équivoque / objet semi-dynamique : le monde n’est pas le reflet de notre raisonnement (exemple du niveau des liquides). Position dite muette le réel est vu comme état.

Le réel comme acteur l’objet réagit, chronologie de la tâche l’action est parfois impossible à cause de la chronologie (exemple de la machine pour être mise en route elle doit être branchée. Le réel devient acteur au sein de la tâche). Le sujet à un effet sur le réel, sorte de feed-back de l’action. Et le réel offre aussi un feed-back au feed-back (refuse de démarrer, trouver autre solution). L'acteur agit et réagit. 

Le réel comme interlocuteur exemple de l’ordi : développer de nouvelles façons de penser pour s’adapter à l’interlocuteur. Position mixte : l’acteur agit mais a aussi une position muette. Exemple du dispositif informatique : (dimensions interactives : ordi-personne ; dimensions cognitives et métacognitives : réflexion sur l’ordi mais aussi au sujet de ses concepteurs (détournement d’usage; dimensions psychosociales : interaction entre personnes sur ordi).

14. Quelle place pour les nouvelles technologies ?

Nouvelle forme de pensée ? L’ordi a un très fort pouvoir de structuration de la pensée et du raisonnement. Ordinateur comme outils-médiateur (Vygotsky), il est un partenaire à part entière de l’interaction. Métaphore de l’usage interactif : machine et usager agissent l’un sur l’autre. En suivant la logique de l’ordi, qui structure la relation, on crée une nouvelle forme de pensée.

15. Donner 3 exemples vus en cours.

1- jugements dans le cadre d’une tâche d’égalisation des quantités de liquide.

2- co-élaboration d’une solution dans une tâche de construction de machine

3- co-élaboration d’une solution dans une tâche de résolution d’un problème informatique.  

16. Que dire de l’organisation collective ?

Le mode d'organisation des sujets dans une tâche collective ne dépend pas seulement des relations qui s'instaurent entre les personnes, mais reflète aussi les conditions concrètes rencontrées, à savoir le type de tâche, les caractéristiques des objets sur lesquels on doit opérer, la distribution des rôles... Le groupe doit parvenir à se construire des instruments, tant au niveau de l'action que des représentations, lui permettant d'aborder différemment la tâche.

17. En guise de conclusion.

Plusieurs des modèles présentés envisagent l'individu comme un être social, qui s'insère dans un ensemble de relations sociales, réglées par un jeu d'attentes, de normes plus ou moins explicites, de valeurs partagées par un petit groupe; ou plus largement, par l'ensemble de la société. L'étude des processus cognitifs en situation doit passer par la prise en compte du bagage de connaissances sociales, d'expériences culturelles dont l'individu est porteur et qui influence les dynamiques sociales et cognitives en projetant des significations, des valeurs et des enjeux de divers ordres.

 

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