Née
le 15 avril 1913 à
Saint-Gall
(Suisse),
Bärbel Inhelder a
fait ses études à la faculté des
lettres et à l’institut des sciences
de l’éducation de l’université de
Genève. Elle fut l’élève puis la
principale collaboratrice de
Piaget,
avec lequel elle a publié de
nombreux ouvrages sur la
genèse de la
pensée et de l’intelligence chez
l’enfant.
Reçue Docteur en
philosophie en 1943, avec une
importante étude sur les déficiences
de l’intelligence chez l’enfant
mentalement retardé, Bärbel Inhelder
a acquis une réputation
internationale grâce, non seulement,
aux travaux réalisés avec Piaget,
mais aussi à l’originalité de ses
recherches personnelles, et
notamment à l’attention qu’elle a
portée aux composantes
psychologiques du fonctionnement
intellectuel de la pensée enfantine.
Bärbel Inhelder a également toujours
eu le souci d’ouvrir les travaux de
l’école genevoise aux découvertes et
aux conceptions propres aux autres
courants de la psychologie du
vingtième siècle. En raison de cette
exigence d’ouverture, elle a d’abord
tissé des liens personnels avec des
savants étrangers tels que les Bühler, S. Escalona
ou encore avec les initiateurs de la
"révolution
cognitiviste" aux
Etats-Unis (G.
Miller,
J. Bruner et H. Simon
notamment); puis elle a joué un rôle
décisif dans le virage pris par les
recherches réalisées à Genève à
partir des années septante, qui ont
placé au centre du questionnement
les problèmes du fonctionnement
psychologique et des mécanismes de
développement.
Parmi ses nombreuses
publications, en plus des ouvrages
de psychologie génétique qu’elle a
rédigés avec Piaget, citons "Le
diagnostic du raisonnement chez les
débiles mentaux" (1943), "Le
raisonnement expérimental de
l’adolescent" (1952), "Les
attitudes expérimentales de l’enfant
et de l’adolescent" (1954), "Apprentissage
et structures de la connaissance"
(1974, avec H. Sinclair et M.
Bovet), "Naissance de
l’intelligence chez l’enfant Baoulé
de Côte d’Ivoire" (1978, avec P.
Dasen, M. Lavallée et J. Retschitzki).