Philosophe
de formation et fondateur avec
Claparède
de l’institut Jean-Jacques Rousseau
(future école, puis faculté de psychologie et des sciences de
l’éducation de l’université de Genève), Pierre Bovet a été
très tôt intéressé par la psychologie, et spécialement par
la psychologie morale et religieuse.
En
examinant en 1908 les études expérimentales sur la pensée réalisées
par les psychologues allemands de l’école de Würzburg (Marbe,
Watt, K.
Bühler, etc.), il avait en effet pu découvrir comment
la conscience de l’obligation morale
intervenait dans les réponses des sujets interrogés lors de
ces recherches. Les travaux qu’il conduira à son tour sur le
fonctionnement de la pensée, et dans lesquels il prend
explicitement appui sur la philosophie de
Kant,
l’amènent à souligner le rôle qu’y jouent les actes de
jugement, le sentiment du devoir, etc. Dès lors, lorsque vers
1918
Piaget
décide de se faire psychologue afin de résoudre de façon
scientifique l’origine des formes et des normes de la pensée,
il trouvera chez Bovet, qui connaissait bien ses parents, un
conseiller précieux, car familier des deux domaines de la
philosophie critique et de la psychologie scientifique dans
lesquels le jeune biologiste sera à son tour impliqué.
De
Bovet citons, en plus de sa thèse de 1902 sur
"Le
Dieu de Platon d’après la chronologie des dialogues",
ses articles de 1909 sur
"L’étude
expérimentale du jugement et de la pensée",
de 1910 sur
"Les
conditions de l’obligation de conscience: introduction à l’étude
psychologie des faits moraux",
ou encore de 1919 sur
"Le
sentiment religieux: étude de psychologie, ainsi que ses livres
sur L’instinct combatif"
(1917) et sur
"Le
sentiment religieux et la psychologie de l’enfant"
(1925).