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Alfred
Adler est né le 7 février 1870 à Pensing, l’un des faubourgs
de Vienne. Il était le second des 6 enfants de Léopold Adler,
commerçant en grains et de Pauline Beer, tous deux d’origine et
de tradition israélites, mais n’ayant pas eu à en souffrir.
Alfred Adler eut une enfance un peu
incertaine : atteint de spasmes de
la glotte, il dut apprendre à se
contrôler pour ne pas avoir de
suffocation. Atteint de rachitisme à
ses débuts dans l’existence, il ne
put qu’un peu plus tard aller
s’ébattre avec ses petits camarades,
dans les terrains vides aux
alentours. Son jeune frère Rudolf
mourut près de lui, et lui-même vit
son existence menacée par une
pneumonie grave.
On affirme que c’est en réponse à
ces deux évènements qu’il conçut le désir de
lutter contre la maladie et la mort en devenant médecin.Il eut, dans cette
perspective, à relever le défi d’un retard scolaire en
mathématiques ; son instituteur alla jusqu’à conseiller
l’orientation vers un métier manuel.
Alfred Adler, se sentant
compris par son père (peut-être plus que par sa mère) travailla
courageusement sa matière faible et finit par obtenir un
résultat spectaculaire.
Malgré
les difficultés économiques de la famille, Alfred Adler put
ainsi atteindre le
doctorat en médecine,
le 22 novembre 1895, non sans
avoir pris le temps de s’intéresser au chant, à la littérature, à
la philosophie, tout en accumulant une solide expérience clinique,
souvent bénévolement, soit en médecine générale, soit en
ophtalmologie.
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Raïssa
Epstein était venue étudier en occident, aux universités
accueillantes pour les jeunes filles russes. C’est probablement
au cours de meetings socialistes à Vienne, que cette jeune indépendante
fit la connaissance d’Alfred Adler. Ils se marièrent le 28
septembre 1897. Leur ainée, Valentine Dina, naquit l’année
suivante, Alexandra en 1901, Kurt en 1905, Cornélia (Nelly) en
1909. Leur père, longtemps médecin généraliste, collabora
activement à un journal médical viennois à cette époque.
Mais,
en ces temps d’incertitude, les médecins sont souvent appelés
à soigner "les nerfs".
Freud
est déjà connu pour son
ouvrage sur "L’interprétation des rêves".
Sans avoir jamais été son disciple, Adler accepte volontiers
d’entrer dans son cercle en 1902 et d’y participer pendant des
années. Rapidement, Adler a
élaboré ses divergences théoriques autour de l'idée du rapport dominant-dominé. À ses yeux, l'Oedipe n'est qu'une symbolisation
d'une problématique bien plus fondamentale mettant en scène le
faible petit garçon cherchant à compenser son infériorité
physique face à son père dans son désir de dominer la mère.
Quelques temps après le Congrès de Nuremberg, Adler
soutient une "Critique de la thèse sexuelle de Freud"
(1911) et quitte la Société de Psychanalyse avec quelques amis.
Ce sera l’origine de la Société de Psychologie Individuelle et
Comparée. Adler découvre chez le philosophe néo-kantien H.
Vaihinger la notion de fiction, selon laquelle "tout se passe
comme si"... le monde était ce qu’on imagine. Avec ses
premiers collaborateurs, il rassemble un recueil, intitulé
symboliquement "Guérir et former", sorte de
manifeste. La
guerre par sa cruauté, va lui révéler l’idée de "front
de la vie" et lui inspirera de prendre une part importante à
l’effort viennois en faveur de l’éducation. On lui doit les
premières consultations médico-pédagogiques, occasion de
formation des maîtres autant que prévention des troubles mentaux
chez les jeunes.
Nommé
professeur, en 1924, à l’Institut pédagogique de Vienne, il
vit ses disciples fonder des jardins d’enfants et finalement,
plus tard, l’Ecole expérimentale (1931-1934) de l’équipe
Oskar Spiel, Birnbaum, et Scharmer. En
route pour l’Amérique, en 1926, il donne une conférence en
Sorbonne (l’un de ses auditeurs est le jeune
Jean Paul
Sartre).
Il professe à la Columbia University de New York, plus tard au
Long Island Medical College, non sans diriger une clinique
ambulatoire à Vienne, avant de se fixer aux U.S.A. en 1934, tout
en revenant en Europe pour des tournées de conférences. En 1937,
il est à Paris (Cercle Laënnec), La Haye, l’Angleterre, puis
en Ecosse à Aberdeen où il meurt d’une crise
cardiaque. Il
avait pressenti la fin tragique de sa fille ainée en U.R.S.S.
suite aux procès de Moscou, et l’asservissement d’une partie
importante du vieux continent par le nazisme.
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