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Les philosophes face au mythe
 
 

Devant les mythes les philosophes oscillent entre deux attitudes diamétralement opposées, le rejet ou la fascination.

Logos contre mythos

La principale accusation que porte les philosophes contre le récit mythique est que celui-ci ose prétendre au sens et à la vérité. En effet, le mythe raconte des histoires, il utilise donc un langage indirect, un langage symbolique, dès lors comment pourrait-il prétendre à la vérité, si chère à la philosophie ? Si l’on remonte aux temps de la Grèce archaïque (c’est-à-dire autour du VI et VIIe siècle av. J.-C) les mots logos et mythos désignaient alors tous les deux un « récit sacré », ils ne se distinguaient guère. C’est Platon qui, une fois de plus, va tout remettre en question en opposant le discours mythique (dès lors considéré comme un mensonge) et le discours conceptuel du logos, censé exprimer la vérité. 

Pour l’époque classique (c’est-à-dire dès le Ve siècle av. J.-C), le mythe n’est que « chimère ». La philosophie, d’Aristote à Hegel, dans son désir de rationalité absolue, considérera le mythe comme un échec de la pensée. En y regardant de plus près, on peut voir que même la mythologie grecque travaille à la victoire de la raison, ainsi, Œdipe, héros du savoir, du logos, va triompher du Sphinx en énonçant la réponse de l’énigme en un langage clair, consacrant la victoire du rationnel sur la parole énigmatique, obscure et sacrée du monstre.

Les critiques de Platon sont dures : Le mythe n’est qu’une illusion corruptrice de la pensée échappant au contrôle de la raison. Pourtant, la philosophie platonicienne ne trouve-t-elle pas sa source dans l’orphisme ? n’invente-t-elle pas des mythes avec ses allégories de la Caverne ou de l’Androgyne ? C’est aussi le procédé du mythe qui lui permet de dire le non-dicible en poète ou en mystique dans le Phédon, le Banquet ou la République. Les successeurs de la pensée de Platon, les néo-platoniciens, voient le mythe comme un mode de connaissance indirect, il est justifié comme moyen d’accéder aux Idées et au Vrai. Le mythe est donc reconnu par la valeur de la représentation qu’il véhicule, cette puissance de l’imagination capable de dire et de symboliser. Ainsi Kant dira que le mythe primordial est « l’inconditionné des origines », Hegel que c’est « la manifestation de l’absolu ». Car finalement, le mythe, oral, a sa manière de dire logique : il procède par distinctions et oppositions. Le discours rationnel formalise davantage. Lévi-Strauss n’hésite pas à affirmer que c’est grâce à la pensée mythique grecque en marche vers l’abstraction qu’a pu émerger la pensée philosophique.

« Peut-être découvrirons-nous un jour que la même logique est à l’œuvre dans la pensée mythique et dans la pensée scientifique, et que l’homme a toujours pensé aussi bien ». Lévi-Strauss, Anthropologie structurale (1958)

Une réflexion philosophique entourée de mythe est celle de Nietzsche ; celui-ci s’est donné pour tâche de libérer l’homme de ses idoles, de ses croyances religieuses ou métaphysiques. Contre la religion et contre le culte de la raison, Nietzsche sollicite de mythe dans Naissance de la tragédie (1872). Dionysos s’oppose à Apollon, dieu solaire représentant la mesure, l’esprit hellénique. Dionysos, dieu de l’ivresse musicale, puissance effrayante et étrangère qui livre l’homme à l’horreur devant l’indifférenciation première d’où il vient ; dans les fêtes qui lui sont consacrées, Dionysos engendre l’ « extase délicieuse » de se fondre dans l’Un primitif. Dionysos incarne le vouloir-vivre universel alors qu’Apollon représente le principe d’individuation. Ce sont deux pulsions opposées, mais aussi complémentaires ; leur réconciliation donne naissance à la tragédie.

« C’est en devenant dialecticien (en discutant les mythes des autres) que l’homme du mythe ou de l’opinion devint savant ou philosophe » Alexandre Kojève, Introduction à la lecture de Hegel (1979)

 

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Source

- La Mythologie, Edith Hamilton, Marabout 1978

- Les grands figures des mythologies, Fernand Comte, Bordas 1999

- Encyclopédie Universalis © 1998 Encyclopædia Universalis France S.A. 

 

 
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