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Sommaire >>> La mythologie grecque

Daphné
 
 

Seul Ovide relate cette légende et seul un Romain pouvait l’écrire. Jamais un poète grec n’aurait pensé à la coiffure d’une nymphe ni songé à la vêtir d’une robe élégante.

Daphné était une autre de ces jeunes chasseresses indépendantes et réfractaires au mariage et à l’amour que nous rencontrons si souvent dans les récits mythologiques. Elle fut, dit-on, le premier amour d’Apollon, et qu’elle l’ait fui n’a rien de surprenant. L’une après l’autre, ces infortunées jeunes filles se voyaient forcées soit de tuer secrètement leur enfant, soit de mourir elles-mêmes. Au mieux, elles pouvaient s’attendre à l’exil et bien des femmes estimaient ce sort pire encore que la mort. Les Néréides qui rendaient visite à Prométhée sur son pic rocheux du Caucase, témoignaient d’un élémentaire bon sens quand elles lui disaient:

Puissiez-vous ne jamais oh, jamais me voir

Partageant la couche d’un dieu.

Que jamais ne m’appartienne

L’amour que connaissent les dieux.

La lutte contre un amant divin n’est pas une lutte,

C’est le désespoir.

Daphné aurait sans réserve partagé ce point de vue. Mais en vérité, elle refusait aussi tout amant mortel. Son père, le dieu-fleuve Pénée, se chagrinait beaucoup de la voir éconduire l’un après l’autre tous les jeunes gens beaux et acceptables qui la recherchaient. Il la grondait gentiment et gémissait: «N’aurai-je donc jamais un petit-fils ?» Mais elle jetait ses bras autour du cou de Pénée et le cajolait : « Père chéri, laissez-moi suivre l’exemple de Diane. » Alors il cédait et elle retournait courir dans les forêts profondes, ravie de sa liberté.

Mais un jour Apollon l’aperçut et pour elle tout s’acheva. Elle chassait; sa robe courte lui venait aux genoux, ses bras étaient nus et ses cheveux en désordre. Sa beauté, malgré cela, restait enchanteresse et Apollon pensa: «Que serait-ce si elle était convenablement vêtue et si ses cheveux étaient coiffés ?» A cette idée, le feu qui dévorait son coeur brûla plus vif encore et il s’élança à la poursuite de Daphné. Celle-ci fuyait; elle excellait à la course et Apollon lui-même eut quelque peine à la rattraper, mais bien entendu il y parvint bientôt. Tout en courant, il lançait sa voix devant lui, suppliante, persuasive, rassurante: « Ne crains rien », criait-il. « Arrête, reconnais-moi. Je ne suis ni un rustre ni un berger, je suis le Seigneur de Delphes et je t’aime. »

Mais Daphné fuyait toujours, plus effrayée que jamais. Si c’était bien Apollon qui la poursuivait, son sort devenait désespéré, cependant elle était bien décidée à lutter jusqu’au dernier moment. Il n’était plus loin; déjà elle sentait le souffle du dieu sur sa nuque, lorsque devant elle les arbres s ‘écartèrent et elle vit le fleuve de son père. Elle cria:

« Père, aide-moi, sauve-moi ! » A ces mots, une torpeur la prit, elle sentit que ses pieds s’enracinaient dans ce sol qu’un instant plus tôt elle foulait si légèrement et avec tant de célérité. Une écorce l’enveloppait maintenant et des feuilles jaillissaient. Elle était transformée en arbre, en laurier. Avec consternation, Apollon suivait des yeux la métamorphose. « O la plus belle des jeunes filles, tu es perdue pour moi », gémit-il. « Mais du moins tu seras mon arbre. Le front de mes vainqueurs sera ceint de tes feuilles. Tu prendras part à tous mes triomphes. Apollon et son laurier seront unis partout où des chants s’élèveront, où des poèmes seront dits

Bruissante et ondoyante, la tête du bel arbre aux feuilles luisantes parut acquiescer joyeusement.

 

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Source

- La Mythologie, Edith Hamilton, Marabout 1978

- Les grands figures des mythologies, Fernand Comte, Bordas 1999

- Encyclopédie Universalis © 1998 Encyclopædia Universalis France S.A. 

 

 
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