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Bienvenue dans la section Mythologie et Religion des sites ATRIUM. Nous vous souhaitons un bon voyage, parsemé d'étapes situées entre mythologie classique et légendes modernes. Un voyage qui vous emmènera dans les bois les plus sombres de Colchide, qui vous fera traverser l'empire glacé du Niflheim ou le pays de feu du Muspelheim, mais un voyage qui vous fera aussi découvrir l'enchantement de l'Olympe, les ravissements du Valhalla ou les charmes des montagnes sacrées du Japon... Nous nous intéresserons également aux grandes religions de la planète, à leurs us et coutumes et à leurs fondements...

 

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Sommaire >>> La mythologie grecque

Europe
 
 

La plus célèbre des Europes n’est pas celle que mentionne Hésiode (La Théogonie , 357) comme étant l’une des filles d’Océan et de Thétys, mais cette mortelle présentée dans L’Iliade  (XIV, 321-323) comme la fille de Phénix, bien que la tradition s’accorde plutôt à voir en elle la sœur de ce dernier et donc la fille d’Agénor — lui-même fils de Libye et de Poséidon — et de Téléphassa. Zeus, séduit par sa beauté un jour qu’elle jouait sur la plage de Sidon, ou de Tyr, dont son père était roi, chargea Hermès de mener vers le rivage le troupeau royal qui paissait dans les montagnes. Lui-même revêtit l’aspect d’un taureau, à la robe couleur de neige, aux muscles du cou saillants, pourvu de grands fanons et de petites cornes, plus diaphanes qu’une gemme d’eau pure (Ovide, Les Métamorphoses , II, 833 sqq.).

Sa beauté et sa douceur semblaient telles que la jeune fille, surmontant son appréhension, s’approcha de lui et suspendit des guirlandes de fleurs à ses cornes; puis elle monta sur le dos de l’animal qui n’attendait que ce moment pour l’entraîner, agrippée de la main droite à une de ses cornes, vers le grand large. Le couple parvint ainsi à Gortyne, en Crète, où Zeus passa à l’acte, non loin d’une source, sous des platanes qui, dès lors, cessèrent de perdre leurs feuilles. De cette union naquirent trois fils, Minos, Sarpédon et Rhadamante. Avant de marier sa bien-aimée au roi de Crète, Astérion — qui n’avait pas d’enfants —, Zeus fit à celle-ci trois présents: il lui offrit Talos (l’impitoyable gardien des côtes de la Crète, qui, dans cette version, se présente comme une sorte de robot de bronze — dont seule Médée, dans la légende des Argonautes, parviendra à trouver la faille), un chien et un épieu de chasse qui, ni l’un ni l’autre, ne manquaient jamais la proie.

Le récit

Ce récit, qui ressemble tellement à l’idée que la Renaissance se faisait du classique - fantastique, délicatement orné, brillamment coloré - est tout entier emprunté à un poème de Moschos, qui vivait au, IIIe siècle à Alexandrie et qui fut, de loin, le meilleur narrateur de cette légende.

Io ne fut pas la seule jeune fille qui dut à l'amour de Zeus d'accéder à une renommée géographique. Il y en eut une autre, beaucoup plus connue - Europe, fille du Roi de Sidon. Mais alors que l'infortunée Io paya fort cher d'être ainsi distinguée. Europe au contraire s'en trouva fort bien. Sauf pour les quelques instants de terreur qu'elle éprouva à se trouver traversant la mer sur le dos d'un taureau, elle ne souffrit jamais. L'histoire ne dit pas à quoi s'occupait Héra dans le même temps, mais il est clair que sa vigilance était singulièrement endormie et son mari, en conséquence, libre d'agir à sa fantaisie.

Par une belle matinée printanière et tandis que du haut des cieux il observait nonchalamment la terre, Zeus aperçut soudain un spectacle charmant. Europe s'était ce jour-là réveillée fort tôt, troublée comme Io l'avait été avant elle par un rêve ; seulement, il ne s'agissait pas cette fois d'un dieu qui serait devenu amoureux d'elle mais de deux continents dont chacun, sous la forme d'une femme, tentait de la posséder, l'Asie prétendant avoir droit de propriété puisqu'elle lui avait donné naissance, et l'autre - sans nom encore - déclarant que Zeus lui donnerait l'adolescente. Libérée du sommeil en même temps que de cette étrange vision qui lui était venue à l'aube - moment où le plus souvent les vrais rêves viennent aux mortels - Europe décida de ne pas se rendormir mais d'appeler ses compagnes, toutes nées la même année qu'elle et toutes de noble origine, et de leur proposer une escapade dans les prés fleuris en bordure de la mer. C'était leur lieu de réunion favori, soit pour y danser, soit pour s'y baigner, ou encore pour y cueillir des fleurs. Cette fois, sachant que les fleurs avaient atteint le moment de leur perfection, toutes se munirent de paniers. Celui d'Europe était en or délicatement ciselé de silhouettes qui, racontaient - le fait est à souligner - l'histoire d'lo, ses voyages sous la forme d'une vache, la mort d'Argus, et enfin Zeus la touchant légèrement de sa main et lui rendant sa forme humaine. C'était, on s'en doute, une merveille digne d'admiration et l'oeuvre d'un personnage qui n'était rien moins qu’Héphaistos, le céleste ouvrier de l'Olympe. Si le panier était charmant, les fleurs destinées à le remplir ne l'étalent pas moins, narcisses odorants, jacinthes, violettes et crocus jaunes, et par-dessus tout la splendeur cramoisie de la rose sauvage. Enchantées, les fillettes poursuivaient leur cueillette, passant d'une prairie dans l'autre. Elles étaient toutes ravissantes mais Europe brillait parmi elles comme la déesse de l'Amour dépasse les Grâces en éclat. Et ce fut précisément cette déesse de l'Amour qui provoqua ce qui allait ensuite se passer. Tandis qu'accoudé aux célestes balcons, Zeus observait ce joli spectacle, celle qui seule avait le pouvoir de subjuguer le dieu - seule, mais avec le concours de son fils, le malicieux Cupidon - celle-là, donc, prit son arc et d'une flèche perça le coeur de Zeus qui à l'instant même s'éprit d'un fol amour pour Europe. Bien qu'Héra fût pour l'instant absente, il pensa qu'il valait mieux montrer quelque prudence, aussi jugea-t-il plus sage de se changer en taureau pour paraître devant Europe. Non de ces taureaux que l'on voit dans une étable ou paissant dans un pré mais un taureau superbe, comme on n'en avait jamais vu et comme on n'en verra jamais plus, avec une robe couleur de châtaigne, un front marqué d'un disque d'argent et surmonté d'une corne en croissant de lune. Il semblait si doux que les jeunes filles ne s'effrayèrent pas de le voir approcher; elles l'entourèrent et le caressèrent à l'envi, respirant avec délices le parfum qui venait de lui, un parfum plus odorant encore que celui des fleurs de la prairie. Ce fut vers Europe qu'il se tourna et tandis qu'elle le flattait gentiment de la main, il meugla si harmonieusement que même une flûte n'eût pu rendre un son plus mélodieux. Alors il se coucha à ses pieds, semblant lui offrir son large dos, et elle cria aux autres de la rejoindre et de le monter avec elle,

Car, j’en suis sûre, il pourrait nous porter toutes;

Et il semble si doux, si gentil à voir,

Il ressemble plus à un homme qu'à un taureau

Sauf qu'il ne parle pas.

Elle s'assit en souriant sur le vaste dos, mais les autres, toutes vives qu'elles fussent, n'eurent pas le temps de l'imiter. Le taureau fit un bond et s'en fut à toute allure vers la mer, puis, non dedans mais au-dessus de la grande étendue d'eau. Et tandis qu'il les foulait, les vagues se calmaient sous lui, et toute une procession surgit des profondeurs et le suivit - les étranges divinités marines, Néréides chevauchant des dauphins, Tritons soufflant dans des conques, et le puissant Seigneur de la Mer lui-même, le propre frère de Zeus. Effrayée tout autant par ces étonnantes créatures que par les eaux mouvantes qui l'entouraient de toutes parts, Europe se retenait d'une main à la corne du taureau et de l'autre relevait sa robe pourpre pour éviter de la mouiller, et les vents :

En gonflaient les plis comme une voile

Gonfle sur un bateau, et avec douceur

Ils la faisaient voguer.

Ce ne peut être un taureau, mais certainement un dieu, pensait Europe ; et elle l'implora d'avoir pitié d'elle et de ne pas l'abandonner, seule, sur quelque terre étrangère. Il répondit, montrant ainsi qu'elle avait justement deviné ce qu'il était en réalité. Il lui dit de ne pas s'épouvanter. Il était Zeus, le plus grand de tous les dieux, et tout ce qu'il faisait en ce moment lui était inspiré par son amour pour elle. Il l'emmenait en Crète, son île, où sa mère l'avait caché dès sa naissance pour le soustraire à Cronos, son père, et là, elle lui donnerait :

Des fils glorieux dont les sceptres exerceraient leur pouvoir

Sur tous les hommes de la terre.

Bien entendu, tout se passa comme Zeus l'avait dit. La Crète fut bientôt en vue ; ils abordèrent et les Saisons, ces gardiennes des portes de l'Olympe, parèrent la jeune fille pour ses noces. Ses fils furent célèbres non seulement en ce monde mais dans l'autre - où deux d'entre eux, Minos et Rhadamanthe, devinrent les juges des morts, en récompense de la justice qu'ils avaient montré sur la terre. Mais c'est le nom d'Europe qui demeure à jamais le mieux connu.

Conclusion

À la légende d’Europe se rattache la création de la constellation du Taureau, qui figure parmi les signes du Zodiaque, ainsi que la fondation par ses frères, partis en vain à sa recherche, d’un certain nombre de royaumes et de cités dont la plus célèbre est Thèbes, qui fut fondée par Cadmos. Il n’est pas impossible qu’Europe, qui reçut après sa mort les honneurs divins et dont le nom signifie probablement: «au large visage» (eurus  ou eureia ôps ), soit une personnification de la pleine lune. Le mythe raconterait alors l’aufhebung  des vieux cultes de la déesse Lune par la religion grecque, tout en participant lui-même de ce mouvement d’aufhebung  — interprétation qu’on ne peut mentionner qu’avec la plus grande prudence.

 

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Source

- La Mythologie, Edith Hamilton, Marabout 1978

- Les grands figures des mythologies, Fernand Comte, Bordas 1999

- Encyclopédie Universalis © 1998 Encyclopædia Universalis France S.A. 

 

 
 Liens Internet      
 

 Mythologie

La quête de la Toison d'or
  L'aventure commence pour Jason et ses compagnons Argonautes...

       
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