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Bienvenue dans la section Mythologie et Religion des sites ATRIUM. Nous vous souhaitons un bon voyage, parsemé d'étapes situées entre mythologie classique et légendes modernes. Un voyage qui vous emmènera dans les bois les plus sombres de Colchide, qui vous fera traverser l'empire glacé du Niflheim ou le pays de feu du Muspelheim, mais un voyage qui vous fera aussi découvrir l'enchantement de l'Olympe, les ravissements du Valhalla ou les charmes des montagnes sacrées du Japon... Nous nous intéresserons également aux grandes religions de la planète, à leurs us et coutumes et à leurs fondements...

 

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Sommaire >>> La mythologie grecque

Artémis
 
 

Malgré son nom probablement d’origine anatolienne, le lien qui unirait Artémis à la partie non hellénique de l’Asie Mineure est loin d’apparaître clairement. Son appartenance de longue date au monde grec ne saurait, en revanche, faire de doute, comme l’attestent poèmes et hymnes homériques. Artémis est la fille de Zeus et de Lêto, elle est la soeur d'Apollon (plutôt fille de Déméter selon certaines traditions). Ayant aidé à l'accouchement de son frère, les liens entre les deux n'en seront que plus étroits. Comme son frère, elle aussi présidait au chant, sous le nom de Hymnia, escortée par les Muses, les Charites ou les Nymphes. Artémis est grande et imposante (selon l'Hymne homérique à Apollon Pythique, 271), elle a un beau visage (Hymne à Artémis, Callimaque, 204) et des boucles d'or (Hippolyte, Euripide, 80sq.). Fière de ses formes, elle en prend grand soin; c'est aussi pour cela qu'elle défend farouchement sa virginité. En effet, dès sa plus jeune enfance, elle demanda à Zeus le droit de rester vierge et de vivre sur terre, dans les forêts, en compagnie de ses amis les animaux. Droit que son père lui accorda. 

Artémis aux flèches d'or

Originaire de Délos, Artémis aurait chassé pour la première fois en Attique. Son arc et ses flèches ont été forgés par Héphaïstos et les Cyclopes. Pan lui a donné des chiens "plus rapides que le vent" et capables de renverser même des lions  (Hymne à Artémis, Callimaque, 90-95). Artémis demeure dans les montagnes et les bois, elle chasse chevreuils, cerfs et biches, mais aussi parfois des lions et des panthères (Pausanias, V, 19, 5). 

La jeune fille revêche

Artémis est une guerrière, ainsi elle participe aux côtés de son frère à la mise à mort du serpent Python, au châtiment du géant Tityos et à l'extermination des enfants de Niobé qui avaient insulté sa mère. Bref, malheur à qui lui fait de l'ombre. Sophocle nous dit qu'elle est la "vierge inviolable et inviolée" (Electre, 1239), ceux qui ont tenté de lui forcer la main s'en sont repentis: Otos le Géant, Orion piqué par un scoprion qu'elle lui a envoyé, Actéon (qui l'avait surprise se baignant nue dans la source Parthénios) est changé en cerf (puis dévoré par des chiens ayant la rage...), Bouphagos est percé de flèches...

Artémis a des principes: elle défend la pudeur et ne supporte pas la violence sauvage (dont elle use pourtant), les débordements et les amours illicites (ainsi les viols des nymphes Opis et Chromion sont vengés dans le sang; le tyran Tartarus, qui avait la fâcheuse habitude d'abuser des jeunes filles avant leur mariage, est implacablement mis à mort (Antonius Liberalis, XIII). Artémis en veut particulièrement aux vierges qui cèdent à l'amour: Callisto, séduite par Zeus, est transformée en ourse, elle sera sauvée de justesse par son amant, à qui elle donna un fils, Arcas, qui devint l'ancêtre des Arcadiens; tandis que sa prêtresse Comoetho est immolée pour avoir convolé avec Melampos.

Artémis admire les jeunes filles qui ont su rester pures, elle en fait ses prêtresses. Celles-ci dansent devant son temple et dans les bois. Artémis ne s'oppose pas à leur mariage mais elles doivent alors déposer devant son autel leurs parures virginales, boucles de cheveux ou jouets, et doivent ensuite quitter son domaine. Artémis est aussi la protectrice des femmes en couches et des enfants qui naissent (Hymne à Artémis, Callimaque, 20-25).  Artémis deviendra la Diane romaine.

Quelques petites histoires

Un jour le dieu-fleuve Alphée, fils de Thétis, eut l'audace de s'éprendre d'Artémis et de la poursuivre à travers la Grèce mais elle s'enfuit à Létrinoi en Élide. Là elle enduisit son visage ainsi que celui de toutes ses nymphes d'une boue blanchâtre, de telle sorte qu'on ne pouvait la distinguer de ses suivantes. Alphée fut contraint de se retirer, poursuivi par les rires moqueurs.

Pour conclure

Soeur d'Apollon, elle possède, si l’on ose dire, tous ses traits, mais au féminin; à tel point que l’on peut considérer les deux Olympiens comme les deux figures opposées et complémentaires (masculin-féminin, esprit-nature) d’une même entité divine (voir sur ce point les thèses de Nilsson et de W. F. Otto).

Ortygie, premier nom de Délos, est le plus souvent citée comme lieu de sa naissance et lui sert parfois de surnom: née la première, Artémis aurait aussitôt aidé sa mère à accoucher d’Apollon. Mais Ortygie veut aussi dire la caille, oiseau migrateur que les Grecs voyaient revenir sur leurs rivages avec le printemps et qu’ils associaient à la déesse. Avec le lion, l’ours, la panthère et le cerf, elle est un symbole pour celle qui vit à l’écart des mortels, se plaisant seulement à courser et à chasser, munie de son arc redoutable, les animaux sauvages des régions boisées et montagneuses de la Grèce (Arcadie, pays de Sparte, Laconie, montagne de Taygète); vierge farouche, indomptable, éternellement jeune, elle punit cruellement ceux qui osent s’aventurer sur ses territoires (Orion et Actéon), ou celles de ses compagnes, les Nymphes, qui se laissent séduire par Aphrodite, son ennemie jurée (Callisto et Taygète, in Euripide, Hippolyte ).

La «Dame aux fauves» des monuments crétois, la «Pure» (hagnê ), comme dit Homère, est, parmi les mortels, la souveraine des femmes: «Zeus a fait d’elle un lion parmi les femmes» (Iliade , XXI). Comme telle, elle les protège (ainsi les Amazones) et leur vient en aide dans les douleurs de l’enfantement. Elle veille aussi sur les nouveau-nés et les jeunes enfants et on la vénère comme nourrice (Kourotrophos ): la fête des tithénidies (tithênidia , nourricière) lui est consacrée à Amyclès, près de Sparte. Mais, déesse des femmes mortes en couches et des morts subites, elle frappe de ses traits foudroyants celles qui l’ont offensée. Ses vengeances sont terribles: ainsi, en compagnie de son frère, elle tue les enfants de Niobé, coupable d’avoir insulté Lêtô (Latone); ainsi, elle retient au port la flotte d’Agamemnon et exige le sacrifice d’Iphigénie, la fille du roi, trop vaniteux chasseur: réminiscence à la fois du temps où son culte était marqué par des sacrifices humains et de la suppression de cette pratique puisque Iphigénie, selon certaines versions de la légende, fut finalement épargnée et devint desservante de la déesse en Tauride. Enfin, comme Apollon, Artémis est porteuse de lumière (phosphoros): au dieu qui personnifie le Soleil et la clarté du jour correspond la déesse qui éclaire la nuit, celle qui brandit la torche (Sophocle, Œdipe à Colone) et qui est souvent identifiée à la Lune. À ce trait se rapporte sa qualité de guide ailée qui l’apparente à Hermès: elle montre le chemin aux voyageurs et aux fondateurs de cités l’emplacement propice. En Grèce, son principal sanctuaire est à Éphèse. En Italie, où son culte pénètre dès le VIe siècle, il assimile et recouvre un culte plus ancien et plus pauvre, celui de la Diane italique et romaine; mais il y aura loin de la conception latine à l’idée grecque de la Nature.

 

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Source

- La Mythologie, Edith Hamilton, Marabout 1978

- Les grands figures des mythologies, Fernand Comte, Bordas 1999

- Encyclopédie Universalis © 1998 Encyclopædia Universalis France S.A. 

 

 
 Liens Internet      
 

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