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Confondu avec le dieu romain Mars
(dont il n’eut
jamais la popularité, son culte ne
fut guère important durant l’époque classique), il est
escorté par la sanglante Enyo, sa sœur
Eris (la Discorde), ses deux fils Deimos
(la Crainte) et Phobos (l'Épouvante),
qui l'accompagnaient lors des batailles
Arès,
dieu de la Guerre est fils de
Zeus
et de sa femme Héra.
Mais cette dernière l'aurait
enfanté sans recours à la semence masculine (L'Iliade, XV, 166).
Il fait donc
partie de la deuxième génération des Olympiens.
Agressif et assoiffé
de sang, Arès personnifiait la
nature brutale de la guerre;
bagarreur par excellence, il se soucie fort peu de la cause à
défendre et change de camp sans scrupule.
On le représente portant une armure
d'airain, un casque étincelant à la longue crinière, une lance et
un bouclier de cuir. D'une très grande
rapidité, il surprend ses ennemis et les effraie en hurlant son
cri de guerre : alalè
alala!
Il était peu aimé
à la fois des dieux de l'Olympe et des hommes. Bien que courageux
et belliqueux, Arès n'était pas invincible, même contre des
mortels; il n'était que le dieu de la guerre et pas celui de la
victoire...
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Ainsi il se fait
désarmer de nombreuses fois par Athéna
déesse mesurée et
réfléchie (ainsi
à propos de la guerre de Troie: la déesse saisit une pierre et
frappe au cou Arès et lui rompt les membres... la honte, d'autant
plus qu'Athéna ajouta ces mots: "Pauvre sot!
Tu n'as donc
pas compris encore à quel point je puis me flatter d'être plus
forte que toi, pour que tu ailles de la sorte mesurer ta fureur à
la mienne ?". Suite à
l'humiliante débâcle du dieu,
Aphrodite vient l'aider à se
relever, mais Athéna la frappe en pleine poitrine. Athéna ajoute
ces mots: "Tel soit le sort de tous les protecteurs de Troie
!". Jolie propagande).
Attaqué par les Aloades
(les fils de Poséidon,
ces derniers avaient décidé d'escalader le ciel en mettant
montagnes sur montagnes et déclarèrent la guerre aux dieux), il
fut enchaîné et maintenu prisonnier 13 mois dans un pot de
bronze (ce sera finalement Hermès
qui vint le libérer, Apollon se chargea, pour sa part, de tuer
les fils de Poséidon). Héraclès
aussi le bat à plusieurs reprises (il lui perça la cuisse d'une
de ses flèches). Lorsque ses déboires tournent vraiment mal,
c'est
Zeus lui-même qui
soigne ses plaies: un dieu ne doit pas mourir (L'Iliade, V,
590sq). Ses mésaventures
semblent divertir les Grecs dès l’époque homérique, dès sa
ridicule blessure devant Troie: Arès, blessé par le héros Diomède
auquel Athéna a prêté son
concours, s'enfuit en hurlant vers l'Olympe (un cri semblable à
celui de 10'000 hommes, dit-on).
Les amours d'Arès avec les mortelles sont nombreuses, car, en
dépit de son caractère barbare, le dieu n'est pas dénué d'une
certaine beauté. Mais les enfants qu'il engendre sont des êtres
frustes, des brigands, des êtres violents, comme le bandit Cycnos,
Diomède de Thrace, Lycaon ou Oenomaos. Parmi les immortelles,
seule
Aphrodite
conçut un fol amour pour lui, il symbolisait dans toute sa
puissance la force passionnelle et sensuelle.
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La déesse cacha cette liaison (L'Odyssée, VIII, 266-366). Notons au passage
qu'Arès est doué de la même fougue dans ses aventures féminines
qu'à la guerre; il commettra de nombreux viols. Que les amours de
la déesse et du dieu aient enfanté le Cupidon
mignon, il est permis d'en douter.Le
culte d'Arès, originaire de Thrace (pays
rude et sauvage peuplé de guerriers),
croit-on, n'était guère populaire en Grèce. A
Thèbes où il est lié à la famille de Cadmos dont la femme,
Harmonie, est issue de son union avec
Aphrodite
(c'est ce que l'on dit en tout cas). Il a aussi un culte à
Sparte, où on lui sacrifiait des prisonniers de guerre.
A
Athènes, son temple se trouve au pied de l’Aréopage,
sa colline: c’est là qu’il avait tué l'un des fils de Poséidon,
qui menaçait de violer la propre fille du dieu. Poséidon lui fit
un procès mais le tribunal divin jugea qu'un père avait le droit
sacré de défendre la vertu de sa fille. Arès fut donc
acquitté. C'est sur l'Aréopage que siégeait le "conseil
d'en haut" chargé de juger les crimes d'ordre sacré.
L'accusateur s'asseyait sur la "pierre du ressentiment"
et l'accusé sur la "pierre de l'outrage". Encore
un mot pour dire qu'Arès fut dépêché par
Zeus
pour libérer Thanatos (La
Mort) que Sisyphe, roi de Corinthe,
avait réussi à capturer (personne ne mourrait plus). Il
s'acquitta de sa mission... dommage !
On
dirait presque que les Grecs l'ont inventé pour enseigner aux
peuples qu'un Grec ne se bat jamais sans raisons. Dénonciation de
la violence instinctive, de la fureur aveugle, du meurtre, Arès
sera peu apprécié des Grecs comme nous l'avons dit. Mais les
Romains, plus amateurs de ce genre de virilité, le tiendront en
si haute estime qu'ils lui attribueront la paternité de leur
fondateur: Romulus.
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