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Bienvenue dans la section Mythologie et Religion des sites ATRIUM. Nous vous souhaitons un bon voyage, parsemé d'étapes situées entre mythologie classique et légendes modernes. Un voyage qui vous emmènera dans les bois les plus sombres de Colchide, qui vous fera traverser l'empire glacé du Niflheim ou le pays de feu du Muspelheim, mais un voyage qui vous fera aussi découvrir l'enchantement de l'Olympe, les ravissements du Valhalla ou les charmes des montagnes sacrées du Japon... Nous nous intéresserons également aux grandes religions de la planète, à leurs us et coutumes et à leurs fondements...

 

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Sommaire >>> La mythologie grecque

Apollon
 
 

Apollon a toutes les qualités qui font de lui un grand Dieu : jeunesse, beauté, art de la divination, poète et musicien… Dans la mythologie romaine, il est souvent confondu avec le soleil et on l’appelle alors Phoebus (le Brillant), mais cette identification n’a peut-être pas existé avant le Ve siècle av. J.-C., et n’est peut-être devenue courante que longtemps après. Aujourd'hui, on tend à distinguer un Apollon dorien et un Apollon ionien ; mais leurs légendes se sont mêlées

Délos

Lors de l’une des ses escapades conjugales, Zeus mit enceinte Lêto (fille du Titan Coecos). La jalouse épouse du roi des Dieux, Héra, s’obstina à poursuivre l’infortuné Lêto à travers toute la terre pour l’empêcher d’accoucher du fruit des tromperies de son mari. Lêto trouva finalement refuge sur une petite île, errante (si,si) et stérile, du nom d’Asteria. Il mit au monde Artémis puis Apollon.L’Hymne homérique à Apollon (135) nous apprend que l’île se couvrit alors d’or, normal puisque le dieu de la lumière venait d’y naître. L’île se fixa (je vous avais bien dit qu’elle était errante) et devint la brillante Délos. Dès qu'il apprit sa naissance, Zeus offrit à son fils une mitre d'or, une lyre et un char attelé de cygnes. Apollon fut nourri de nectar et d’ambroisie par la déesse Thémis, ainsi le nouveau-né devint en quelques jours un magnifique adolescent.

 

 Le jeune Apollon est emmené par les cygnes sacrés au-delà de la patrie du Vent du Nord, chez les Hyperboréens (Callimaque, Hymne à Délos, 41-54). La route qu’il emprunta devint " la Voie sacrée ", où chemineront les processions à la fête du Septerion, instituée en souvenir de son premier exploit et célébrée tous les huit ans.

Delphes

Après avoir passé un an chez les Hyperboréens, Apollon se rend à Delphes. Le pays est soumis à la terreur du dragon Python, protecteur de l’oracle de Thémis. Apollon ne se laisse pas impressionner et terrasse le monstre. Pour se féliciter de sa victoire (en toute modestie), Apollon fonde les jeux Pythiques. Après avoir tué Python, Apollon dut se faire purifier. Il connut un long exil dans la vallée du Tempé, où les habitants de Delphes venaient en ambassade tous les huit ans. Le mot delphys signifie « sein », et le collège sacré affirmait que Delphes était le sein ou le centre de la terre.

La jeunesse

L’Hymne homérique à Apollon (449-450), nous apprend que le dieu avait « l’apparence d’un homme robuste et fort ». Bénéficiant d’une jeunesse toujours nouvelle, mais non pas immature, Apollon est plein d’énergie et parfois même de violence. Il est le protecteur des jeunes humains (les kouroi). Les jeunes gens font l’offrande au dieu de leur première coupe de cheveux lors d’un rituel marquant leur entrée dans l’assemblée des hommes (on disait que les longues boucles noires aux reflets d’argent d’Apollon n’avaient jamais été coupées). On s’en doute, Apollon était un séducteur patenté (et non pas tenté !). Il est l’archétype de la beauté virile et des qualités masculines. Malgré cette éclatante beauté et sa gloire non moins brillante, Apollon sera souvent malheureux en amour.

Les amours

Apollon est amoureux de Daphné (une nymphe, fille du dieu-fleuve Pénée) ; c’est Eros qui, vexé qu’Apollon se soit moqué de sa façon de manier l’arc, provoqua l’amour impossible du dieu pour la nymphe. Daphné, pour échapper à son prétendant, s’enfuit dans la montagne et se transforme en laurier (l’arbre sera désormais consacré à Apollon). Ensuite Apollon s’amourache de la nymphe Cyrène. Avec elle, il arrivera à ses fins et aura un fils : Aristée. Mais Apollon est un mari volage, ainsi il flirte avec la muse Thalie et engendre les Corybantes (ce sont des génies mystérieux), avec Uranie les musiciens Linos et Orphée, avec Coronis, Asclépios (dont il tuera la mère car elle était infidèle…et Zeus en colère foudroya un jour le fils pour avoir ressuscité Hippolyte). Une aventure semblable à cette dernière lui arriva avec Marpessa, celle-ci ayant peur d’être abandonnée dans sa vieillesse par le toujours jeune Apollon, elle lui préféra un mortel : Idas.

Repoussé encore une fois, par la Sibylle de Cumes, à qui il offrit de vivre autant d'années qu'il y avait de grains de sable dans sa main, mais elle repoussa ses avances; Apollon la condamna à vivre mille ans, mais sans lui épargner la vieillesse. Il courtisa, également sans succès, la nymphe Sinopé qui lui avait demandé une faveur avant de lui céder: le dieu la lui accorda, puis il apprit que son désir était de rester vierge jusqu'à sa mort. Il ne fut pas plus heureux avec ses conquêtes masculines : Il tua accidentellement le Spartiate Hyacinthos avec un disque (de son sang naquit une jacinthe). Il aima aussi Cyparissos, lequel tua un cerf apprivoisé et ne put s'en consoler; aussi Apollon, pour l'apaiser, le transforma en cyprès. Apollon a eu encore d’autres conjointes (et conjoints…) dont nous tairons le nom.

L’orgueilleux

L’Hymne homérique à Apollon nous apprend qu’Apollon est particulièrement orgueilleux ; voici par exemple ce qu’il dit des humains : « cette pauvre race qui pousse et flétrit comme les feuilles des arbres ». Mais il aidera tout de même les hommes à plusieurs reprises (les Argonautes, la ville de Troie contre les achéens…). èMais l’orgueil du dieu le pousse à narguer Zeus lui-même : Le roi des Dieux n’appréciant que modérément, il imposa des épreuves au jeune insolant. Apollon dut être, pour un temps, esclave au service de certains humains (d’abord pour le roi de Troie, Laomédon, pour qui il construisit une muraille et garda ses troupeaux. Le roi, refusant de le payer, Apollon envoya une peste qui ravagea le pays (Pindare, Olympiques, VIII, 40sq.). 

Ensuite, après avoir tué les Cyclopes (pour se venger du meurtre de son fils, Asclépios), il fut envoyé chez Admète, roi de Phères, auquel il servit de bouvier). Il protégeait les bergers, bien qu'il fût aussi l'ami de leur principal ennemi, le loup. Deux des enfants de Priam, Hélénos et Cassandre, reçurent d’Apollon des dons de divination. Cassandre était courtisée par le dieu, qui lui avait donné ce don pour la séduire. Mais en dépit de cela, elle se refusa (une de plus !), et Apollon la frappa de malédiction: quoique prédisant correctement le futur, personne ne la croirait.

Les exploits

Le jour où il se fait voler son troupeau par Hermès, une fois le voleur retrouvé, il accepte de laisser les bêtes à celui-ci contre la lyre qu’il venait d’inventer. Apollon était un musicien pugnace, ainsi, lorsque Marsyas prétendit tirer de sa flûte une musique plus mélodieuse que celle de la lyre du dieu, il le fit écorcher vif et accrocher à un pin (il en avait bien le droit puisqu’il avait démontré préalablement que sa lyre était plus mélodieuse : Apollon pouvait en jouer aussi bien à l'endroit qu'à l'envers, aussi, il s'adjugea le prix). Notons que c’est pour cela que le pin a une écorce rouge. Plus tard, Apollon gagna un autre concours de musique que présidait le roi Midas; cette fois c'est sur Pan qu'il l'emporta. Il devint alors le dieu incontesté de la musique

Les armes d’Apollon sont redoutables ; il décime l’armée des Grecs devant Troie ce qui montre peut-être l'origine orientale du dieu (L’Iliade I, 43 sqq.), tue les Cyclopes, participe au massacre des enfants de Niobé, débarrasse Delphes du Python. On lui attribue également la mort d’Achille, qu’il détestait tellement qu’il poursuivi son fils et le fit périr. Apollon est beau et brillant, on l’a dit, mais il est aussi terrifiant (les Argonautes n’osèrent même pas le regarder lorsqu’il leur apparut). C'est ainsi qu'il est regardé comme le dieu du Châtiment foudroyant. Toutes les morts subites sont le résultat des blessures qu'il inflige de ses traits. Apollon et sa sœur Artémis transpercèrent de flèches le géant Tityos qui avait tenté de faire violence à Léto, avant leur naissance, et l'envoyèrent dans le Tartare, où il subit un châtiment éternel. Ils vengèrent aussi leur mère de Niobé, qui s'était vantée d'être plus féconde qu'elle, en tuant tous ses enfants, ou la plupart d'entre eux. On a vu qu’Apollon était habile à tuer, mais il est aussi capable de guérir ou de faire disparaître le mal et la maladie. Son fils est d’ailleurs Asclépios. On l’invoque contre la peste, on place son effigie dans les endroits dangereux…

L’oracle

Notre Dieu parle à Delphes par la bouche de la Pythie (qui utilise la première personne lorsqu’elle rend ses oracles). « Connais-toi toi-même », telle était la formule gravée sur le fronton du temple. C'était l'oracle le plus célèbre du monde grec, et on venait le consulter de très loin. Les prêtres d'Apollon prétendaient descendre d'un groupe de Crétois dont le dieu avait détourné le navire sous la forme d'un dauphin.

Les fêtes

Les Thargélies, tel est le nom des fêtes en l’honneur d’Apollon. Elles se déroulent ainsi : on choisit deux pauvres hères, l’un représente les femmes et l’autre les hommes, on les promène dans la ville en les frappant, en les lapidant ou en les brûlant, et on finit par les chasser dans la montagne. On pensait alors qu’ils emportaient les souillures de tous avec eux. C’est donc une fête de purification. Ensuite on chante le péan, ou chant pour Apollon, et on fait des offrandes au dieu. C'est aussi un dieu agricole à Amyclée (Apollon Carneios) et en Arcadie (Apollon Nomios).

Animaux et plantes

Le loup lui est offert en sacrifice ; chevreuil, cygne, milan et vautour sont aussi des animaux affiliés au dieu. Le laurier est sa plante (nous avons vu plus haut pourquoi), la Pythie en mâche une feuille lorsqu’elle rend ses oracles.

Le culte

On lui consacra de nombreux cultes, il est celui qui promet le salut et la vie éternelle dans la religion orphique, il est à l’origine du pythagorisme, et règne sur l’île des Bienheureux, le paradis. Inspirateur des musiciens et des poètes, alors appelé Apollon Musagète, il est la divinité tutélaire de tous les arts, le symbole du soleil et de la lumière civilisatrice. A Rome, on lui éleva un premier temple sur les Prés Flaminiens (érigé à la suite d’une grave épidémie) (Tite-Live, IV, 25,3 ; XL, 51, 6). Chez les Étrusques et les Romains, il était un dieu important. Il se manifestait à eux par l'oracle de la grotte de Cumes, dont la Sibille accompagna Énée aux enfers, selon la légende romaine. Auguste prétendit d’ailleurs descendre de lui, et lui devoir entre autres la victoire d’Actium. Apollon reflète pour les Grecs le génie artistique de leur pays, l'idéal de la jeunesse, de la beauté, et du progrès. A l'époque hellénistique, il fut supplanté par les divinités mystiques de l'Orient, et on le confondit de plus en plus avec Hêlios. Nombreux aussi sont ses surnoms ou ses épithètes : Phoibos (le brillant), Pythios ou Pythoktonos (le vainqueur du dragon), Hékatébolos (qui frappe de loin), Argurotoxos (à l'arc d'argent), Sôter (le sauveur), Alexicacos (le secourable), Latromantis (le médecin devin), Musagète (le chef des Muses), Sauroctone (tueur de lézards), Citharède (tenant une cithare)…

 

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Source

- La Mythologie, Edith Hamilton, Marabout 1978

- Les grands figures des mythologies, Fernand Comte, Bordas 1999

- Encyclopédie Universalis © 1998 Encyclopædia Universalis France S.A. 

 

 
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