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Bienvenue dans la section Mythologie et Religion des sites ATRIUM. Nous vous souhaitons un bon voyage, parsemé d'étapes situées entre mythologie classique et légendes modernes. Un voyage qui vous emmènera dans les bois les plus sombres de Colchide, qui vous fera traverser l'empire glacé du Niflheim ou le pays de feu du Muspelheim, mais un voyage qui vous fera aussi découvrir l'enchantement de l'Olympe, les ravissements du Valhalla ou les charmes des montagnes sacrées du Japon... Nous nous intéresserons également aux grandes religions de la planète, à leurs us et coutumes et à leurs fondements...

 

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Sommaire >>> La mythologie grecque

Adonis
 
 

Peut-être que la plus célèbre des morts et résurrections fleuries est celle d'Adonis. Chaque année les jeunes filles de la Grèce pleuraient sa perte et chaque année elles se réjouissaient lorsque renaissait sa fleur, l'anémone pourprée. Aphrodite l'aima; la déesse de l'Amour, qui perce de ses flèches le coeur des dieux comme celui des hommes, eut elle aussi à souffrir la même peine. Aphrodite vit naître Adonis et dès cet instant s'éprit de lui ; elle décida qu'il lui appartiendrait. Elle le porta à Perséphone et le lui confia, mais Perséphone s'éprit de lui à son tour et lorsque la déesse descendit aux Enfers pour le lui réclamer, elle refusa de le rendre. Ni l'une ni l'autre n'ayant voulu céder, Zeus lui-même dut trancher le débat. Originaire de Phénicie, il fut d'abord appelé Thammuz, puis Gauas. Mais c'est bien sous le nom d'Adonis (qui signifie "seigneur") qu'il est devenu célèbre. D'abord il le fut à Byblos, à Alexandrie, puis à Chypre et en Grèce. Théias, roi de Syrie, avait Smyrna (Myrrha) comme fille. Elle fut poussée par Aphrodite à désirer un inceste avec son père. Smyrna (Myrrha) parvint à tromper son père et à s'unir à lui.

 

Smyrna (Myrrha) ayant conçu par tromperie Adonis (Adônis) de son père Théias, les dieux la font échapper à la colère paternelle, lequel, s'étant aperçu de la tromperie, était entré dans une colère telle qu'il voulait mettre sa fille à mort, en la changeant en arbuste. L'arbre à myrrhe. Dix mois plus tard, de l'écorce de cet arbre sortit un enfant: Adonis.

Les amours d'Adonis

Comme nous l'avons dit, Adonis est recueilli par Aphrodite (la phénicienne Ashtart, Astarté), mais il est élevé par Perséphone. Adonis était d'une rare beauté, et lorsque Aphrodite le confia à Perséphone, cette dernière refusa de le lui rendre. L'une et l'autre étaient tombées amoureuses du jeune homme. Comme il convenait, ce fut Zeus qui eut à arbitrer le conflit entre les deux déesses. Il décida qu'Adonis vivrait un tiers de l'année avec l'une, un tiers avec l'autre, et le troisième avec qui il voudrait. Et adonis choisit de passer deux tiers de l'année avec... Aphrodite. Selon une autre version, Zeus décida qu'Adonis passerait la moitié de l'année avec chacune, l'automne et l'hiver avec la Reine des Morts, le printemps et l'été avec la déesse de l'Amour et de la Beauté.

Les jardins d'Adonis

Les jardins cultivés en l’honneur d’Adonis sont, pour toute la tradition grecque, des cultures sans fruits, stériles, qui n’arrivent pas à maturité: jardinage de fête et de plaisir dont les semences faibles ne donnent aucun fruit; cultures illusoires et frivoles que les femmes transportent sur les toits des maisons pour les exposer à l’éclat du soleil et les faire passer en quelques jours du vert au desséché; cultures ensuite jetées dans l’eau froide des sources ou expulsées dans la mer. Cette culture dérisoire symbolisait l'existence éphémère d'Adonis. En Grèce, on qualifiait de "jardins d'Adonis" toute existence hâtive et passagère.

Les Adonies

Chaque année, ce phénomène donne lieu à de grandes fêtes, marquées par deux temps forts: le premier, funèbre, pleurant la mort d'Adonis; le second, triomphant, voyant rassemblements et processions joyeuses pour son retour. A Alexandrie, on inverse le rythme des cérémonies pour mieux suivre le déroulement de l'histoire et l'on commence par les réjouissances pour terminer par une procession funèbre. A Athènes, ce n'est plus le rythme des saisons (mort et résurrection) qui est fêté (puisque cela est réservé à Déméter) :seule la partie funèbre reste. Des images d'Adonis en terre cuite ou en cire tiennent lieu de cadavre. La célébration, car il en reste une malgré tout, est discrète et se fait dans l'intimité des demeures. La fête d’Adonis, qui est affaire de femmes et de caractère privé, est célébrée principalement par des courtisanes ou des femmes qui y retrouvent leurs amants. Elle forme un contraste violent avec l’autre fête de femmes que connaît toute cité grecque: les thesmophories, réservées aux épouses légitimes des citoyens et placées sous le patronage de Déméter, puissance des nourritures céréalières qui sont au centre de cette fête des semailles, célébrée à l’automne.

La mort d'Adonis

Pendant tout le temps qu'il était avec Aphrodite, elle ne cherchait qu'à lui plaire. Lors d'un combat, suscité par Artémis, contre un sanglier, Adonis est mortellement blessé. Sa mort tragique qui l’enlève à l’amour de sa maîtresse, Aphrodite, invite encore à la compassion. On dit qu'à Aphaca, dans le pays de Byblos, là où prend naissance le fleuve d'Adonis, le Nahr Ibrahim, les eaux se teintent de rouge, une fois l'an, en souvenir du sang versé par le jeune homme. Selon une autre version, Adonis était fervent de chasse, et souvent Aphrodite abandonnait son char traîné par des cygnes et avec lequel elle glissait dans l'espace, pour le suivre à travers bois et broussailles, vêtue en chasseresse. Mais vint un triste jour, un jour où par malheur elle ne l'accompagnait pas et où il trouva la trace d'un grand sanglier. Avec l'aide de ses chiens, il mit la bête aux abois, il jeta sa lance sur elle mais ne réussit qu'à la blesser. Avant qu'il ait eu le temps de se jeter sur le côté, le sanglier, rendu furieux par la souffrance, s'élança sur lui et lui fit avec ses défenses une profonde entaille à la cuisse. Aphrodite, qui voguait bien au-dessus de la terre dans son char ailé, entendit le gémissement de son amant et vola vers lui. Adonis exhalait doucement sa vie, avec son souffle ; son sang coulait en flots rouges sur sa chair neigeuse et ses yeux se voilaient. Elle le prit dans ses bras, mais Adonis mourut sans savoir qu'elle l'avait embrassé. Ainsi meurt Adonis, chasseur chassé par un sanglier, amant efféminé, condamné à périr dans un champ de laitue, plante froide et humide, «manger de cadavres», disent les Grecs, et plante qui détourne des rapports amoureux et condamne à l’impuissance. Les affinités qu’Adonis semble offrir avec le monde végétal entier suggèrent toujours de voir dans ce bel adolescent, venu d’Orient, un de ces esprits de la végétation, inventés au XIXe siècle, par Mannhardt et Frazer. On peut ainsi reconnaître dans ce mythe une personnification des forces productrices de la nature et une image du rythme des saisons.

Conclusion

Cependant, le mythe d’Adonis et de Myrrha est d’abord une histoire de séduction et le rituel des adonies met en scène un jardinage dérisoire dont les produits sont nettement marqués par la stérilité. Dans le mythe, la séduction est double: celle qu’une fille, Myrrha, exerce sur son père, en châtiment du mépris qu’elle a montré à l’égard d’Aphrodite et du mariage; celle aussi qu’exerce dès son apparition le fils de Myrrha, né d’une mère transformée en arbre à myrrhe. La beauté d’Adonis attire deux puissances divines, l’une d’en haut, Aphrodite, et l’autre d’en bas, Perséphone. Séduction qu’explique sa nature aromatique. Dans une pensée qui définit l’agriculture comme une coction naturelle, les différents produits végétaux sont répartis entre deux termes extrêmes, définis par rapport au feu solaire: d’un côté, l’herbe, crue, froide et humide, confinant au pourri; de l’autre, les aromates, produits secs, chauds, ignés même, car contigus au feu solaire. La myrrhe, comme l’encens, se récolte au lever héliaque de la constellation du Chien, pendant la canicule, quand la Terre et le Soleil sont le plus proches l’un de l’autre. Sous forme d’onguents ou de parfums, les aromates ont pour les Grecs, dans leurs pratiques amoureuses, des vertus aphrodisiaques qui permettent de changer les relations conjugales pour instituer des rapports d’amant et de maîtresse entre des partenaires normalement disjoints.

Si cruelle que fut la blessure d'Adonis, celle du coeur d'Aphrodite était plus profonde encore. Bien qu'elle sût qu'il ne pouvait plus l'entendre, elle lui parla :

" Tu meurs, ô trois fois désiré,

Et mon désir a fui comme un songe.

Avec toi est parti le joyau de ma beauté.

Mais il me faut vivre encore, moi qui suis immortelle,

Et je ne peux te suivre. Une fois encore, embrasse-moi,

Donne-moi un dernier et long baiser

Jusqu’à ce que j'aspire ton âme entre mes lèvres

Et m'abreuve de ton amour.

 Les montagnes appelaient, et les chênes répondaient,

Oh, las, las, pour Adonis. Il est mort. Et la nymphe Echo répétait: Oh, las, las, pour Adonis.

Sur lui pleuraient tous les Amours, et aussi toutes les Muses."

Mais du monde souterrain où il était descendu, Adonis ne pouvait les entendre. Il ne voyait pas non plus la fleur qui jaillit partout où une goutte de son sang avait empourpré la terre.

 

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Source

- La Mythologie, Edith Hamilton, Marabout 1978

- Les grands figures des mythologies, Fernand Comte, Bordas 1999

- Encyclopédie Universalis © 1998 Encyclopædia Universalis France S.A. 

 

 
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