La
résistance à l'occupation ennemie
commence dès le
printemps 1941 en
Vieille-Serbie et s'affirme avec une
force redoublée après l'invasion de
l'U.R.S.S. Mais, dès les premiers
jours aussi, elle se divise en
deux mouvements rivaux. L'un,
dirigé par le général
Draja Mihajlovic qui a
refusé de capituler en avril et
poursuit la guérilla avec ses
tchetniks (terme emprunté au
folklore héroïque de la Serbie), est
de tendance monarchiste et
nationaliste serbe.
- Tito pendant la
guerre -
Le second mouvement est celui de
Josip Broz, dit Tito,
l'un des animateurs de l'Internationale communiste à l'époque
de la guerre d'Espagne. Comme Tito, conseillé par Moscou, ne
donne pas à son mouvement une orientation ouvertement
communiste, mais entend lui conserver le caractère d'une large
coalition antifasciste, on peut envisager un accord tactique
entre les deux résistances. Cependant,
la rencontre des deux chefs en septembre 1941 ne donne
aucun résultat. L'offensive allemande contre les
partisans consacre la rupture. Tandis que les troupes de Tito,
chassées d'Uzice, s'enfuient vers les montagnes de Bosnie,
Mihajlovic sauve ses tchetniks de l'extermination en
négociant avec le gouvernement collaborateur de
Nedic. Il adoptera désormais une attitude
attentiste, plus enclin à combattre les
partisans titistes que les divisions allemandes.
- Représailles
contre les partisans yougoslaves -
Les années 1942 et 1943 sont
marquées par des combats acharnés en Bosnie, où les atrocités
de Pavelic contre la population
serbe et orthodoxe amènent à Tito de nouveaux partisans. Victorieux
en Bosnie centrale au début de 1942,
Tito crée à Bihac l'armée nationale
de libération et le Comité
yougoslave antifasciste de libération nationale. Mais
une contre-attaque allemande refoule les partisans vers le
Monténégro. La capitulation italienne de septembre
1943 renverse la situation. Le Comité national de libération
qui s'installe à Jajce a l'allure d'un gouvernement
provisoire et déjà s'ébauche un projet d'organisation fédérative
de la Yougoslavie libérée.
Cependant, Tito l'emporte également
sur son rival auprès des Alliés, et bénéficie depuis 1944
de leur aide exclusive. Le
roi Pierre II, réfugié
à Londres, le reconnaît comme chef de la résistance et
envisage la possibilité d'un gouvernement de coalition avec
le Comité de Jajce.
- Tito entre à
Belgrade en 1945, comme vainqueur -
C'est également avec Tito que
traite l'U.R.S.S. lorsque l'Armée rouge pénètre en
Yougoslavie et libère Belgrade en novembre
1944 avec le concours des partisans. Les
accords de Yalta préparent le compromis de mars
1945 qui fait de Tito le Premier ministre d'un gouvernement
royal. Compromis bientôt dépassé. En mai, les partisans
entrent à Zagreb et à Trieste. Les comités titistes détiennent
partout, de fait, le pouvoir local. Les ministres de Londres
donnent leur démission. Les élections du 11
novembre 1945 accordent à la liste unique du Front
populaire 90% des suffrages. Le 29 novembre, la
monarchie est abolie et la République populaire fédérative
de Yougoslavie proclamée.
Celle-ci retrouve ses frontières
de 1920 et reçoit en outre l'Istrie, Rijeka (ex-Fiume) et
Zadar. Il s'y ajoutera en 1954 l'essentiel du territoire libre
de Trieste (moins la ville elle-même) créé en 1947.