HISTOIRE DE LA YOUGOSLAVIE AU XXe SIÊCLE

Un bref rappel de l'histoire yougoslave, pour essayer de mieux comprendre ce qui  a mené aux conflits dévastateurs des années nonante, des premières manifestations nationales à l'intervention au Kosovo...

 

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L'occupation et la résistance

 
 

La résistance à l'occupation ennemie commence dès le printemps 1941 en Vieille-Serbie et s'affirme avec une force redoublée après l'invasion de l'U.R.S.S. Mais, dès les premiers jours aussi, elle se divise en deux mouvements rivaux. L'un, dirigé par le général Draja Mihajlovic qui a refusé de capituler en avril et poursuit la guérilla avec ses tchetniks (terme emprunté au folklore héroïque de la Serbie), est de tendance monarchiste et nationaliste serbe.

- Tito pendant la guerre -

Le second mouvement est celui de Josip Broz, dit Tito, l'un des animateurs de l'Internationale communiste à l'époque de la guerre d'Espagne. Comme Tito, conseillé par Moscou, ne donne pas à son mouvement une orientation ouvertement communiste, mais entend lui conserver le caractère d'une large coalition antifasciste, on peut envisager un accord tactique entre les deux résistances. Cependant, la rencontre des deux chefs en septembre 1941 ne donne aucun résultat. L'offensive allemande contre les partisans consacre la rupture. Tandis que les troupes de Tito, chassées d'Uzice, s'enfuient vers les montagnes de Bosnie, Mihajlovic sauve ses tchetniks de l'extermination en négociant avec le gouvernement collaborateur de Nedic. Il adoptera désormais une attitude attentiste, plus enclin à combattre les partisans titistes que les divisions allemandes.

- Représailles contre les partisans yougoslaves -

Les années 1942 et 1943 sont marquées par des combats acharnés en Bosnie, où les atrocités de Pavelic contre la population serbe et orthodoxe amènent à Tito de nouveaux partisans. Victorieux en Bosnie centrale au début de 1942, Tito crée à Bihac l'armée nationale de libération et le Comité yougoslave antifasciste de libération nationale. Mais une contre-attaque allemande refoule les partisans vers le Monténégro. La capitulation italienne de septembre 1943 renverse la situation. Le Comité national de libération qui s'installe à Jajce a l'allure d'un gouvernement provisoire et déjà s'ébauche un projet d'organisation fédérative de la Yougoslavie libérée.

Cependant, Tito l'emporte également sur son rival auprès des Alliés, et bénéficie depuis 1944 de leur aide exclusive. Le roi Pierre II, réfugié à Londres, le reconnaît comme chef de la résistance et envisage la possibilité d'un gouvernement de coalition avec le Comité de Jajce.

- Tito entre à Belgrade en 1945, comme vainqueur -

C'est également avec Tito que traite l'U.R.S.S. lorsque l'Armée rouge pénètre en Yougoslavie et libère Belgrade en novembre 1944 avec le concours des partisans. Les accords de Yalta préparent le compromis de mars 1945 qui fait de Tito le Premier ministre d'un gouvernement royal. Compromis bientôt dépassé. En mai, les partisans entrent à Zagreb et à Trieste. Les comités titistes détiennent partout, de fait, le pouvoir local. Les ministres de Londres donnent leur démission. Les élections du 11 novembre 1945 accordent à la liste unique du Front populaire 90% des suffrages. Le 29 novembre, la monarchie est abolie et la République populaire fédérative de Yougoslavie proclamée.

Celle-ci retrouve ses frontières de 1920 et reçoit en outre l'Istrie, Rijeka (ex-Fiume) et Zadar. Il s'y ajoutera en 1954 l'essentiel du territoire libre de Trieste (moins la ville elle-même) créé en 1947.

     

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