HISTOIRE DE LA YOUGOSLAVIE AU XXe SIÊCLE

Un bref rappel de l'histoire yougoslave, pour essayer de mieux comprendre ce qui  a mené aux conflits dévastateurs des années nonante, des premières manifestations nationales à l'intervention au Kosovo...

 

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La formation de la Yougoslavie

 
 

Tandis que la Serbie, malgré l'héroïsme de son armée, est écrasée en 1915, les Slaves de la Monarchie gardent une attitude apparemment loyale à l'égard des Habsbourg. Le leader slovène, Mgr Korosec, se prononce, dans la déclaration de mai 1917, en faveur de la création d'un État yougoslave à l'intérieur de l'Empire habsbourgeois

Pourtant, un groupe d'exilés politiques réunis à Londres autour de Trumbic envisage déjà l'indépendance totale. Mais que pèserait cette indépendance face aux convoitises étrangères? L'Italie ne s'est-elle pas fait promettre par les Alliés (traité de Londres de 1915) l'Istrie et la Dalmatie du Nord? Cela conduit, au-delà de l'indépendance, à rechercher l'union avec le royaume de Serbie, idée qui inspire la déclaration de Corfou du 20 juillet 1917, signée par le ministre serbe Nikola Pasic et le président du Comité yougoslave de Londres, et qui prévoit l'union des Serbes, des Croates et des Slovènes sous la dynastie des Karagjorgjevic.

L'effondrement militaire de l'Autriche-Hongrie permet l'apparition d'un troisième interlocuteur, le Comité national de Zagreb, formé par Mgr Korosec et le Serbe Pribicevic, véritable gouvernement provisoire dont l'autorité est reconnue par tous les Slaves de la Monarchie. Les délégués de Zagreb rencontrent à Paris et à Genève ceux du royaume serbe et du Comité de Londres. Sous la pression des Alliés (Wilson est très favorable à la création d'une Yougoslavie, de même que le gouvernement français), ils se rallient à leur tour au projet de Corfou (déclaration du 23 novembre 1918). Au même moment, Serbie et Monténégro fusionnaient après la déposition du roi du Monténégro Nicolas Ier.

 

Le 1er décembre 1918, le régent Alexandre (Pierre Ier, malade, mourra en 1921) reçoit les délégués de Zagreb et proclame la formation du royaume des Serbes, Croates et Slovènes. Royaume né dans l'enthousiasme, mais dans la hâte et dans une relative confusion. Les Slaves de l'ancienne monarchie pensent adhérer à un royaume constitutionnel et démocratique, faisant une place égale à toutes les langues et à toutes les religions.

Mais il y a la fausse note qu'introduit le leader du puissant Parti paysan croate, Stjepan Radic, pour qui la Yougoslavie sera une république agrarienne ou ne sera pas. D'autre part est-on bien sûr que Pasic ne poursuit pas, sous une forme modifiée et élargie, le rêve de Grande-Serbie qui lui a toujours tenu à cœur?

Les frontières du nouveau royaume sont définies par les traités de Saint-Germain, du Trianon, de Neuilly et de Rapallo, qui rassemblent, autour de la Serbie et du Monténégro de 1914, la Carniole, la Croatie-Slavonie, la Dalmatie, la Bosnie-Herzégovine, la Backa et le Banat occidental et prévoient quelques petites ratifications aux dépens de la Bulgarie. Le royaume, qui rassemble quelque 12 millions d'habitants, y compris d'importantes minorités allemande, roumaine, hongroise (dans le Banat notamment) ou albanaise (dans la plaine de Kosovo), déçoit cependant les Yougoslaves sur un point: il a fallu abandonner à l'Italie l'Istrie et Zara (Zadar) en attendant que soit sanctionné, en 1924, le coup de force italien sur Fiume (Rijeka). Par ailleurs, le plébiscite en Carinthie méridionale est favorable à l'Autriche malgré la présence d'une forte minorité slovène.

  - Alexandre Ier de Yougoslavie -

 
     

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