Nous
avons vu qu'en novembre 1923 la
grande coalition constituée par
Stresemann éclate de la désaffection
de son aile droite
nationale-allemande et de son aile
gauche SPD.
Marx ne peut alors
espérer gouverner
sans l'appui du
SPD ou des nationaux Allemands.
C'est pour trouver une majorité que
Marx dissout le Reichstag et
provoque de nouvelles élections en
mai 1924. On assiste à un
renforcement des extrêmes. Nouvelle
dissolution en décembre mais la
République en sort consolidée. A
partir de 1925, encouragée par les
résultats électoraux, la droite
conservatrice connaît une véritable
renaissance. L'élection
présidentielle de 1925, provoquée
par la mort d'Ebert va accentuer la
poussée à droite. Désormais, la
droite conservatrice va pousser le
vieux maréchal monarchiste à
infléchir le régime dans le sens du
retour au Reich de Guillaume II.
Un
petit regard en arrière
Au début du Reich , les partis
politiques en tant que grands
mouvements nationaux structurés
n'existent pas ; il faudrait
d'avantage parler de comités
électoraux , ceci se comprend,
les
Partis n'intervenaient pas dans la
désignation des détenteurs de
l'Exécutif; d'ailleurs les Allemands
attachaient très peu d'importance à
la chose et à la pratique politique
:il faudra attendre la fin du siècle
pour que les électeurs prennent
conscience de l'importance de l'acte
de voter. L'échiquier politique
allemand se divise en quatre grand
courants , les Libéraux , les
conservateurs , les Parti catholique
et les courants socialistes.
La majorité est détenue par trois
partis :
Le
SPD
Le SPD , qui est le plus important
jusqu'en 1933.
Fondé au Congrès de Gotha les 22 et
27 Mai 1875 à la suite de la fusion
des deux courants principaux,
lassallien et marxiste. Les deux
fondateurs en sont
W. Liebknecht
1826-1900 et A. Bebel
1840-1903.
Le programme :
socialisme démocratique fondé
sur le S.U ; tout en maintenant
une référence au marxisme ,
l'interprétation révisionniste ;
après la Révolution russe les deux
représentants des deux courants se
réunissent dans une même
condamnation du léninisme ;ils ne
nient pas la lutte des classes mais
affirment que ce n'est pas un
objectif essentiel du parti ,
l'essentiel réside dans des
réformes.
La position favorable du SPD à
l'expansion coloniale prétextant
qu'elle donnera du travail aux
ouvriers; sans état d'âme la sociale
démocratie vote les crédits de
guerre et soutient la politique
impériale.
De Novembre 1923 à juin 1929 le SPD
reste sans responsabilité
gouvernementale mais les
gouvernements en place ont besoin de
son soutien pour réaliser leur
politique. Le SPD
regroupe près d'un tiers des voix.
Il se refuse à répudier le marxisme
(ce qu'il fera en 1961 lors du
Congrès de Bade Godersberg). Le
parti est renforcé par des
organisation de masse, tel le ADGB
(syndicat ouvrier) ou la bannière du
Reich (mouvement d'anciens
combattants de gauche). Tous
s'accordent à vouloir former un
socialisme réformiste. De plus ils
acceptent le traité de Versailles.
Le Zentrum
Le
Zentrum
est l'un des plus anciens parti. Il
représente environ 15 à 20 % des
voix. Il s'agit d'un parti
interclassiste : on y trouve des
ouvriers, des industriels
libéraux...). Le Zentrum défend le
régime parlementaire, adopte une
politique sociale calquée sur l'
encyclique de Leon XIII, Rerum
Novarum. On y distingue deux
courants principaux: le
premier est libéral (Erzberger)
l'autre conservateur (Heinrich
Brüning, Franz Von Papen).
Le parti démocrate ( DDP )
Le
DDP
est un parti de centre-droit s'attachant à la défense de la
république, au régime parlementaire
et à la laïcité. On y retrouve la
classe moyenne et la bourgeoisie
libérale ainsi que de grandes
figures telles que
Walter Rathenau
et Max Weber.
L' opposition parlementaire
Elle est représentée par deux partis : le DVP et le DNVP. Le
DVP (le parti populiste allemand)
attire les industriels ainsi que la
sphère de la haute finance. C'est la
parti de Fritz Thyssen, de Gustav
Stresemann et du Docteur Hjalmar
Schacht. Il s'agit d'un parti
nationaliste (il était monarchiste à
l'origine) et fut hostile au traité
de Versailles. Le DNVP (parti
nationaliste allemand) est
monarchiste, antirépublicain,
anti-traité de Versailles et ...
antisémite. Le DNVP est
particulièrement développé en
Allemagne de l' Est. Il attire les
officiers et las anciens
fonctionnaires de Reich. Il s'appuie
sur des mouvements comme celui des
Casques d' Acier (anciens
combattants, parmi lesquels on
compte Hindenburg).
L'opposition extraparlementaire
Les communistes: Ceux-ci ne sont pas en accords avec les
bolchevicks russes sur la conception
du parti. L'extrême droite apparaît sous divers formes : Les corps
francs composés d'anciens
combattants anti-communistes,
anti-français, anti-Versailles...
Ils s'organisent en sociétés
secrètes. Deux groupes se
distinguent : Balticum (favorable à
une grande Allemagne ) et Consul.
Tous sont unis par la théorie du
"coup de poignard dans le dos" et
clament que l'Allemagne a été trahis
par de "mauvais Allemands". Il
existe également le DAP (le parti
des travailleurs allemands fondé par
Dexter dans lequel Hitler entrera en
septembre 1919.
Les
élections de 1928
Ces
élections permettent de mettre en
relief le recul de la droite et la
victoire de la gauche.
En juin 1928 c'est un des sien qui
devient Chancelier
H. Müller.
Globalement, l'électorat s'est
prononcé pour la République. En
réalité, l'arrivée au pouvoir du SPD
ne modifie en rien la politique
poursuivie et l'état des forces dans
la République. Müller finit par
reprendre à son compte la politique
de ses prédécesseurs.
Dès mars1930, avec l'arrivée de
Brüning à la Chancellerie, le SPD se
maintient dans une opposition
nuancée face au début des violences
nazies tant sa crainte de la
révolution, du communisme ou de
l'anarchie est grande ; il votera
pour la réélection du vieux maréchal
Hindenburg.