LA RÉPUBLIQUE DE WEIMAR

La République de Weimar est le nom donné au régime politique que connut l'Allemagne de 1919 à 1933, parce que l'Assemblée qui vota la Constitution se réunit dans cette ville. L'Allemagne allait devenir un État parlementaire et dès le 11 novembre 1918, il n'y avait plus ni empereur ni Empire.

 

Retour au sommaire

Sommaire >>> Histoire Contemporaine >>> La République de Weimar

Socialistes ou conservateurs ?

 
 

Nous avons vu qu'en novembre 1923 la grande coalition constituée par Stresemann éclate de la désaffection de son aile droite nationale-allemande et de son aile gauche SPD.  Marx ne peut alors espérer gouverner sans l'appui du SPD ou des nationaux Allemands. C'est pour trouver une majorité que Marx dissout le Reichstag et provoque de nouvelles élections en mai 1924. On assiste à un renforcement des extrêmes. Nouvelle dissolution en décembre mais la République en sort consolidée. A partir de 1925, encouragée par les résultats électoraux, la droite conservatrice connaît une véritable renaissance. L'élection présidentielle de 1925, provoquée par la mort d'Ebert va accentuer la poussée à droite. Désormais, la droite conservatrice va pousser le vieux maréchal monarchiste à infléchir le régime dans le sens du retour au Reich de Guillaume II.

Un petit regard en arrière

Au début du Reich , les partis politiques en tant que grands mouvements nationaux structurés n'existent pas ; il faudrait d'avantage parler de comités électoraux , ceci se comprend, les Partis n'intervenaient pas dans la désignation des détenteurs de l'Exécutif; d'ailleurs les Allemands attachaient très peu d'importance à la chose et à la pratique politique :il faudra attendre la fin du siècle pour que les électeurs prennent conscience de l'importance de l'acte de voter. L'échiquier politique allemand se divise en quatre grand courants , les Libéraux , les conservateurs , les Parti catholique et les courants socialistes. La majorité est détenue par trois partis :

Le SPD

Le SPD , qui est le plus important jusqu'en 1933. Fondé au Congrès de Gotha les 22 et 27 Mai 1875 à la suite de la fusion des deux courants principaux, lassallien et marxiste. Les deux fondateurs en sont W. Liebknecht 1826-1900 et A. Bebel 1840-1903.

Le programme : socialisme démocratique fondé sur le S.U ; tout en maintenant une référence au marxisme , l'interprétation révisionniste ; après la Révolution russe les deux représentants des deux courants se réunissent dans une même condamnation du léninisme ;ils ne nient pas la lutte des classes mais affirment que ce n'est pas un objectif essentiel du parti , l'essentiel réside dans des réformes. La position favorable du SPD à l'expansion coloniale prétextant qu'elle donnera du travail aux ouvriers; sans état d'âme la sociale démocratie vote les crédits de guerre et soutient la politique impériale.

De Novembre 1923 à juin 1929 le SPD reste sans responsabilité gouvernementale mais les gouvernements en place ont besoin de son soutien pour réaliser leur politique. Le SPD regroupe près d'un tiers des voix. Il se refuse à répudier le marxisme (ce qu'il fera en 1961 lors du Congrès de Bade Godersberg). Le parti est renforcé par des organisation de masse, tel le ADGB (syndicat ouvrier) ou la bannière du Reich (mouvement d'anciens combattants de gauche). Tous s'accordent à vouloir former un socialisme réformiste. De plus ils acceptent le traité de Versailles.

Le Zentrum

Le Zentrum est l'un des plus anciens parti. Il représente environ 15 à 20 % des voix. Il s'agit d'un parti interclassiste : on y trouve des ouvriers, des industriels libéraux...). Le Zentrum défend le régime parlementaire, adopte une politique sociale calquée sur l' encyclique de Leon XIII, Rerum Novarum. On y distingue deux courants principaux:  le premier est libéral (Erzberger) l'autre conservateur (Heinrich Brüning, Franz Von Papen).

Le parti démocrate ( DDP )

Le DDP est un parti de centre-droit s'attachant à la défense de la république, au régime parlementaire et à la laïcité. On y retrouve la classe moyenne et la bourgeoisie libérale ainsi que de grandes figures telles que Walter Rathenau et Max Weber.

L' opposition parlementaire

Elle est représentée par deux partis : le DVP et le DNVP. Le DVP (le parti populiste allemand) attire les industriels ainsi que la sphère de la haute finance. C'est la parti de Fritz Thyssen, de Gustav Stresemann et du Docteur Hjalmar Schacht. Il s'agit d'un parti nationaliste (il était monarchiste à l'origine) et fut hostile au traité de Versailles. Le DNVP (parti nationaliste allemand) est monarchiste, antirépublicain, anti-traité de Versailles et ... antisémite. Le DNVP est particulièrement développé en Allemagne de l' Est. Il attire les officiers et las anciens fonctionnaires de Reich. Il s'appuie sur des mouvements comme celui des Casques d' Acier (anciens combattants, parmi lesquels on compte Hindenburg).

L'opposition extraparlementaire

Les communistes: Ceux-ci ne sont pas en accords avec les bolchevicks russes sur la conception du parti. L'extrême droite apparaît sous divers formes : Les corps francs composés d'anciens combattants anti-communistes, anti-français, anti-Versailles... Ils s'organisent en sociétés secrètes. Deux groupes se distinguent : Balticum (favorable à une grande Allemagne ) et Consul. Tous sont unis par la théorie du "coup de poignard dans le dos" et clament que l'Allemagne a été trahis par de "mauvais Allemands". Il existe également le DAP (le parti des travailleurs allemands fondé par Dexter dans lequel Hitler entrera en septembre 1919.


Les élections de 1928

Ces élections permettent de mettre en relief le recul de la droite et la victoire de la gauche. En juin 1928 c'est un des sien qui devient Chancelier H. Müller. Globalement, l'électorat s'est prononcé pour la République. En réalité, l'arrivée au pouvoir du SPD ne modifie en rien la politique poursuivie et l'état des forces dans la République. Müller finit par reprendre à son compte la politique de ses prédécesseurs. Dès mars1930, avec l'arrivée de Brüning à la Chancellerie, le SPD se maintient dans une opposition nuancée face au début des violences nazies tant sa crainte de la révolution, du communisme ou de l'anarchie est grande ; il votera pour la réélection du vieux maréchal Hindenburg.

     

Page précédente

Page suivante

 
 
 

Sources :

 - Peukert, La République de Weimar, Années de Crises de la Modernité, Aubier, Paris, 1995.

- Richard L., La Vie quotidienne sous la République de Weimar, Hachette, Paris, 1983.

- Thalmann R., La République de Weimar, collection "Que Sais-Je ?", P.U.F., Paris, 1986.

- Encyclopédie Universalis © 1998 Encyclopædia Universalis France S.A. 

- Dictionnaire historique, D.Vallaud. Fayard 1995

- Nicolas Chalmin, Textes sur la République de Weimar

- Encyclopédie Hachette, éd.2001

 
Copyright © Yannick RUB