LA RÉPUBLIQUE DE WEIMAR

La République de Weimar est le nom donné au régime politique que connut l'Allemagne de 1919 à 1933, parce que l'Assemblée qui vota la Constitution se réunit dans cette ville. L'Allemagne allait devenir un État parlementaire et dès le 11 novembre 1918, il n'y avait plus ni empereur ni Empire.

 

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La situation politique et la stabilisation économique

 
 

De 1924 à 1930, la restauration des finances et la relance de l'activité économique semblent assurer un moment une certaine stabilité politique (la République de Weimar connaîtra tout de même 19 gouvernements jusqu'à l'instauration du nazisme). Le régime parlementaire fonctionne régulièrement; le maréchal Hindenburg est élu président de la République en avril 1925; des ministères de coalition gouvernent, avec à leur tête, des hommes politiques du centre (Max Luther, Otto Stresemann) ou de gauche (Hermann Müller). Le calme revient donc à l'intérieur et l'épineuse question des réparations étant provisoirement réglée, le pays peut retrouver sa place dans le concert des nations. Le régime de Weimar semble solidement assis. En 1924, le plan Dawes et la réintroduction du Reichsmark permettent à l'Allemagne de stabiliser la situation : les investissements reprennent, assurant la modernisation des moyens de production. Les salaires, les exportations et les chiffres de production de 1926 égalent voire dépassent ceux d'avant-guerre. En 1929, le plan Young permet également un nouvel élan. La normalisation des relations diplomatiques, notamment avec l'Union Soviétique (traité de Rapallo, 1922) et la France (traité de Locarno, 1925), due à la politique étrangère de Gustav Stresemann, facilitant, en 1926, l'admission de l'Allemagne dans la Société des Nations.

La légalité et le calme sont rétablis en même temps que la monnaie. L'assainissement monétaire est réalisé. Dans le but de mettre fin au chaos en Allemagne, les Etats-Unis songeaient à un règlement des réparations qui permettrait à la fois à l'Allemagne de bénéficier des crédits américains et à la France de toucher les réparations. Après 1923, débuta une nouvelle phase de rationalisation et de concentration de l'industrie allemande. La cause fondamentale de la prospérité tient aux investissements massifs de capitaux étrangers. Le plan Dawes ne fixe pas de montant global mais des versements annuels. En 1924-1925, l'Allemagne, encore sous le choc de l'inflation, ne paiera que 200 millions de Marks et recevra un prêt international de 8000 milliards de Marks à utiliser pour la reconstruction des régions sinistrées en France et en Belgique ainsi qu'au remboursement des dettes alliées aux Etats-Unis. Avec l'entrée en vigueur du plan Dawes et le rétablissement d'une monnaie stable s'amorce une reprise économique qui ne profite cependant pas également à toutes les catégories sociales puisque les classes moyennes eurent à souffrir des conditions parfois très dures.

En novembre 1923, la grande coalition constituée par Stresemann éclate de la désaffection de son aile droite nationale-allemande et de son aile gauche SPD. Marx, le nouveau chef de la fraction conservatrice du Zentrum constitue alors un ministère " bourgeois " : Populistes, Zentrum, Démocrates. Mais il ne peut espérer gouverner sans l'appui du SPD ou des nationaux Allemands. C'est pour trouver une majorité que Marx dissout le Reichstag et provoque de nouvelles élections en mai 1924. On assiste à un renforcement des extrêmes. Nouvelle dissolution en décembre mais la République en sort consolidée. A partir de 1925, encouragée par les résultats électoraux, la droite conservatrice connaît une véritable renaissance. L'année 1925 marque un tournant capital pour la jeune République de Weimar : le Président Friedrich Ebert meurt et il est remplacé par l'ultra conservateur von Hindenburg, nostalgique de l'Empire, lequel obtient donc les importants pouvoirs que lui confère la constitution, notamment celui d'autoriser seul le chancelier à gouverner par décret et celui de dissoudre l'assemblée.

Sur le plan international aussi, les années 1924-1928 sont des celles d'une stabilité retrouvée, notamment grâce à la présence (de 1923 à 1929) de Gustav Stresemann (DVP) au poste de ministre des Affaires Étrangères. C'est lui qui obtiendra l'entrée de l'Allemagne à la SDN (Société des Nations), le 9 septembre 1926. L'Allemagne renaît donc économiquement grâce à l'arrivée de capitaux américains. L'économie de l' Allemagne s'internationalise. Un empire industriel est en construction , des regroupements s'opèrent dans le domaine de la chimie , IG Farden regroupe BASF, Bayer, Hoescht ; des personnalités déjà importante s'imposent encore plus: Thyssen, Krupp...

Mais il reste des éléments de fragilité :

- Les faiblesses structurelles de l'économie: L'économie allemande est prospère mais dépendante. La fermeture du marché russe en 1928 , suite à la renonciation à la NEP par Staline, entraîne divers conséquences et notamment celle qu'une frange du monde politique et économique pense qu'il faut revoir les traités, seul moyen pour redonner à l' Allemagne un marché économique perdu.

- Les courants extrémistes: Sous l'impulsion de Willi Münzenberg, le parti communiste se développe. Il attire de nombreux intellectuels dont Brecht, Picator, Weil, Einstein... L'extrémisme nazi connaît aussi un certain essor.

- Le désespoir de certains intellectuels les pousse à une position ultra-nationaliste : Oswald Spengler dans Le Declin de l' Occident distingue trois phase dans l'histoire, la troisième devant être fondée sur les valeurs germaniques. Moeller Van Den Bruck estime qu'il faut un troisième Reich né d'une révolution conservatrice. Les milieux universitaires sont aussi touchés, l'exemple le plus fameux est celui de Martin Heidegger.

     

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Sources :

 - Peukert, La République de Weimar, Années de Crises de la Modernité, Aubier, Paris, 1995.

- Richard L., La Vie quotidienne sous la République de Weimar, Hachette, Paris, 1983.

- Thalmann R., La République de Weimar, collection "Que Sais-Je ?", P.U.F., Paris, 1986.

- Encyclopédie Universalis © 1998 Encyclopædia Universalis France S.A. 

- Dictionnaire historique, D.Vallaud. Fayard 1995

- Nicolas Chalmin, Textes sur la République de Weimar

- Encyclopédie Hachette, éd.2001

 
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