De 1924
à 1930, la restauration des finances
et la relance de l'activité
économique semblent assurer un
moment une certaine
stabilité
politique (la République de Weimar
connaîtra tout de même 19
gouvernements jusqu'à l'instauration
du nazisme). Le régime parlementaire
fonctionne régulièrement; le
maréchal Hindenburg est élu
président de la République en
avril 1925; des ministères de
coalition gouvernent, avec à leur
tête, des hommes politiques du
centre (Max Luther,
Otto Stresemann)
ou de gauche (Hermann Müller). Le
calme revient donc à l'intérieur et
l'épineuse question des réparations
étant provisoirement réglée, le pays
peut retrouver sa place dans le
concert des nations. Le régime de
Weimar semble solidement assis.
En 1924, le plan Dawes et
la réintroduction du Reichsmark
permettent à l'Allemagne de
stabiliser la situation : les
investissements reprennent, assurant
la modernisation des moyens de
production. Les salaires, les
exportations et les chiffres de
production de 1926 égalent voire
dépassent ceux d'avant-guerre. En
1929, le plan Young permet également
un nouvel élan.
La
normalisation des relations
diplomatiques, notamment avec
l'Union Soviétique (traité de
Rapallo, 1922) et la France (traité
de Locarno, 1925), due à la
politique étrangère de
Gustav
Stresemann, facilitant, en 1926,
l'admission de l'Allemagne dans la
Société des Nations.
La
légalité et le calme sont rétablis
en même temps que la monnaie.
L'assainissement monétaire est
réalisé. Dans le but de mettre fin
au chaos en Allemagne, les
Etats-Unis songeaient à un règlement
des réparations qui permettrait à la
fois à l'Allemagne de bénéficier des
crédits américains et à la France de
toucher les réparations. Après 1923,
débuta une nouvelle phase de
rationalisation et de concentration
de l'industrie allemande. La cause
fondamentale de la prospérité tient
aux investissements massifs de
capitaux étrangers. Le plan Dawes ne
fixe pas de montant global mais des
versements annuels. En 1924-1925,
l'Allemagne, encore sous le choc de
l'inflation, ne paiera que 200
millions de Marks et recevra un prêt
international de 8000 milliards de
Marks à utiliser pour la
reconstruction des régions
sinistrées en France et en Belgique
ainsi qu'au remboursement des dettes
alliées aux Etats-Unis. Avec
l'entrée en vigueur du plan Dawes et
le rétablissement d'une monnaie
stable s'amorce une reprise
économique qui ne profite cependant
pas également à toutes les
catégories sociales puisque les
classes moyennes eurent à souffrir
des conditions parfois très dures.
En
novembre 1923, la grande coalition
constituée par Stresemann éclate de
la désaffection de son aile droite nationale-allemande et de son aile
gauche SPD.
Marx, le nouveau chef
de la fraction conservatrice du Zentrum constitue alors un ministère
" bourgeois " : Populistes, Zentrum,
Démocrates. Mais il ne peut espérer
gouverner sans l'appui du SPD ou des
nationaux Allemands. C'est pour
trouver une majorité que Marx
dissout le Reichstag et provoque de
nouvelles élections en mai 1924. On
assiste à un
renforcement des
extrêmes. Nouvelle dissolution en
décembre mais la République en sort
consolidée. A partir de 1925,
encouragée par les résultats
électoraux, la droite conservatrice
connaît une véritable renaissance.
L'année 1925 marque un tournant
capital pour la jeune République de
Weimar : le Président
Friedrich
Ebert meurt et il est remplacé par
l'ultra conservateur von Hindenburg, nostalgique de
l'Empire, lequel obtient donc les
importants pouvoirs que lui confère
la constitution, notamment celui
d'autoriser seul le chancelier à
gouverner par décret et celui de
dissoudre l'assemblée.
Sur le plan international aussi, les
années 1924-1928 sont des celles
d'une stabilité retrouvée, notamment
grâce à la présence (de 1923 à 1929)
de Gustav Stresemann (DVP) au poste
de ministre des Affaires Étrangères.
C'est lui qui obtiendra l'entrée de
l'Allemagne à la SDN (Société des
Nations), le 9 septembre 1926.
L'Allemagne renaît donc économiquement grâce à l'arrivée de
capitaux américains.
L'économie de
l' Allemagne s'internationalise. Un
empire industriel est en
construction , des regroupements
s'opèrent dans le domaine de la
chimie , IG Farden regroupe BASF,
Bayer, Hoescht ; des personnalités
déjà importante s'imposent encore
plus: Thyssen, Krupp...
Mais il reste des éléments de fragilité :
-
Les faiblesses structurelles de l'économie: L'économie
allemande est prospère mais
dépendante. La fermeture du marché
russe en 1928 , suite à la
renonciation à la NEP par
Staline,
entraîne divers conséquences et
notamment celle qu'une frange du
monde politique et économique pense
qu'il faut revoir les traités, seul
moyen pour redonner à l' Allemagne
un marché économique perdu.
-
Les courants extrémistes: Sous l'impulsion de Willi
Münzenberg, le parti communiste se
développe. Il attire de nombreux
intellectuels dont Brecht, Picator,
Weil, Einstein... L'extrémisme nazi
connaît aussi un certain essor.
- Le désespoir de certains
intellectuels les pousse à une
position ultra-nationaliste : Oswald
Spengler dans Le Declin de l'
Occident distingue trois phase
dans l'histoire, la troisième devant
être fondée sur les valeurs
germaniques. Moeller Van Den Bruck
estime qu'il faut un troisième
Reich né d'une révolution
conservatrice. Les milieux
universitaires sont aussi touchés,
l'exemple le plus fameux est celui
de Martin
Heidegger.