Le
bilan de la guerre est très lourd.
D'une part les pertes financières
sont vertigineuses, et d'autre part
l'Allemagne est amputée de
territoires de haute valeur
économique. Elle est en effet
contrainte de céder de riches
régions industrielles et agricoles
comme l'Alsace-Lorraine, la Silésie,
le nord du Schleswig. La "nouvelle
Allemagne" perd 10 à 15 % de ses
productions agricoles, 75 % de son
minerai de fer, 30 % de sa
production de fonte, 25 % de son
acier et de son charbon. A ces
pertes s'ajoutent les livraisons
exigées par les vainqueurs :
matériels de transports ( 5 000
locomotives, 15 000 wagons, 5 000
camions, la majeure partie de la
flotte commerciale, 25 % de la
flotte de pêche, 20 % de la batterie
fluviale ), ainsi que du charbon.
Ces
pertes aggravent le déficit de la
balance commercial. Et il ne faut
pas oublier de compter les pertes
humaines, soit près de six millions
de personnes. La mobilisation
industrielle durant la guerre a
provoqué l'usure du matériel et la
chute de la production, la
diminution des deux tiers du
cheptel. L'endettement de l'Etat
provoque une inflation permanente et
la dépréciation de la monnaie de 50
% de sa parité or dès 1918.
Dès
l'abolition de la dictature
économique de guerre, la hausse des
prix se déchaîne. La dette publique
est passée de 32 à 185 milliards de
marks. En juillet 1921, le mark-or
vaut 10 marks-papier, il en vaudra
45 en novembre 1921. Au début de
juin 1922, le dollar vaut 317 marks
et en août le dollar cote déjà 1135
marks; à la fin de l'année il en
vaudra 8000. Bientôt tout étalon de
mesure disparaît.
Le ticket de métro à Berlin coûtait,
en 1918, 10 centimes, au début de
l'année 1923 il vaut 50 marks, en
août 10 000, en octobre 2 000 000...
et fin novembre le prix du ticket
s'élevait à 150 000 000 000 Le crise
financière ne pouvait que dégénérer
en crise sociale .
La
crise de 1923
Le
budget du Reich connaît un déficit
de 31 milliard de Marks de 1919 à
1923. D'où une dépréciation
catastrophique de la monnaie
allemande entre 1922 et 1923. C'est
la "Grande Dépression" qui ruine
l'épargne de la classe moyenne
bourgeoise qui soutenait
électoralement les
sociaux-démocrates. Le SPD appelle à
la résistance passive dans la Ruhr,
et il se voit contraint à une grande
alliance avec les libéraux du DDP
(Deutsche Demokratische Partei), le
Zentrum catholique et les populistes
du DVP (Deutsche Volkspartei).