Les
Allemands, tous courants confondus,
condamnèrent passionnellement le
traité
signé à
Versailles le 28 juin.
Le texte du traité comprend
440
articles en 15 parties. Les clauses
territoriales amputent l'Allemagne
de 10 % de son territoire. Les
troupes françaises, belges,
anglaises, américaines occupent la
rive gauche du Rhin. Le gouvernement
du Reich doit en outre effectuer des
livraisons de marchandises ou des
paiements pour 20 milliards de Mark-or à titre de provision.
Le traité de Versailles consacrait
le retour de l'Alsace-Lorraine à la
France, la cession du territoire
d'Eupen-Malmédy à la Belgique. La
Pologne ressuscitée recevait un
accès à la mer par un « couloir »
entre l'Allemagne et la Prusse
orientale et par Dantzig, détaché du
Reich, qui devenait une « ville
libre » sous la protection de la
Société des Nations. Les colonies
allemandes étaient distribuées à la
France, à l'Angleterre, à la
Belgique, à la Nouvelle-Zélande, à
l'Australie et au japon qui les
administreront à titre de «
mandataires » de la Société des
Nations.
Les clauses militaires réduisaient
l'armée allemande à 100 000 hommes,
établissaient une zone démilitarisée
de 50 km de largeur sur la rive
droite du Rhin; la rive gauche sera
occupée pendant 15 ans par les
Alliés; le désarmement allemand sera
contrôlé par une commission
interalliée.
Les
clauses économiques prévoyaient que
l'Allemagne paierait le montant des
dommages matériels subis par les
Alliés lorsque ce montant aurait été
fixé par la « Commission des
réparations »; elle livrerait en
outre des réparations en nature. Les
frontières occidentales de
l'Allemagne étaient aussi réglées.
Celles de l'Est, en revanche, ne
l'étaient pas; le sort de la Haute-Silésie, par exemple, n'était
pas fixé. Un article spécial
(l'article 231) attribuait à
l'Allemagne la responsabilité
d'avoir, par son agression, provoqué
la guerre.
Notons
l'absence de toute participation
allemande aux discussions
préparatoires. Ce traité résulte
d'âpres marchandages au sein du
Conseil des Quatres, réduit à
trois après le retrait de l'Italien
Orlando, il est donc encore composé
de Wilson, de
Lyod George
et de
Clemenceau. Refusant de parapher le
traité, Scheidemann présente la
démission de son gouvernement. Ce
sera au gouvernement
Bauer de donner
son aval au traité.
La perte
de confiance de la population dans
les partis républicain se manifeste
clairement lors des élections de
juin 1920 au premier Reichstag.