LA RÉPUBLIQUE DE WEIMAR

La République de Weimar est le nom donné au régime politique que connut l'Allemagne de 1919 à 1933, parce que l'Assemblée qui vota la Constitution se réunit dans cette ville. L'Allemagne allait devenir un État parlementaire et dès le 11 novembre 1918, il n'y avait plus ni empereur ni Empire.

 

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Election et guerre civile

 
 

Nous venons de voir que l'assemblée composée de socialistes, de sociaux-démocrates du SPD, de socialistes indépendants et de partis de droite (conservateurs, populistes, centristes et démocrates), se réunit du 6 février 1919 au 21 mai 1920 au Théâtre national de Weimar, puis à Berlin à partir du 30 septembre 1919.

Dès le début des discussions, ses membres reconnaissent qu'ils doivent s'unir (c'est ce que l'on nommera la coalition de Weimar) pour gouverner. Le 6 février 1919, ils élisent Friedrich Ebert président du Reich; ils acceptent, le 22 juin, le traité de Versailles et votent, le 11 août 1919, la Constitution de Weimar. Mais avant cela, la République eut a affronté le mécontentement populaire. Nous avons déjà vu que de nombreux mécontents s'étaient manifestés; Berlin et Munich sont parcourues par des camions bondés de marins et de soldats qui brandissent des drapeaux rouges. Pour ne pas être débordés, les socialistes-majoritaires décrètent une grève générale. Les régiments réputés fidèles se joignent aux grévistes. Après l'abdication de Guillaume II, le 28 novembre 1918, ce sont, près de 10 000 soviets locaux qui sont constitués.

La capitale est également remplie de soldats licenciés, en uniforme et sans travail. Beaucoup d'entreprises chôment. Dans celles qui ne sont pas fermées, des grèves éclatent au moindre prétexte. L'inflation fait monter les prix. Le 31 décembre 1918, les spartakistes se transforment en parti révolutionnaire communiste.

Les 5 et 6 janvier 1919, les groupes de choc formés par l'extrême gauche occupent la préfecture de police, les gares, les imprimeries. Des gouvernements communistes sont installés dans les ports. L'assemblée constituante fut pourtant élue le 19 janvier ; elle se réunit à Weimar,  lieu plus sûr que Berlin en raison des troubles. Elle élut Friedrich Ebert Président de la République et forma une coalition gouvernementale composée du SPD (sociaux-démocrates), du DDP (libéraux) et du Zentrum (centre), qui devait faire face aux difficultés de l’après-guerre et préparer une Constitution.

A peine reformé, le grand corps du Reich commença à se disloquer. Il fallait agir partout à la fois. Les décrets de Weimar sont bafoués. Le 3 mars, une nouvelle insurrection communiste éclate à Berlin. Des barricades s'élèvent. La bataille fait rage pendant dix jours autour de la préfecture de police. On compte 1200 morts et plus de 10 000 blessés. Mais les troupes gouvernementales sont victorieuses. Soixante mille hommes marchent sur Munich et reprennent la ville. La répression est effroyable. Cinq cents communistes sont fusillés. Le Reich sort de la crise intérieure, épuisé, pantelant, mais politiquement intact.

Le 23 juin, l'assemblée constituante accepta le traité de paix, il fut signé à Versailles le 28 juin. L'Allemagne dut reconnaître son entière responsabilité pour la guerre (art. 231), et dut de ce fait se soumettre aux exigences des vainqueurs : perte de territoires, démilitarisation, paiement de réparations. Ce fut une humiliation pour les Allemands, qui considérèrent ce traité comme un Diktat. Le 31 juillet fut votée la Constitution de Weimar. Le nouveau régime fut mal accepté par beaucoup d'Allemands, certains étant restés fidèles à la monarchie, d'autres souhaitant un État communiste.

En mars 1920 un dernier sursaut révolutionnaire eut lieu, dans la Ruhr. Début avril, l'armée réoccupe la Ruhr et se livre à une sanglante répression des insurrections ouvrières. En mars-avril 1920, on assiste à des combats sporadiques dans la région de Halle et Mansfeld entre ouvriers et police. La persistance de l'agitation provoque un glissement à droite aux élections de 1920. Nous y reviendrons.

L'étude de la révolution a montré que seule une petite minorité animée par les spartakistes était prête à choisir une forme nouvelle d'État calquée sur le modèle léniniste. Socialistes majoritaires et syndicats rallièrent les masses à ce qui était leur objectif : un socialisme réformiste, démocratique et pacifiste. La république de Scheidemann répondait à ce voeu. Mais le heurt avec la minorité révolutionnaire fut violent entraînant le SPD au pouvoir à rechercher l'appui de " forces " et d'abord celui de l'armée. Derrière elle faisaient irruption dans l'État nouveau toutes les forces conservatrices et réactionnaires du passé. Pour se garder contre elles le SPD rechercha l'alliance du Parti du centre et du parti démocratique avec qui elle forma la coalition de Weimar. Par eux entraient en composition avec le socialisme réformiste à la Bernstein, un libéralisme bourgeois et un catholicisme à préoccupations sociales.

     

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Sources :

 - Peukert, La République de Weimar, Années de Crises de la Modernité, Aubier, Paris, 1995.

- Richard L., La Vie quotidienne sous la République de Weimar, Hachette, Paris, 1983.

- Thalmann R., La République de Weimar, collection "Que Sais-Je ?", P.U.F., Paris, 1986.

- Encyclopédie Universalis © 1998 Encyclopædia Universalis France S.A. 

- Dictionnaire historique, D.Vallaud. Fayard 1995

- Nicolas Chalmin, Textes sur la République de Weimar

- Encyclopédie Hachette, éd.2001

 
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