Né
à Rome le 16 novembre -42, fils de
Tiberius
Claudius Nero
et de Livie
Drusilla,
plus tard fils (en 4 après .-C.) adoptif d'Auguste
(que sa mère avait épousé après son divorce), Tibère fut le second
empereur romain de 14 à 37
(les
deux petits-fils d'Auguste, Lucius et Caius, étant morts en bas-âge).
Comme son nom l’indique, il appartenait à
la très aristocratique gens
Claudia.
Après
s'être illustré dans des campagnes victorieuses contre les
Germains, qu'il soumit jusqu'au Danube, puis jusqu'à l'Elbe, il
fut désigné par Auguste comme son successeur et gouverna dans le
même esprit que son père adoptif.
Il
ramena cependant la frontière de l'Empire sur le Rhin et
n'accorda plus la même importance aux formes qui subsistaient de
la vieille Constitution républicaine.
Il
gouverna pacifiquement et s'occupa tout particulièrement des
finances, de la justice et de l'administration des provinces. Tibère
mata cependant de terribles insurrections
en Pannonie
et en Dalmatie,
et sécurisa la frontière, il se vengea aussi des Germains,
qui avaient anéanti l'armée du général romain Varus
dans la forêt de Teutoburg
en 9.
L’Afrique
fut secouée par la révolte de Tacfarinas
(17-24) et la Gaule par celle de Florus
et de Sacrovir
(21).
En
11 av. J.-C.,
Tibère, à la demande de son beau-père, rompit son mariage
heureux avec Vipsania
Agrippina,
fille du général romain Marcus
Vipsanius Agrippa,
et épousa la fille d'Auguste Julie,
qui était la veuve d'Agrippa.
Entre
6 av. J.-C.
et 2 apr. J.-C.,
il vécut pratiquement en exil sur l'île de Rhodes, où il se
consacra à l'étude.
Homme
de devoir, il était misanthrope et devint de plus en plus soupçonneux
après la trahison de son favori, Séjan
qu’il avait laissé à Rome, préfet de la garde prétorienne
: ce dernier avait, entre autres, assassiné Drusus,
le fils de Tibère, pour s'emparer du pouvoir impérial, mais, démasqué,
il fut exécuté.
À
partir de 26 après J.-C., Tibère vécut dans la solitude à Capri,
continuant d’administrer l’empire entouré de complots, qu'il
déjouait par la terreur; Il
mourut le 16 mars
37, à Misène, près de Naples, lors d'un de ses rares déplacements
sur le continent. On murmura à l'époque qu'il avait été étouffé
par le préfet
de la garde prétorienne,
Macron,
sans doute sur l'ordre de
Caligula.
Des
recherches ont permis de réviser l'image qu'avaient donnée de
lui ses ennemis de l'opposition sénatoriale et dont les
historiens
Tacite
et Suétone
s'étaient largement fait l'écho.
Le règne de Tibère fut celui d'un bon empereur. Jésus-Christ
fut crucifié sous son règne.
La
plupart des historiens rejettent les récits de cruauté,
d'hypocrisie et de débauche dus à
Tacite
et Suétone
et accréditent la thèse selon laquelle Tibère aurait été un
soldat et un gestionnaire avisé qui maintint autant que possible
les formes républicaines du gouvernement, mais
l’abondance de la bibliographie ne facilite pas l’étude du
personnage et du règne. Le règne de Tibère avait fort bien débuté,
mais il s’était achevé dans une atmosphère bien lourde. La plèbe
de Rome résuma alors son sentiment en un cruel jeu de mots: «Tibère
au Tibre».