Esclave
affranchi protégé par Scipion Emilien
(c’est du moins l’une des théories), Térence, le deuxième
plus grand comique latin, nous est principalement connu par la Vie
de Térence de Suétone
(dont il convient parfois de se « méfier »). Ce que
l’on sait avec assurance c’est qu’il fit partie de ce que
l’on appelle le « cercle des Scipions » qui
réunissait un groupe de jeunes aristocrates romains. Il y a d’ailleurs
de rumeurs peu flatteuses qui soutiennent que ce
« cercle » aida largement Térence dans la
rédaction de ses pièces, ce soupçon existait déjà du vivant
de l’auteur et il perdura à travers les siècles. Térence se
défendit de ces accusations dans le prologue des
Adelphes
et dans celui de L’Heautontimoroumenos.
Selon la « légende » il mourut au cours ou au
retour d’un voyage en Grèce qu’il faisait pour trouver des
comédies de Ménandre
(auteur dont il s’était inspiré pour au moins 4 de ses
pièces).
Plus nuancé et
plus élégant que
Plaute,
Térence eut cependant moins de succès auprès de public
« vulgaire » qui jugeait ses pièces « trop
froide ». On dit que lors de la première représentation
de L’Hécyre
le public planta les acteurs sur place pour aller admirer un
funambule à l’autre extrémité du forum…Mais Térence se
heurta aussi à un certain milieu littéraire mené par un
certain Luscius de Lavinium.
Térence utilise, comme Plaute, le procédé de la
contaminatio.
Térence nous a
laissé 6 comédies :
L’Andrienne
(c’est-à-dire la jeune fille de l’île d’Andros) ;
L’Hécyre
(la Belle-Mère),
L’Eunuque,
Phormion
(dont Molière s’est souvenu pour les Fourberies de
Scapin) ; Les
Adelphes
(les Frères ; où l’on voit deux frères en désaccord
sur l’éducation des enfants. Molière s’en est inspiré
pour l’Ecole des Maris) ; L’Heautontimoroumenos
(l’Homme qui se punit lui-même).
Après
lui, la comédie fait place à l’atellane, qui est une
grosse farce mêlée de sketches, et au mime (souvent
vulgaire). Les auteurs principaux de ses nouveaux genres sont
Labérius
et Publius Syrus.
Donat
nous a laissé un commentaire de son œuvre. En 1762,
Diderot publie des
Réflexions
sur Térence.