Conseiller
des rois de France
Louis
VI
et
Louis
VII, il fut
abbé de Saint-Denis
et grand défenseur de
l’autorité monarchique. Il assura la régence de Louis VII
lorsque celui-ci partit pour la deuxième croisade de
1147
à 1149
(dont
Suger condamna la direction stratégique et non le principe).
Suger est ambassadeur
auprès du pape
Calixte II dans les années où l’empereur
Henri V va être
obligé de régler les rapports entre le pouvoir spirituel et le
pouvoir temporel conformément aux vues de l’Église.
Dès 1091, Suger est placé par son père à l’abbaye de
Saint-Denis. C’est là peut-être qu’il rencontre le prince Louis,
fils du roi de France,
Philippe Ier.
C’est lorsque le prince accède au trône et devient
Louis VI,
que la carrière de Suger prend une dimension autant religieuse
que politique. Le roi l’envoie saluer le pape
Gélase II, puis auprès de
Calixte II. Suger participe au
concile du Latran qui se tient en 1123.
Alors qu’il
n’est pas encore prêtre, il est élu, le 12 mars
1122, abbé de Saint-Denis. Quelques
années plus tard, Bernard de Clairvaux
l’accuse de négliger cette abbaye. C’est que, pendant cinq ans,
Suger n’a pas cessé de s’occuper des affaires du roi. Lorsqu’en
1127, il prend en main les réformes de son abbaye, celles-ci
concernent tous les domaines y compris l’architecture puisqu’à
partir de 1130, il fait reconstruire la basilique et impose des
verrières qui donnent aux fidèles l’image de Dieu par la
présence de la lumière.
Quand se
dessina en 1124 le danger de coalition germano-anglaise contre
le royaume, tous les évêques limitrophes du domaine royal et
la noblesse de Bourgogne et de Champagne se rallièrent autour
du roi à Saint-Denis.
Louis VI,
en recevant des mains de Suger l’oriflamme de Saint-Denis
(qui allait rester le drapeau national jusqu’à
Azincourt),
devenait le protecteur de l’abbaye et du royaume de France.
Il
fit reconstruire l’abbaye de Saint-Denis en 1144, ce fut le premier
monument de l’art gothique.
Suger
écrivit en latin plusieurs ouvrages dont une Histoire de
Louis le Gros. Administrateur,
agronome, diplomate et guerrier, il occupe une place considérable
entre les grands abbés du Mont-Cassin et de Cluny,
d’une part, et, d’autre part,
Bernard
de Clairvaux
en
France et Wibald
en Allemagne.
A
sa mort il laissa un triple héritage : la prépondérance
du domaine royal, la prise de conscience de l’art gothique,
les bases de l’archivistique.
A la mort de Louis VI, il devient le
conseiller de
Louis VII
dont il a préparé le mariage avec
Aliénor
d'Aquitaine. C’est à lui
que le roi confie la régence du
royaume, lorsqu’il part en croisade
en 1146. Aux textes historiques et
aux documents dont il enrichit les
bibliothèques qui dépendent de son
abbaye, Suger ajoute ses propres
textes puisqu’il écrit une Vie de
Louis VI le Gros entre 1137 et
1144 et raconte ce que fut la vie de
son abbaye sous son administration
dans le Liber de rebus in
administratione sua gestis.
En outre, il rapporte quelles furent
ses exigences dans la construction
de l’abbaye dans De Consecratione
ecclesiae santi Dionissii.