Staline est
d’origine géorgienne (il est né dans la ville de Gori), son père (Vissarion)
était cordonnier, il meurt lorsque le petit Joseph à 11 ans. Sa mère, Catherine
Guéladzé, fait entrer son fils au séminaire de
Tiflis en 1894, Joseph
à 15 ans. Dans ses études il fit preuve d’une remarquable mémoire et d'une
intelligence tout à fait à la hauteur de ce que demandent ses professeurs.
C’est du côté de la foi que Joseph laissa à désirer. Il sera exclu du séminaire
pour ses idées marxistes en
1899.
A 18 ans, il va se rallier secrètement au Parti
social-démocrate de Tiflis. Dès
lors il mena une activité révolutionnaire ce qui lui valu d’être déporté
en Sibérie à plusieurs reprises. Joseph est alors connu sous son diminutif
de Sosso
puis sous le pseudonyme de Koba.
En
1904, il rejoint le les bolcheviks
dont il fut un militant exemplaire ; à nouveau déporté il s’évade et
organise au Caucase en 1907 des «expropriations», qui sont en fait des
hold-up, pour soutenir le Parti.
En
1912, Lénine
le nomme membre du comité central du
Parti ouvrier social-démocrate de
Russie puis devient le premier directeur de la
Pravda,
c’est à ce moment qu’il prend le pseudonyme de Staline (=l’homme
d’acier). En 1913, il sera à nouveau déporté et ne sera libéré que
quelques mois avant la révolution d’octobre dans laquelle il ne joua qu’un
rôle marginal. Lors de sa détention il écrivit Le Marxisme et la question
nationale ; mais Staline n’est pas un théoricien et on peut dire que
la matière de ses écrits lui a été largement inspirée par Lénine ; en
tout ce seront cependant treize tomes d’écrits qui nous parviendrons : Les
Fondements du léninisme (1924),
Les Questions du léninisme (1926),
Matérialisme historique et matérialisme dialectique (1938)
Abrégé de l’histoire du Parti communiste (1937), enfin Les Problèmes
économiques du socialisme. Ce sont pour la plupart des discours.).
Il
se rallia aux « thèses
d’Avril » de Lénine en
1917 et devint, après la révolution ,commissaire du peuple aux Nationalités,
il le sera de 1917 à 1922. En même temps, de 1919 à 1922, il sera
commissaire
à l’Inspection ouvrière et paysanne ;
il est, dès ce moment, en rapport étroit avec la Commission extraordinaire,
la Tchéka.
Il prendra une part active à la guerre civile, c’est lui qui organisa la défense
de la ville de Tsaritsyne (le nom de Stalingrad de 1925 à 1961) contre les
forces des
Blancs
de
Denikine. Il participa également à la défense de Petrograd contre
le général
Ioudénitch.
Il
a épousé en 1918 Nadejda Alliloueva une jeune fille de 17 ans qui est sa
seconde femme. Elle se donnera la mort en novembre 1932, révoltée par la
grossièreté de son mari et la cruauté de sa politique, elle lui laissera deux
enfants: Svetlana, aujourd’hui américaine, et Vassili, mort en 1962.
En
1922, lorsque le poste de secrétaire général du Parti est crée,
sentant l’importance de la fonction, Staline se porte candidat et obtint le
poste. En 1924
il parviendra à succéder à Lénine bien que ce dernier ne fut pas
tendre envers lui dans son « testament »
politique ( en fait son testament est une lettre qu’il avait préparée pour
le prochain congrès du parti dans laquelle il dénonce Staline comme étant
trop « grossier » pour se maintenir à son poste. Il ne faut pas
comprendre « grossier » par des écarts de langage (bien que…)
mais par le fait que Staline n’est pas un théoricien et qu’il use de méthodes
brutales.)
Staline
va habilement jouer des alliances pour affaiblir ses adversaires, on dit qu’il
était « prêt à toutes les trahisons ». Bientôt il aura
assis son autorité incontestable au sein du Parti et de la société. Il développe
la doctrine de la « construction
du socialisme dans un seul pays »
en opposition à ce qu’il appelle la «révolution
permanente» de Trotski,
il décide la collectivisation totale des terres
(automne 1929)
et de l’industrialisation
(premier plan quinquennal en 1928).
Il s’opposera violemment aux thèses de Trotski
(commissaire à la guerre) . Pour
combattre ce dernier il s’appuya dans un premier temps sur
Kamenev et
Zinoviev
mais finit par les évincés avec Trotski en 1927. Staline s’adonna alors à
une pratique qui allait devenir funestement célèbre : la
purge.
En
1929, il « purge » la droite du Parti. Staline est désormais le
chef incontesté qu’il souhaitait être.
Devant
les résistances paysannes et industrielles aux collectivisations, Staline déclenche
en 1934, après l’assassinat de Kirov, des
purges importantes au sein du Parti qui s'étendent de 1936 à 1938.
Zinoviev,
Kamenev, Smirnov, Boukharine et Rykov seront purgés
août 1936 (procès des seize).
Mais les purges ne se restreignent pas aux cadres du Parti, des millions
d’hommes et de femmes (des officiers –dont le maréchal
Toukhatchevski-,
des anciens bolcheviks, des membres du Parti…) furent les victimes des
terribles purges staliniennes. En 1939, on admet qu’ont été arrêtés plus
de sept millions de citoyens, dont
au moins trois millions ont péri.
Au
niveau international Staline fut longtemps hésitant entre le camps des démocraties
libérales et celui des fascismes. C’est parce qu’il ne fut pas convié aux
accords
de Munich en 1938 qu’il
conclut avec
Hitler le
pacte
germano-soviétique de non-agression d’août 1939..
Le
pacte était accompagné d’une clause secrète sur les zones d’influences en
Europe orientale (partage de la Pologne). Staline ne voulut pas croire à
la possible rupture du pacte mais dut s’y résigner, il avait alors pris un sérieux
retard dans l’organisation de la défense soviétique, après l’invasion
allemande de juin 1941.
En
mai 1941, Staline devient homme de guerre, il est élu généralissime et président
du Comité d’Etat à la défense. La
mobilisation fut général, dans un premier temps le pays plia, puis résista et
enfin remporta la guerre. Staline se résigna à accepter l’aide matérielle
des démocraties et démantela le Komintern
(l’Internationale communiste) en 1943 pour satisfaire ses fournisseurs. En
1943, il participa à la conférence de Téhéran,
en 1945 à celles de
Postdam
et de Yalta.
On
ne sait que trop bien qu’après la guerre il plaça les pays d’Europe
centrale sous l’influence, toujours plus dominatrice, de l’URSS. Les démocraties
populaires florissaient au travers de l’Europe ; mais elles avaient comme
funestes compagnes les inévitables purges.
Staline
réorganisa le Kominform
(le Bureau d’information des partis communistes ; la nouvelle
Internationale communiste) bien qu’il ne fut pas internationaliste (c’était
avant tout la Russie qui l’intéressait) et engagea contre l’Occident, et
principalement les Etats-Unis, la guerre
froide. Le rideau
de fer
partageait désormais
l’Europe en deux.
A
la fin de son « règne » Staline organisa encore de nouvelles purges
(« procès de Prague », complot des « blouses
blanches »). On a bien saisit les aspects négatifs de l’action
politique de Staline, mais il y eut aussi des effets positifs : la création
de grandes industries, notamment d’armement, les grands canaux et voies de
communication, les barrages et la production d’énergie, le charbon,
l’acier, l’alphabétisation, la formation des cadres, la création à partir
de 1935 d’une armée disciplinée et entraînée.
Il
mourut en 1953 ; des centaines de millions de personnes, dans le monde
entier, pleurèrent la disparition du « petit
père des peuples ». Ses
victimes se comptaient alors par dizaines de millions, exécutées dans les
caves de la Loubianka, morts de faim (famines de 1932-33), déportés, victime
de l'impérialisme soviétique ou « purgés ».
En
1956,
Khrouchtchev
condamna, lors du 20ème congrès du parti communiste, les crimes de
Staline et le culte de la personnalité qui lui avait été témoigné.
Son
corps fut retiré en
1961 du mausolée de Lénine ; Il repose désormais
au pied du mur du Kremlin.