Fils
de paysans pauvres, catholique, célibataire, il fit des études de droit dès
1910, au moment même où de graves événements commencent à
troubler le Portugal, qui jusqu’en 1926 ne connut pas moins de
seize émeutes ou coups d’État. Il devint
professeur d’économie politique. En 1921, il est élu député
mais renonce vite à ses fonctions par mépris du
parlementarisme. Le 28 avril 1926, les généraux
Carmona
et Gomez
da Costa prennent
le pouvoir. En 1928, le Général Carmona fait appel à lui,
Salazar devient ministre des finances et réussit à
stabiliser la monnaie et à équilibrer le budget.
En 1932,
il est élu président du Conseil et institue, avec l’approbation
générale, une nouvelle Constitution, l’Estado
novo (Etat nouveau),
qui fonde un régime autoritaire, anti-communiste, catholique et
corporatiste.
Le
Portugal fut neutre durant la seconde guerre mondiale
mais ne cacha pas ses sympathies pour les puissances de l’Axe
(une légion de volontaires portugais en Espagne avait aidé
l’action de
Franco,
il fait parvenir aux usines de guerre nazies les quelques métaux
rares (tungstène notamment) dont dispose le pays, les drapeaux
seront mis en berne, à l’annonce du suicide d'
Hitler
en 1945), pourtant dès les
premières victoires alliées Salazar met à leur disposition
en 1943 les Açores.
Le Portugal intégra l’alliance
atlantique en
1949.
Le Portugal est alors un petit état d’Europe mais il dispose
de nombreuses colonies. Salazar se refuse à la décolonisation,
qu’il interprète comme une infiltration du communisme
international, et engage ses forces pour lutter contre les guérillas
nationalistes au Mozambique, en Angola et en Guinée-Bissau.
Ces guerres permettent
de justifier le durcissement de la dictature et de l’appareil
policier, cela d’autant plus qu’elles coïncident avec la
manifestation de diverses oppositions: ainsi, après le
concile Vatican II, de plus en plus nombreux sont les
catholiques à découvrir que l’État portugais est loin,
malgré ses déclarations, d’appliquer les enseignements de
l’Église.
Salazar
est de plus en plus critiqué au Portugal et laisse, pour des
raisons de santé (hémorragie
cérébrale), la place à Marcelo
Caetano (ancien
ministre des Colonies et ancien chef de l’organisation étatique
de la jeunesse, la Mocidade portuguesa) en
1968.
La révolution des œillets
déclenchée en
avril
1974 mit
fin au régime qu’il avait instauré.
Malgré ses méthodes
plus que discutables, Salazar
est
certainement l’un des hommes qui a contribué à la survie de
son pays, en tant que nation indépendante.
La
mise en place d’institutions démocratiques, entre 1968 et
1976, permet au pays de rattraper son retard et de s’intégrer,
dès 1986, dans la Communauté européenne.