SOMMAIRE - Divers

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Saladin (en arabe: Salah ed-din) (1137-1193)

 
 

Saladin sera l’un des plus illustres souverains arabes du Moyen Age. Il est surtout connu par la guerre qu’il mena contre les Francs établis en Syrie-Palestine depuis la première croisade de 1097-1099. C’est lui qui va reprendre Jérusalem en 1187 et lutta contre la troisième croisade en 1190 et 1192. C’est surtout cette prise de Jérusalem qui va nous retenir dans les quelques lignes suivantes. Les premiers combats livrés aux Francs par Saladin n’avaient pas été tous couronnés de succès; mais, en 1187, à la bataille de Hattîn près de Tibériade, l’armée franque fut anéantie et le nouveau roi de Jérusalem, Guy de Lusignan, fait prisonnier; Jérusalem alors fut reprise, après quelque quatre-vingt-huit ans de domination «infidèle»; puis, en quelques mois, lui furent ajoutés presque tout le royaume et d’importantes parties du comté de Tripoli et de la principauté d’Antioche, les Francs ne conservant plus que quelques ports reliés entre eux par mer. Les proclamations triomphales envoyées à travers le monde musulman y consacrèrent la gloire du vainqueur.

Saladin a donc accomplit en cette année 1187 ce que l’islam attend depuis près d’un siècle : en finir avec la présence des infidèles à Jérusalem. Lors de la prise de la ville la foule exhorta le grand sultan d’Egypte a raser le Saint-Sépulcre une fois pour toute, mais Saladin ne permettra pas les pillages ni les exécutions et va, acte magnanime, laisser le choix à chaque chrétien de racheter sa liberté moyennant une rançon modique. Il va même fixer une somme fixe pour la libération de tous les chrétiens sans le sou. Ce comportement s’explique par le fait que Saladin a toujours considéré le jihad, la guerre sainte, comme un acte devant être digne. Mais c’est aussi, et surtout, qu’il sait que les chrétiens, malgré leur défaite à Tibériade trois mois plus tôt, n’en resteront pas là. Et il ne se trompait pas puisque à peine la nouvelle connue que les croisés accoururent de toute l’Europe pour libérer la Ville Sainte. Les croisés Richard cœur de Lion et de Philippe Auguste réunissent alors la plus grande armée « franque » que l’Orient eût jamais vu, ils ont déjà pris Acre et Jaffra, Saladin conclura un pacte avec les croisés : les chrétiens obtiennent la côte palestinienne et le droit de pèlerinage au Saint-Sépulcre. En fait, une sorte de coexistence pacifique résulta, pendant un demi-siècle, de la commune conscience de l’impossibilité où chacun était de détruire l’autre, et du prix démesuré payé pour les efforts contraires.

Ses ennemis loueront sa grande sagesse, les poèmes louant ses qualités « dignes d’un chevalier chrétien » ne sont pas rares. Mais les Arabes aussi reconnurent en lui, bien des siècles plus tard, le héraut mythique de l’unité contre l’Occident.

Saladin mourut le 4 mars 1193, laissant le souvenir d’une figure inégalée, mais sans avoir réalisé tout à fait ce qu’il avait rêvé : L’unité du monde musulman ; en effet elle n’avait été que partielle; le califat, retenu par d’autres soucis, l’avait mollement soutenu; les Almohades d’Occident, dont on avait cherché l’aide navale, n’avaient pas répondu. Par scrupule religieux, Saladin avait supprimé des impôts, mais les victoires n’avaient pas procuré de rentrées équivalentes. La flotte qu’il avait reconstituée ne put être conservée.

     

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