SOMMAIRE - Divers

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Röhm Ernst (1887-1934)

 
 

Bavarois, officier de métier, plusieurs fois blessé pendant la Première Guerre mondiale (mutilé de la face), esprit politique pénétrant et remarquable organisateur, Ernst Röhm sert en 1919 dans le corps franc de von Epp puis devient membre de l'état-major de la Reichswehr en Bavière. C'est là qu'il fait la connaissance de l'«homme de confiance», Adolf Hitler. Comme presque tout le monde, il est frappé par le génie oratoire du jeune agitateur et lui ménage les premiers contacts avec les dirigeants politiques et militaires de la Bavière. Membre du Parti ouvrier allemand d'Anton Drexler, Röhm y amène Hitler et un grand nombre d'adhérents nouveaux - amis personnels ou officiers de la Reichswehr - et lui accorde son appui lors de la transformation du Parti ouvrier allemand en Parti national-socialiste ouvrier allemand, puis lors de la mise sur pied de la SA (Sturmabteilung, section d'assaut). En novembre 1923, Röhm, qui a pris la tête d'une ligue nationaliste - dont le porte-drapeau est Heinrich Himmler -, participe à la tentative de putsch à Munich en s'emparant du ministère de la Guerre. Condamné avec sursis, il tente de rassembler les débris de ses groupes nationalistes, mais échoue. Il accepte alors de partir, à la tête d'une mission d'instruction militaire allemande, en Bolivie pour réorganiser l'armée de ce pays. Il y réussit brillamment. En 1930, Hitler le rappelle pour prendre la tête de la SA dont il craint de perdre le contrôle. En deux ans, Röhm fait de la SA une puissante milice disciplinée de quelque 400 000 hommes, l'«armée brune», dont la force et la brutalité pèseront lourdement sur les élections qui se succèdent à cette époque en Allemagne.

En avril 1932, Röhm, qui trouve Hitler trop timoré, cherche à obtenir, en liaison avec le général von Schleicher - mais à l'insu du Führer -, un accord entre la SA et la Reichswehr, qui lui assurerait le pouvoir de fait. Il n'y réussit pas. Après l'arrivée au pouvoir de Hitler, en janvier 1933, Röhm lance l'idée d'une «seconde révolution» nationale-socialiste qui viserait non plus à écraser la gauche socialo-communiste, mais la droite capitaliste et conservatrice. La SA serait alors elle-même la nouvelle armée révolutionnaire de l'Allemagne, devenue réellement nationale-socialiste, et la dominerait. Hitler tente de le calmer en le nommant ministre d'État, le 1er décembre 1933. 

Mais Röhm, au cours de nombreuses manifestations collectives destinées à célébrer la victoire du redressement national, ne cesse de déclarer qu'il «aime mieux faire les révolutions que les célébrer», que «le but est encore loin d'être atteint», le redressement national ne représentant «qu'une étape sur la voie de l'État national-socialiste, notre objectif suprême». Il reproche à Hitler d'être et de rester «un civil, un artiste, un rêveur...». 

Par ailleurs, il ne cache pas son désir de faire de la Reichswehr, par l'intégration de la SA, une véritable milice nationale-socialiste. Ainsi s'attire-t-il l'hostilité des généraux jaloux de leurs privilèges. «Les rochers gris doivent disparaître dans le fleuve brun», a-t-il coutume de dire. Dans le même temps, Hitler cherche au contraire à obtenir l'appui de la Reichswehr pour succéder au vieux maréchal Hindenburg en qualité de président du Reich. Le prix du marché ne peut être que le sacrifice de Röhm et de la SA. Dans le même temps également, Göring et Himmler s'inquiètent des prétentions de Röhm et font croire à Hitler que le chef de la SA prépare un complot visant à l'éliminer. Heydrich est au cœur de cette machination contre Röhm. Hitler est-il dupe? Non, probablement. Il feint de croire au complot SA. Poussé aussi par von Papen et Hindenburg lui-même, Hitler décide de frapper.

Le 30 juin 1934, c'est l'atroce et sanglante purge de la Nuit des longs couteaux au cours de laquelle Röhm, arrêté par Hitler lui-même, est abattu par deux officiers SS dans la cellule de la prison de Munich où il a été incarcéré. Cette Nuit des longs couteaux fera environ deux cents victimes, chefs de la SA et personnalités politiques diverses.

     

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Bibliographie

Encyclopédie Universalis © 1998 Encyclopædia Universalis France S.A. 

 

 
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