SOMMAIRE - Divers

La rubrique Divers regroupe divers travaux et dossiers relatifs à des sujets variés ou spécifiques. Ainsi, par exemple, un important dossier consacré à l'Histoire de la Suisse, un index de personnalités historiques, des chronologies, des dossiers d'histoire économique, d'introduction aux études historiques ou de didactique de la discipline.

 

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Rodolphe Ier de Habsbourg (1218-1291). Empereur germanique de 1273 à 1291

 
 

C’est à l’âge de 22 ans seulement que Rodolphe de Habsbourg devient l’héritier de la fameuse famille qui dominait le cœur de la Suisse actuelle. C’est à juste titre que Rodolphe pensait, un jour, devenir le roi d’une Alémanie ou d’une Suisse contrôlant les passages clés des Alpes et du Jura. Ces voies de communications étaient alors primordiales pour l’Europe de cette époque, il en aurait tiré de substantiels revenus. Par héritage, achat ou conquête Rodolphe va agrandir petit à petit ses territoires jusqu’en Suisse centrale et orientale. A l’ouest il mena une guerre contre le Pays de Vaud pour déjouer les volontés expansionnistes de la Maison de Savoie et s’octroya la plupart des biens de la famille éteinte des Zähringen.

En 1273, en plein siège de Bâle qui lui résistait, Rodolphe se voit porter à la tête de l’Empire, en effet les grands électeurs de l’Empire réunis à Francfort décidèrent de lui soumettre ce poste, vacant depuis plus de 20 ans (voir le Grand Interrègne). Les prétentions de Rodolphe devenait européenne et ne se limitait plus à la « petite Suisse ». Celui qui était alors son principal concurrent, Otokar, roi de Bohême, contesta son autorité. Rodolphe trouva en Ottokar son seul adversaire redoutable qui, déçu de n'avoir pas été élu roi lui-même par les princes-électeurs, comme il l'avait espéré, refusait absolument de se considérer comme le vassal du roi d'Allemagne. Le Tribunal d'empire le condamna, mais il ne voulut pas se soumettre. Rodolphe lui déclara la guerre. Il tomba vaincu sur le champ de bataille de Marchegg, en 1278; ainsi prit fin son grand rêve de gloire. Rodolphe mit alors la main sur l'héritage des Babenberg, Autriche, Styrie, Carinthie et Carniole, qu'il déclara fiefs d'empire mais qu'il n'incorpora pas moins dans le patrimoine des Habsbourg en les cédant à ses fils Rodolphe et Albert, avec le titre de ducs. Cette démarche devait avoir des conséquences considérables pour l'histoire de l'Europe. Rodolphe, en la faisant, posa les fondements de la puissance des Habsbourg et de la future grande monarchie autrichienne. La domination habsbourgeoise se développa avec puissance; son ancien centre de gravité qui se trouvait naguère en Souabe et en Suisse se déplaça en faveur de l'Autriche, dont Vienne devint le coeur. La situation de Rodolphe par rapport à l'empire fut considérablement améliorée par ses nombreuses acquisitions territoriales. Il était devenu le plus puissant des princes d'empire, ce qui assura à la couronne royale un prestige inattendu. Mais la nature de son pouvoir était très différente de celle des premiers empereurs. Il fut le premier roi allemand puissant dans ses terres, et désormais ses successeurs n'eurent d'importance que pour autant qu'ils surent se faire respecter dans leur propre domaine. D'où les efforts qu'ils déployaient pour atteindre à ce résultat, tandis que les anciens empereurs avaient toujours pour but d'imposer leur autorité aux princes d'empire et tenaient assez peu à leur patrimoine.

Rodolphe ne parvint pas à remettre en honneur la politique impériale en Italie. Il n'alla pas même à Rome pour s'y faire couronner, quoique la couronne d'empereur lui eût été promise. Cependant, s'il ne put rendre à l'Empire d'Allemagne son ancien prestige, il n'abandonna pas tous les droits impériaux en Italie; il renonça pourtant et pour toujours à la Romagne et se réconcilia avec la maison de Naples-Anjou. Il ne put se dissimuler que la Bourgogne et la Lorraine étaient en train d'échapper à l'empire, sans qu'il lui fût possible d'empêcher le désastre. Sa politique intérieure lui valut, en revanche, une grande considération. Dans toute la mesure du possible, il favorisa la paix dans le pays et réduisit en partie les chevaliers-pillards. Mais il mena une politique fiscale si dure, dans ses propres Etats et ailleurs encore, qu'il provoqua un grave mécontentement, surtout dans les villes, qui étaient le plus lourdement frappées. C'est ce qui causa, après sa mort, le déclin de sa maison. Ce n’est que 17 jours après la mort de Rodolphe, en 1291, que les Suisses conclurent une alliance perpétuelle contre les Habsbourg. Les électeurs lui donnèrent pour successeur, non son fils Albert, mais un comte insignifiant, Adolphe de Nassau (1291-1298); ils voulaient un roi faible. Par surcroît, Albert n'était pas aimé, à cause de son caractère sombre et peu aimable. Enfin, Wenzel, le fils d'Ottokar Il, travaillait contre lui. Mais, au bout de quelques années, le parti d'Albert augmenta, parce qu'Adolphe exerçait le pouvoir avec une rigueur provocante. Ce dernier fut vaincu et tué dans la bataille de Göltheim (1298) et Albert accéda au trône (1298-1308). Il continua l'oeuvre commencée par son père, c'est-à-dire qu'il annexa des terres sans scrupule et abusa de la fiscalité. Pourtant, il régna avec mesure et équité, mais sans grand succès. En 1308, il fut assassiné par son neveu Jean qui assouvissait de la sorte une vengeance personnelle.

Développements

Le 1er octobre 1273, le comte Rodolphe de Habsbourg fut donc élu, le 24, il fut sacré et prit place sur le trône de Charlemagne à Aix-la-Chapelle. Rodolphe n'appartenait ni de près ni de loin à la stirps regia, cette race royale dont tous ses prédécesseurs se réclamaient; il fallut attendre la fin du Moyen Âge pour que de dévoués généalogistes établissent l'ascendance romaine des Habsbourg, rattachés par l'intermédiaire des Colonna à la maison des Julii. Certes, Rodolphe ne faisait pas partie de l'ordre des princes, mais il n'était pas le petit comte sans fortune qu'Ottokar, son concurrent malheureux, avait voulu traiter de haut et dont l'histoire a longtemps transmis le cliché. Rodolphe appliqua la politique dite des « revendications » : les baillis, placés à la tête des circonscriptions qui regroupaient tout ce que l'empire possédait dans une région donnée, furent chargés de faire rendre gorge à quiconque tenait sans titre valable des biens ou des droits impériaux. Originaire du sud-ouest de l'empire, Rodolphe de Habsbourg fut conduit à sortir de cette région qu'il affectionnait et dont le soutien lui était acquis. L’autorité qu'il avait à coeur de faire respecter, Ottokar de Bohème la bafouait: il ne jugea pas nécessaire de demander au « pauvre petit comte » l'investiture de ses fiefs. Après un an et un jour, la procédure qui sanctionnait les vassaux infidèles fut mise en route ; le roi de Bohème s'en moqua; en 1275 il fut déclaré félon et mis au ban de l'empire. Rodolphe avait soigneusement préparé l'exécution de la sentence ; la supériorité de ses forces était telle qu'Ottokar dut faire amende honorable et plier le genou en 1276 devant Rodolphe qui, pour la circonstance, portait la casaque de cuir d'un hobereau désargenté. L’arrangement conclu par les deux adversaires ne fut qu'un armistice; il fut rompu moins de deux ans plus tard; la guerre reprit et, le 26 août 1278, Ottokar fut défait et tué. Son fils Wenceslas garda la Bohème, mais ses possessions autrichiennes furent, en 1282, confiées par Rodolphe à ses propres fils, Albert et Rodolphe. L’événement était historique: désormais les Habsbourg étaient des princes et cette famille dont le berceau était situé à quelques lieues du Rhin se trouvait chez elle sur les bords du Danube; elle était devenue la maison d'Autriche. Les années avaient passé et Rodolphe n'était toujours pas empereur. Ce n'était pas faute d'y avoir songé ; il avait même décidé qu'il serait sacré un 2 février, comme Otton Ier. Mais les négociations avec le Saint-Siège n'aboutirent jamais. Grégoire X était prêt à recevoir le roi des Romains pour le couronner quand il mourut en 1276 ; ses trois successeurs moururent coup sur coup, puis vint Nicolas III qui rêvait de redessiner la carte politique de l'Europe : on disait qu'il projetait de démembrer l'empire et de faire de l'Allemagne un royaume héréditaire au profit des Habsbourg ; après lui, Martin IV s'occupa surtout des Angevins qui avaient été chassés de Sicile en 1282. Les tractations reprirent entre Rodolphe et Honorius IV, sans succès ; Rodolphe était vieux et las.

Rodolphe n'avait pas réglé d'avance le problème de sa succession ; il n'aurait pu faire élire roi des Romains l'un de ses fils que si lui-même avait été empereur, or il ne l'était pas. Il pouvait au moins recommander aux électeurs de choisir l'un d'eux lorsque se produirait la vacance du trône ; il prit cette précaution mais des circonstances tragiques la rendirent inefficace : en 1281 et en 1290, Hartmann d'abord puis Rodolphe furent emportés prématurément par la mort. Restait Albert, l'aîné ; mais Rodolphe estimait qu'il convenait de distinguer le gouvernement de l'empire de celui de ses États patrimoniaux et qu'Albert devait se contenter de gérer les possessions familiales. Les électeurs étaient donc libres d'exercer leur fonction. Ils ne firent pas bon usage de leur liberté. Comme en 1273, ils choisirent un comte, Adolphe de Nassau. Il sera bientôt déposé.

     

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Bibliographie

- Cuvillier, J.-P. (1979), L’Allemagne médiévale. Payot.

- Noël, J.-F. (1976), Le Saint Empire, PUF, Paris

- Pacaut, M. (1989), La théocratie. Desclée, Paris.

- Parisse M. (2002), Allemagne et Empire au Moyen age, Carré Histoire, Hachette.

- Rapp, F. (2000), Le Saint Empire romain germanique, d’Otton le Grand à Charles Quint. Seuil.

- Rovan, J. (1999), Histoire de l’Allemagne, Seuil.

- Schillinger, J. (2002), Le Saint Empire, Ellipses.

 

 
Liens Internet      
 

 Moyen age

Les Habsbourg

 

Une page consacrée à cette puissante famille. Les Habsbourg venaient d'Alsace et du Brisgau. Durant le Xe siècle, ils avaient peu à peu étendu leur domaine dans la Suisse actuelle et mettrait bientôt la main sur l'Empire.

 

 Moyen age

Les empereurs du Saint Empire

 

Liste et brèves descriptions des différents empereurs du Saint Empire.

       
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