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Car
le drame du XVIIIe siècle n’est point seulement dans les
guerres, ni dans les journées de la Révolution. Il est avant
tout dans la dissolution et le retournement des
idées qui
avaient éclairé et dominé le siècle précédent. La crise
intellectuelle et morale de l’Ancien régime a eu pour cause
les progrès de la «philosophie ».
Le
débat est ancien sur la question de savoir dans quelle mesure
la "philosophie",
en général, et les doctrines politiques, ou conception
nouvelle de l’Etat, en particulier, ont exercé une
influence sur la Révolution française. Celle-ci a sans doute
procédé des faits et des idées. Les causes profondes, ce
sont bien le régime économique et social et les
institutions politiques. La cause directe, c’est le désordre
des finances, devenu tel qu’aucune réforme sérieuse, même
partielle, à laquelle les privilégiés se refusaient
obstinément, ne fut finalement possible. L’écroulement de
l’Ancien régime n’en serait pas moins inintelligible à
qui ne voudrait pas tenir compte, parmi ses causes, de la
lente et sûre action que les « philosophes » ont
poursuivie,
surtout pendant la seconde moitié du XVIII
siècle. Il ne suffit pas de dire, pour l’expliquer, que
leurs idées ont triomphé parce qu’elles correspondaient
aux idées du Tiers Etat. Si l’Ancien régime a été acculé
à une révolution radicale, c’est que le XVIIIe siècle
finissant était comme privé de tout espoir par le divorce
qui existait entre les vieilles institutions et les nouvelles
idées. Il ne savait ni réformer les unes, ni se défendre
contre les autres.
Sans
prétendre refaire ici l’histoire de la pensée française
pendant ce siècle, époque capitale pour le développement de
l’esprit humain, il faut néanmoins s’entendre sur cette
expression: la "philosophie",
les « idées philosophiques ».
On désigne sous ce
vocable tout le mouvement de pensée qui s’est développé
et précisé depuis la mort de
Louis
XIV (1715)
et dont la Révolution a été l’aboutissement. Ce
mouvement de pensée, véritable révolution dans les esprits,
a consisté à substituer, dans tous les domaines, le principe
de la raison, poussé
jusqu’à ses extrêmes conséquences, à celui de la tradition et de l’autorité,
qu’il s’agisse de science, de religion, de morale, de
métaphysique ou d’organisation politique et sociale. La
raison, pour les classiques du XVIIe siècle, avait été comme
un principe régulateur de synthèse et de mesure, maintenu
dans la subordination de la foi et de l’inspiration. Vers la
fin du siècle, la raison change de sens; elle devient une
faculté analytique et critique; elle remet tout en question
et s’oppose, avec une violence nouvelle, à la foi et aux
mystères. Elle devient alors le rationalisme, c’est-à-dire
selon les termes d’un écrivain de nos jours:
«la raison
livrée au vice de l’intelligence limitée, quand l’âme, faite
pour plus haut qu’elle, n’adore plus, quand l’esprit traite
avec Dieu d’égal à égal ».
«
Philosopher, écrivait la marquise de Lambert, qui tenait
l’un des salons du temps, c’est rendre à
la raison toute sa dignité et la faire entrer dans ses droits,
c’est rapporter chaque chose à ses principes propres et
secouer le joug de l’opinion et de l’autorité.»
Le caractère
distinctif de la "philosophie", le fond de
l’esprit révolutionnaire, c’est l’individualisme
rationaliste, le naturalisme
radical, la proclamation de
l’indépendance absolue de la
créature. L’omniscience de
la raison, le droit naturel fondé sur la raison: voilà à
quoi peut se ramener, en dernière analyse, l’esprit du siècle
qui bat en brèche la tradition. C’est pourquoi aussi la
science sociale que tâchent de fonder alors les écrivains
politiques veut s’annexer la morale. La vraie morale, pour
eux, n’est qu’une morale sociale; et, d’ailleurs, on
parle plus volontiers, en ce temps-là des "moeurs"
que de la morale.
Le
principe qui remua le XVIIIe siècle fut le principe foncièrement antichrétien qui
commence à la Renaissance et constitue, dans l’ordre de la
pensée, la différence
fondamentale
entre le «moyen
âge» et les «temps modernes».
Le monde chrétien "disparu" dans l’écroulement du moyen âge, l’homme crut
faire la découverte de l’humain et se mis à changer
toutes les valeurs pour se faire un monde digne de lui.
Logiquement, la renaissance de l’idéal païen aurait dû
conduire l’Europe au naturalisme radical. Mais les masses étaient
encore profondément chrétiennes; l’Eglise se ressaisit; on
eut un humanisme chrétien. Le classicisme français du XVIIe siècle
fut, en un certain sens, une réaction catholique,
monarchique et nationale contre la révolution humanitaire
européenne. La source naturaliste et royaliste n’était pas
tarie; elle devint, au XVIIIe siècle, le courant voltairien et
encyclopédiste. La scolastique médiévale paraissait alors
comme le terme d’un circuit intellectuel qui avait duré
trois siècles. Un philosophe contemporain,
J. Maritain, a
relevé dans son «Antimoderne » que la Renaissance, la Réforme,
et le
cartésianisme introduisirent, dans l’ordre rationnel
et philosophique, toutes les maladies de la pensée
moderne: naturalisme,
individualisme, subjectivisme, scientisme, égocentrisme.
Finalement, après que la philosophie des idées claires sera
devenue... la philosophie des
lumieres... nous assisterons à
la proclamation de l’indépendance absolue ou de l’aséité (propriété de ce qui existe par soi-même) de l’esprit humain, par laquelle la révolution
kantienne consommera la révolution
cartésienne...
L’homme s’isole de la vie surnaturelle et devient sourd à
l’enseignement révélé; il se soustrait à Dieu par antithéologisme
et à l’être par idéalisme et s’adore enfin comme étant
l’auteur de la vérité par sa pensée et l’auteur de la
loi par sa volonté. Le vrai caractère de la lutte des
idées depuis la Révolution est donc le choc de deux métaphysiques,
de deux conceptions du monde. L’une, c’est l’optimisme
révolutionnaire, fondé sur le naturalisme et le
rationalisme, avec ses dogmes de la bonté originelle de
l’homme et du progrès indéfini. L’autre, c’est le
pessimisme des chrétiens qui voient l’homme tel qu’il est
dans l’ordre de la création, déchu par le péché
originel. Comme ils s’appuient à Dieu et considèrent les
fins dernières, il ne s‘agit pas, au vrai, de pessimisme,
mais d’optimisme transcendantal.
Les
idées du XVIIIe siècle sont dans doute nombreuses et même
contradictoires, et cette époque a souffert d’une
contradiction interne entre les deux idées avec lesquelles
elle a cherché à démolir l’ordre ancien et à
reconstruire ensuite l’ordre nouveau: raison et
nature. On
peut néanmoins ramener à trois les dogmes de la révolution
intellectuelle qui animent toutes ces réformes le dogme de
l’excellence humaine, c’est-à-dire la croyance que
l’homme est un être foncièrement bon et raisonnable;
c’est l’optimisme humanitaire, opposé au dogme chrétien
du péché originel; la croyance au droit du bonheur
dans la
vie présente; la croyance au progrès
indéfini.
Des
prémisses que l’on a rappelées, les « philosophes» tirèrent
la conclusion que le monde est complètement
intelligible,
c’est-à-dire que tout finira par être connu un jour parce
qu’il n’y a pas de limites à la
connaissance. Le XVIIIe
siècle a déclaré a l’homme: Tu vas tout comprendre
et, comprenant tout, tu seras entièrement libre.
«La vérité
est simple, écrivait d’Alembert, et peut être toujours
mise à la portée de tout le monde quand on veut en prendre
la peine. »
Les hommes d’aujourd’hui sont devenus
plus
modestes et ils savent, d’expérience, que les civilisations
sont mortelles.
Au
XVIIIe siècle encore, les conquêtes de la science et les
premières vulgarisations des sciences ont introduit l’idée
que l’univers entier s‘explique par des causes
naturelles.
A cet acquis scientifique, s’applique la forme fixe de
"l’esprit classique", héritée du grand XVIIIe siècle français: Taine l’a montré
dans des pages inoubliables. L’esprit classique français,
suivant les habitudes
cartésiennes qui constituent son
essence intime, simplifie pour mieux comprendre et ramène le
réel à l’aspect le plus général. Le rationalisme de l’Encyclopédie,
dont on va rappeler l’importance dans l’histoire
intellectuelle du siècle, c’est la logique latine héritée
de Rome et la clarté française du XVIIe
siècle retournées contre le XVIIe siècle, mais obéissant
aux mêmes règles intellectuelles, avec les mêmes qualités
et les mêmes insuffisances. Du
Discours sur la Méthode, qui est comme la déclaration
des droits de la raison, à la Déclaration des Droits de l’Homme, qui est un peu l’application
politique du cartésianisme, l’esprit français légifère
dans l’universel.
Les
influences anglaise et hollandaise ont, elles aussi, contribué
à la formation de l’esprit philosophique. Les écrits de
Locke, réponse aux critiques dirigées contre les
institutions anglaises, issues de la révolution de
1688,
contribuèrent à former le concept de la souveraineté de la
nation en opposition à celle du roi. Au même moment, et dans
la suite, apparurent dès avant 1730 dans les ouvrages de
Locke,
Bolingbroke, de
Shaftesbury, de
Tindal, de Toland, et
d’autres encore, des attaques contre le christianisme et le
surnaturel et des plaidoyers en faveur d’une morale
utilitaire. Les plus irréligieux des penseurs français du XVIIIe
siècle n’eurent rien d’essentiel à ajouter à ces
diatribes, mais Voltaire contribua plus que tout autre au
rapprochement
intellectuel franco-anglais et servit de truchement à la pensée
anglaise. On touche là aux origines du cosmopolitisme social,
jonction entre l’esprit anglais et l’esprit français,
l’un des événements capitaux du XVIIIe siècle européen.
Quant à la Hollande, elle avait abrité le juif
Spinoza, ce démolisseur
du libre arbitre, qui sépara si nettement l’éthique de la
religion, puis Pierre Bayle, réfugié français, et tant
d’autres protestants, ses compatriotes, tel le pasteur
Jurieu qui, sans crainte de la censure, attaquèrent sans relâche
l’absolutisme de Louis XIV et la monarchie de droit divin.
Les
«idées philosophiques » restèrent l’apanage d’une élite
intellectuelle jusque vers le milieu du siècle. La grande
nouveauté, si lourde de conséquences, fut que la génération
d’écrivains qui prit alors la tête du mouvement ne se
borna plus à la spéculation. Elle voulut faire oeuvre de
propagande et, bientôt, de propagande concertée et organisée.
C’est qu’au XVIIIe
siècle, une transformation profonde s’est opérée dans la
condition des hommes de lettres. L’écrivain se propose
d’instruire et de diriger l’opinion; bien avant 1789, il
sera arrivé à ses fins. Au siècle précédent, les lettres
n’avaient pas exercé cette influence. Leur objet était
l’homme en soi, et le rôle de l’écrivain, dans une société
encore fortement hiérarchisée, était uniquement dans
l’ordre de l’intelligence, nullement dans celui de
l’action. Au XVIIIe siècle, au contraire, une
révision générale
des valeurs s’opère dans tous les domaines,
conséquence
de la détente qui avait suivi la mort de
Louis
XIV, de la Régence
en réaction contre le système politique du Grand Roi, et de
la révolution économique qu’on a déjà rappelée.
L’objet de la littérature devient l’homme social, et les
hommes de lettres deviennent indépendants.
Les
«philosophes» ont agi tout d’abord sur la société polie
et raffinée de Paris. C’est par les salons qu’ils firent,
entre 1760 et 1771,
la conquête de l’Académie française où ils joueront
un rôle prépondérant jusqu’à la veille de la Révolution.
Mais l’action des salons était très limitée. «
Inutile
beau monde» ricanait Voltaire dans le salon de Mme du
Deffand; «la fin du spectacle et le dernier moment du goût», dit avec plus
de nuances Paul Valéry. C’est le
livre, la brochure, la
presse qui vont être les grands moyens de propagande dans la
bourgeoisie, et finalement dans de larges milieux du peuple.
De
1748 à 1763, entre les deux traités de paix
d’Aix-la-Chapelle et de Paris, si néfastes pour la France,
parurent nombre d’oeuvres maîtresses de
Montesquieu,
Diderot,
Buffon,
Toussaint,
Voltaire, d’Alembert,
Bayle,
Maupertuis,
Condillac,
Helvétius ou
Rousseau,
pour ne nommer
que les chefs de file. Les mesures répressives du
gouvernement ne purent qu’enrayer faiblement les progrès de
la libre-pensée. L’événement capital, ce fut
l’apparition, en 1751 du premier volume de
l’Encydopédie,
vaste entreprise de propagande et de librairie, d’où
les influences maçonniques ne furent pas absentes, dont
d’Alembert traça le programme: donner la substance de
toutes les connaissances humaines, marquer l’enchaînement
des sciences, montrer que tout progrès doit se faire par la
science et que le progrès est indéfini; en un mot comme en
cent, faire l’apothéose de la raison
qui doit remplacer désormais
l’autorité et la tradition. Avant l’apparition de cette
oeuvre collective, les «philosophes» sont quelques hommes de
lettres isolés et encore peu écoutés. Quand son dernier
volume aura paru, en 1766, ils seront un parti puissant,
craint ou respecté. C’est qu’ils ont fixé entre temps
les principes de leur système et les règles de leur action,
et que leur esprit anime une foule de sociétés. Le ton modéré
des articles du grand « dictionnaire raisonné des sciences
et des arts », dont
les sous-entendus n’échappaient pas aux esprits avisés, le
renvoi d’un article inoffensif à un autre article qui
raillait ou démolissait les anciennes conceptions religieuses
ou morales, sa critique des abus, sa prodigieuse variété
furent parmi les causes de son succès.
L’Encyclopédie
était protégée en haut lieu: la marquise de Pompadour
couvrait ses auteurs et faisait arrêter les poursuites intentées
contre eux par les autorités. Elle encourageait aussi les
attaques contre les Jésuites, ces vigoureux adversaires des
encyclopédistes, qui seront réduits au silence et finalement
supprimés en France, en 1762, en attendant de l’être onze
ans plus tard par le Pape sous la pression des monarchies «éclairées
».
Bien plus, de
1745 à
1757,
Machault, contrôleur général (ministre) des finances,
qui préconisait avec raison l’égalité devant l’impôt
afin de procurer à la monarchie les ressources nécessaires
pour combler le déficit devenu chronique, laissa
complaisamment attaquer par la coterie philosophique les
immunités fiscales du clergé, qui ne voulait rien savoir des
nouvelles taxes projetées. Le mouvement
anticlérical en fut
naturellement renforcé. Ainsi le pouvoir était passivement
complice de l’oeuvre des encyclopédistes qui secondaient de
la sorte l’oeuvre entreprise par certains ministres pour établir
un système fiscal égalitaire.
Le
pouvoir royal eut encore une autre responsabilité. Faisant
preuve d’une véritable carence, il laissait certains de
ses agents favoriser la diffusion des idées philosophiques
bien que les lois renfermassent les dispositions les plus sévères
pour frapper leurs auteurs. L’exemple est bien connu de Malesherbes, « directeur de la
librairie
», qui cachait chez lui les bonnes feuilles de l’Encyclopédie
et faisait passer à
Rousseau celles de «
La Nouvelle Héloïse
» et de « L’Emile ».
Non seulement les adversaires des «
philosophes » — tel Fréron, dans « L’Année littéraire
» — n’étaient pas soutenus, mais ils étaient même
parfois frappés par la censure parce qu’ils avaient osé
critiquer Voltaire ou d’Alembert. C’est que ces «philosophes
», qui exerçaient une véritable tyrannie sur les lettres
françaises, criaient à la tyrannie dès qu’on se
permettait de les discuter et appelaient sur leurs
contradicteurs les foudres de ce pouvoir qu’ils ne se gênaient
pas, eux-mêmes, de critiquer. Tout leur était bon surtout
pour «écraser l’infâme », et « l’Infâme », c’était
l’Eglise. Aussi bien, surtout après la suppression des Jésuites,
plus nettement encore entre 1770
et 1780,
rien ne s’opposait plus sérieusement à la diffusion de
la libre-pensée; au moment où la lutte battait son plein,
l’autorité avait abdiqué devant la «philosophie ».
Les
querelles religieuses qui, depuis la bulle «
Unigenitus » (1713),
dressaient les uns contre les autres jansénistes,
gallicans et ultramontains, contribuèrent aussi
à discréditer
les croyances traditionnelles et profitèrent en fin de compte
à la « philosophie ». Lourde est la responsabilité du jansénisme,
cette théologie semi-calviniste, inhumaine et désespérée.
Elle donna beau jeu aux sarcasmes de Voltaire et contribua à
précipiter le siècle dans le rationalisme. Lourde aussi la
responsabilité du gallicanisme, cette forme théologique de
l’absolutisme royal et de l’orgueil national. De ces
querelles aussi, les Jésuites furent les victimes, succombant
sous les attaques conjurées des «philosophes »
rationalistes et du Parlement de Paris, gallican invétéré.
Nul ne se méprit — les témoignages contemporains en font
foi — sur la gravité de leur défaite. Gallicans et jansénistes
applaudirent à la suppression de la Compagnie. Ils ne
s’aperçurent pas, tant les aveuglait leur rancune, qu’ils
avaient servi la haine des ennemis de la foi
et qu’ils
avaient été simplement, comme d’Alembert l’écrivait à
Voltaire, «les exécuteurs de la haute justice pour la
Philosophie dont ils prenaient les ordres sans le savoir».
Ces
mêmes parlements, d’ailleurs, s’émouvaient autant que le
clergé devant les progrès de l’irréligion. Tandis que les
assemblées du clergé, notamment de 1771,
reprochaient au gouvernement sa mollesse dans la répression
des mauvaises doctrines, les parlements ne cessaient pas de
condamner les ouvrages réputés dangereux:
entre
1775 et 1789,
65 écrits furent frappés par le Parlement de Paris.
Les hauts magistrats préconisèrent même en 1775
l’union avec le clergé pour lutter contre l’impiété
et contre les critiques politiques et sociales. On condamnait
en même temps que d’autres autorités fermaient
complaisamment les yeux; les livres
défendus se vendaient
presque ouvertement et n’en étaient parfois même que plus
recherchés.
Les
mesures de répression des parlements et les doléances du
clergé prouveraient à elles seules la diffusion des idées
«philosophiques», surtout à partit de 1760.
On en a d’autres preuves encore. Les progrès de
l’instruction et de la curiosité d’esprit y contribuèrent
dans une large mesure. Les écoles primaires, déjà très
nombreuses, étaient sans doute dans les mains du clergé à
qui l’on doit presque tout ce qui fut fait au XVIIIe siècle
pour l’instruction populaire. Le peuple y apprit à lire,
mais il lut ensuite autre chose que le catéchisme. En même
temps, la culture supérieure, qui commence à s’acquérir
au collège et se développe par la lecture et la discussion,
faisait de grands progrès dans la petite bourgeoisie et même
chez les villageois aisés.
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