ATRIUM - L'Âge Classique (1453-1789)

Retraçons ici trois siècles particulièrement riches pour l'histoire de l'humanité. Nous étudierons les XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles au travers de divers dossiers et de simples pages s'attachant aux aspects politiques, militaires, sociaux, culturels...

 

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Les révolutions anglaises: Introduction
 
 

Le XVIIe siècle anglais est le siècle des deux révolutions. Christopher Hill, historien qui joua un rôle prépondérant dans la compréhension de cette période, décrit ainsi la situation de l'Angleterre au milieu du XVIIe: 

" tout fut renversé, remis en question, repensé. Les anciennes institutions, les anciennes croyances, les anciennes valeurs : tout fut remis en cause ».

Il convient bien de parler de révolution, terme que l’on utilise parfois à la légère, pour décrire ce tournant décisif de l’histoire anglaise. Cependant, il convient de remarquer que le terme de « révolution » n’a acquis que récemment (disons après 1789) sa signification de « changement rapide et violent de l’ordre politique ». Entre le XVIe et le XVIIe, le terme a une forte connotation astronomique : c’est le mouvement d’un corps céleste et son retour à son point de départ, c’est donc quelque chose de cyclique, qui renvoie à un passé, parfois mythique. 

Mais de toute évidence, l’importance des bouleversements qu’impliquèrent les deux révolutions que nous allons découvrir ensemble ne se limite pas à cette volonté de retour à un passé. Ce serait peut-être même le contraire : en effet, l’exécution de Charles Ier ne donne pas lieu à la nomination d’un nouveau roi, c’est l’abolition de la monarchie qui est décidée ! C’est une redéfinition radicale de l’Etat anglais alors en cours de consolidation, un Etat qui va prendre une place de premier plan sur la scène européenne pendant plusieurs siècles. Mais voyons, en bref, ce dont nous allons parler.

C’est en 1603 qu’était morte la reine Elisabeth. Sous son règne, la société anglaise réussit à trouver les moyens de maintenir la paix intérieure et de promouvoir le développement économique. On s’appuie alors sur un sentiment de cohésion nationale, dont l’Eglise anglicane est l’un des piliers. Cependant on note certaines carences : l’armée de terre laisse à désirer, un système de perception fiscale satisfaisant doit être mis en place…

Son héritier le plus proche se trouvait être le fils de Marie Stuart (rivale d’Elisabeth qui péri sur l’échafaud), Jacques Stuart, roi d’Ecosse. Il devint roi d’Angleterre sous le nom de Jacques Ier. En ces temps de violence, en dépit de quelques maladresses politiques, Jacques réussit à maintenir un fragile équilibre même s’il se heurta d’emblée avec le Parlement. Ces successeurs eurent moins de succès.

Notons que bien qu’aillant le même souverain, l’Angleterre et l’Ecosse continuèrent de former deux Etats distincts. 

Le destin des Stuart fut tragique ; dès 1640, le roi Charles Ier était décapité et l’on proclamait la République. En 1660, son fils, Charles II, lui succédait. Mais en 1668, Jacques II, le quatrième et dernier roi Stuart, était à son tour expulsé du trône. 

On peut se demander comment une monarchie aussi puissante du temps des Tudors avait pu en arriver là ? C’est bien l’opposition du Parlement aux souverains qui explique ce retournement de situation. En effet, les députés de la Chambre des Communes avaient déjà exprimé leur mécontentement dans les dernières années du règne d’Elisabeth. Ces petits propriétaires, hommes de lois et marchands souhaitaient participer plus activement au gouvernement et même imposer au roi leur politique. Ce sont les tentatives de Jacques Ier, puis celles de son fils Charles Ier, pour installer une monarchie absolue qui se heurtèrent aux résistances parlementaires, jusqu’à la guerre civile qui sera fatale à la monarchie.

 
 

Bibliographie

E-Th. Rimli, coll. Histoire universelle illustrée Editions Stauffacher S.A

 
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