Elle
est née de la volonté de répartir le pouvoir de décision
entre plusieurs hommes, de manière à
éviter
que le destin de la cité ne dépende que d’un seul
personnage.
La
tradition romaine date l’instauration de la République au
lendemain de l’expulsion de Tarquin le
Fier, dernier roi de Rome, proscrit à la suite du viol
de la noble matrone Lucrèce.
En bannissant le roi, les Romains enragés
supprimèrent la fonction royale elle-même. Les actes du souverain
avaient prouvé que le succès du système reposait sur la
qualité de l’individu. Le régime de substitution à la
monarchie fut soigneusement élaboré de façon à éviter la
concentration de trop grands pouvoirs sur les épaules d’un
seul homme.
Ainsi
le pouvoir de décision fut-il réparti entre plusieurs postes
de la magistrature. Les postes étaient attribués annuellement
et il y avait de sérieuses contraintes pour les réélections.
Au poste principal de Consul,
deux
hommes étaient nommés ; ainsi, aucun individu ne
pouvait dominer. Les Romains reconnaissaient qu’en cas
d’extrême urgence il était essentiel que le commandement
passe à un seul homme, d’où la création
de la fonction de Dictateur. Mais le Dictateur, malgré
les pleins pouvoirs que lui conférait le Sénat, n’était en
place que pour six mois.
Alors
que le Sénat devenait le principal corps
administratif, les citoyens se réunissaient en assemblées,
votaient et ratifiaient les décisions sénatoriales.
Initialement, l’accès au Sénat était restreint, mais, avec
le temps, par élection, les citoyens accédèrent aux postes
subalternes. Le fait d’appartenir à une longue lignée de sénateurs
demeurait important. Ceux qui, dans leur famille, accédaient
les premiers à la fonction sénatoriale étaient appelés
hommes
nouveaux, mais le système resta suffisamment flexible
pour permettre à des hommes talentueux d’atteindre les
postes-clés dans l’administration républicaine.