SOMMAIRE - Le refuge en Suisse de 1933 à 1945

Hier comme aujourd'hui, des Etats généraient des réfugiés, d'autres les accueillaient... ou les repoussaient. Il y a un demi siècle, la Suisse, pays de premier refuge, était sérieusement confrontée aux victimes du nazisme et les traitait selon des principes parfois encore actuels. Raison d'Etat et obsession du nombre, tradition de l'asile et sauvetage de vies humaines : la politique du refuge évolue entre deux pôles. D'un côté, c'est le J sur les passeports juifs, le refoulement des victimes de la solution finale, de l'autre, c'est les 295 000 civils et militaires reçus au total durant la guerre. L'accueil s'améliore avec le temps. Abandonnés aux organes caritatifs jusqu'en 1939-1940, pris en charge ensuite par l'Etat dans des camps, les réfugiés travaillent, reçoivent une formation professionnelle, pratiquent la démocratie interne...

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 Récapitulation et regard global

 
 

Le nombre des réfugiés civils augmenta jusqu'en mai 1945, pourtant les départs avaient déjà commencé: 3986 en 1944 seulement (au maximum 487 en août), soit près de 15% des effectifs présents au mois de mars. L'effort acharné mené pour évacuer au plus tôt ces hôtes forcés avait visiblement porté ses fruits. C'était en général les cas les plus faciles à régler; les candidats au départ ne manquaient pas et secondaient activement l'administration ou même la court-circuitaient pour partir incognito.

Dans l'ensemble, on ignore dans quelle mesure les voeux personnels purent se réaliser et quel fut le sort réservé aux cohortes de ceux qui n'avaient aucune envie d'accélérer leur départ ou tentaient de s'infiltrer définitivement dans le marché suisse du travail. On ne dispose même pas de statistique complète des destinations. Le VSJF en a dressé une pour ses propres assistés qui peut à peine donner quelques indications.

Ce n'est qu'à la veille de la paix qu'enfin les réfugiés furent admis à participer à la préparation de leur avenir personnel. C'était le moment! On peut critiquer la lenteur d'une bureaucratie qui agit plus par réaction que sur ses propres initiatives, mais avait-elle entièrement tort ? Elle a affronté des défis successifs et a trouvé des réponses qui n'ignoraient pas les besoins individuels. Elle a souvent cédé aux organisations caritatives et à la direction des camps, mais c'est elle qui les avait volontairement associés à la gestion du refuge. Jusqu'en 1943, le problème des départs ne se posait pas, mais déjà les besoins particuliers étaient pris en considération dans les camps. Groupements par nationalités, par âge, rapprochements familiaux, formations professionnelles désarticulaient des planifications abstraites et rigides. En 1944, l'urgence des premiers accueils durables ayant diminué, les cas personnels furent mieux pris en compte, l'organisation des loisirs ouvrit les premières brèches significatives, en même temps que l'approche de la victoire alliée rendait plus utile la participation des réfugiés. Le tournant de Montreux n'est pas seulement une victoire arrachée aux autorités, c'est aussi l'effet des adaptations antérieures acceptées de bon, parfois de mauvais gré par l'administration, mais acceptées quand même.

     

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Sources

- Lassere, A. (1995). Frontières et camps. Le refuge en Suisse de 1933 à 1945. Editions Payot Lausanne.

 

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