Fils
de
Ptolémée Ier
Sôter et de sa deuxième femme Bérénice,
associé au pouvoir par son père dès janvier -284, Ptolémée II
continue à régner sur le royaume des Lagides après la mort de Sôter
en -282 jusqu’à la fin de janvier -246.
Au
début de son règne, l’état
lagide est à l’apogée de sa puissance. Celle-ci est consolidée
par le deuxième mariage de Ptolémée II avec sa propre sœur
Arsinoé II,
veuve de
Lysimaque,
qu’il épouse à la manière des pharaons, entre -279 et -274.
L’énergique souveraine marquera de son empreinte la politique
égyptienne pendant quelques années. Après sa mort en juillet -270,
Ptolémée lui confère des honneurs divins; l’épithète Philadelphos ,
«celle qui aime son frère», passe
de la défunte reine au roi «qui aime sa sœur».
Malgré
les guerres qui marquent son règne (première guerre de Syrie, -276
à -271, terminée de manière avantageuse pour l’Egypte;
révolte de Magas à Cyrène, -274;
intervention de la flotte ptolémaïque dans la guerre d’Athènes
et de Sparte contre la Macédoine, -266 à -261; deuxième guerre
de Syrie, terminée au début de -252), Ptolémée Philadelphe,
moins enclin que son père à pratiquer une
politique étrangère belliqueuse, préfère s’employer
à perfectionner les structures du royaume ptolémaïque.
Il se posa dans la mer Égée comme le défenseur de la liberté
des Hellènes contre la Macédoine. En -272, il conclut une
alliance avec Rome.
Avec
l’aide très active de son diœcète (ministre des finances) Apollonios,
il organise l’économie (monopoles royaux) et modernise
l’agriculture (mise en valeur des terres dans le nome Arsinoïte,
le Fayoum actuel). Législateur particulièrement actif, il
promulgue plusieurs décrets et ordonnances (diagrammata
et prostagmata ) concernant l’administration et les
finances, l’armée, la sécurité du commerce; il dote l’Egypte
d’une organisation judiciaire qui tient compte de la dualité
ethnique et culturelle du pays: tribunaux distincts pour les
immigrants hellénophones (dicastères dans les cités grecques et
dans les campagnes) et pour les indigènes (laocrites ,
«juges du peuple»), subordonnés à une justice royale que le
monarque exerce seul ou par l’entremise de ses chrématistes.
Comme son père, Ptolémée Philadelphe s'efforce d'attirer en
Egypte l'élite hellénique, mais également des juifs.
Élève
du poète Philétas de Cos, du grammairien Zénodote et du
physicien Straton de Lampsaque, Ptolémée II est le plus
cultivé des rois hellénistiques. S’intéressant aux sciences
naturelles et à la géographie, protecteur des arts et des
lettres, il développe le Musée et la Bibliothèque d’Alexandrie
qui sous son successeur Ptolémée III Evergète Ier
(-246 à -222) atteindra le chiffre impressionnant de plus de 490 000
rouleaux. La traduction en grec de la Bible par les
Septante a bénéficié de son soutien, si elle n’est pas due à
son initiative.