SOMMAIRE - Le refuge protestant dans le Pays de Vaud

La célébration du tricentenaire de la Révocation de l'Edit de Nantes a suscité un véritable regain d'intérêt pour le refuge huguenot. En France, la plupart des ouvrages qui traitent de la Révocation analysent surtout la situation des protestants dans le royaume entre 1598 et 1685.  Pour la constitution de ce dossier nous utiliserons le travail de Marie-Jeanne Ducommun et Dominique Quadroni, Le refuge protestant dans le Pays de Vaud (Fin XVIIe - début XVIIIe). Aspects d'une migration.

 

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 Conclusion et récapitulation

 
 

Politique économique

Durant tout le Refuge, la politique de Berne en matière d'asile cherche à concilier deux objectifs: profiter de l'arrivée des réfugiés pour tenter un démarrage économique et éviter d'augmenter le paupérisme.

Pensant pouvoir bénéficier des innovations techniques et du savoir-faire de réfugiés manufacturiers habiles et dynamiques, Berne prend très tôt des dispositions. Elle charge ses baillis au Pays de Vaud d'effectuer un tri entre les réfugiés "utiles" et ceux qui risquent de tomber à charge. Elle soutient les projets d'implantation de manufactures, notamment de la soie, en organisant en 1688 et 1692 une vaste campagne de promotion de la culture des mûriers blancs auprès des villes vaudoises. De plus, les manufacturiers sont aidés lors de leur installation: Berne enjoint leur localité de résidence à se porter garante des emprunts nécessaires au financement de départ de leur entreprise. D'autres facilités leur sont accordées au plan communal: ils sont parfois exemptés de taxe pour un certain temps ou peuvent louer des locaux ou des outils à des prix avantageux. Enfin, les villes s'engagent souvent à leur fournir une main d'oeuvre bon marché en contraignant les pauvres de l'assistance à travailler dans ces manufactures.

Mais il semble pourtant que dès 1689, les efforts des villes en faveur des manufacturiers prennent fin. Les autorisations d'établissement se raréfient ou disparaissent, en même temps que les plaintes des entrepreneurs se multiplient. La mauvaise conjoncture et les rigidités du système économique d'Ancien Régime ont eu raison des meilleures volontés. Les taxes des péages grèvent les prix des marchandises; le protectionnisme rigoureux perturbe l'approvisionnement en matières premières et empêche certains marchands de négocier avec leurs relations à l'étranger. Enfin, la floraison désordonnée de nouvelles entreprises entre 1684 et 1689 conduit très vite à un encombrement du marché: tous les manufacturiers se plaignent en effet du manque de débit de leurs marchandises.

D'autre part, l'opposition très forte des corps de bourgeois ou d'artisans freine les élans novateurs des Conseils et pose des limites trop contraignantes à l'activité des nouveaux venus. A la fin du siècle, on peut conclure que les innovations rêvées par Berne se soldent globalement par un échec.

     

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Sources

- Ducommun, M-J. Quadroni, D. (1991). Le refuge protestant dans le Pays de Vaud. Aspect d'une migration. Editions Droz Genève.

 

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