SOMMAIRE - Histoire Contemporaine (depuis 1914...)

La périodisation de coutume en France fait commencer l'Histoire contemporaine avec la Révolution française du fait de ses conséquences internationales. Mais nous ne nous situerons pas dans cette tradition. Il est d'usage de dire que la période contemporaine est la dernière grande période de l'Histoire, nous la ferons débuter avec la Première Guerre mondiale et s'étendre jusqu'à nos jours.

 

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Mieux comprendre le problème israélo-palestinien

 
 

Des origines lointaines.

1. La naissance d'Israël

De fortes pressions s'exercent sur la Grande Bretagne de la part de la communauté juive qui revendique la création d'un état hébreu en Palestine. Déjà la déclaration Balfour de 1917 en est une illustration: Le 11 mai 1942 est adopté sous l'impulsion de David Ben Gourion le programme de Biltmore qui revendique: la création d'un état juif, l'immigration illimité et la création d'une armée juive. La pression devient telle que le ministre britannique Lord Moyne est assassiné en novembre 1944 au Caire par des membres du groupe Stern. C'est ensuite dans l'affaiblissement de la Grande-Bretagne que se dessine après guerre la nouvelle carte du moyen Orient. Par ailleurs, la violence de l'holocauste a tant frappé les opinions publiques qu'elles sont acquises à la cause juive. Enfin, sur place, le rapport des forces évolue en faveur des juifs, passés de 411 000 (1936) à 608 000 (1946). Le plan Morrison-Grady, présenté le 31.07.1946 est repoussé à la fois par les juifs et les arabes. Une conférence de la Table Ronde, ouverte à Londres en Septembre n'aboutit pas davantage. Ben Gourion, chef de la conférence sioniste mondiale, pressé, a dès octobre 1945 appelé à la lutte armée. Lassé, Attlee annonce le 14.02.1947 que son gouvernement transmet aux nations unies l'ensemble du dossier. Un rapport y est adopté le 29 novembre par 33 voix (dont celles des USA, de la France et de l'URSS) contre 13 (les pays arabes) et 10 abstentions (dont la GB): ce rapport préconise un retrait britannique et une division de la Palestine assez conforme à celle proposée par la commission Peel de 1937. Division assez favorable aux juifs, qui obtiennent 55% du territoire pour 1/3 de la population. Le 15 mai la Grande-Bretagne se retire, laissant le territoire sans administration ni défense. La veille a été proclamé l'état d'Israël par Ben Gourion.

2.les causes multiples du conflit

Conflit religieux et culturel, par opposition du judaïsme et de l'islam. Conflit ethnique par antagonisme des juifs et des arabes. Le territoire, occupé depuis fort longtemps par les palestiniens leur est en effet soudain subtilisé et une immigration juive très importante se fait vers la Terre promise. Ce sont donc deux mouvements qui s'opposent: le sionisme et l'arabisme.

Depuis 1945: des temps difficiles

1. Des conflits dès la naissance d'Israël

Après le retrait de la Grande-Bretagne, l'état d'Israël est reconnu par les grandes puissances. Mais d'emblée les forces de la Ligue arabe, formée le 22.03.1945 réagissent. Numériquement elles ne sont que peu inférieures aux forces israéliennes (70 000 contre 75 000) mais la supériorité d'équipement est du côté d'Israël. Les opérations initiales sont favorables aux arabes (les Égyptiens occupent Gaza, Hébron). Les forces israéliennes reprennent l'avantage à Tel-Aviv. L'ONU s'efforce de ramener la paix. La trêve proposée est rompue le 12 octobre et les israéliens poursuivent leur progression. Ils ne s'arrêtent qu'aux portes du Sinaï, contraints par un ultimatum britannique. Les pays arabes doivent déposer les armes. Les conventions d'armistice sont signées à Rhodes entre février et juillet 1949. Israël, passant outre les injonctions de l'ONU, occupe la partie occidentale de Jérusalem. Une résolution de la ligue arabe du 1e avril 1950 pose le principe de l'exclusion de tout état qui négocierait avec Israël, empêchant tout rapprochement.

2.une source de tensions au niveau mondial

Ce conflit est non seulement local (enjeu palestinien), mais aussi régional par le jeu des solidarités arabes et, peu à peu, il devient mondial. Les grandes puissances s'inscrivent dans l'opposition israélo-arabes: les USA soutiennent traditionnellement Israël sur le plan militaire et économique. L'URSS se porte, elle, du côté des états arabes progressistes. Tensions économiques également; la zone se trouvant très proche des principaux foyers pétroliers mondiaux.

3. De multiples conflits

¤ La crise de Suez en 1956. Nasser nationalise le canal de Suez et le ferme à Israël. Français, Britanniques et Israéliens mènent une opération conjointe. Les européens sautent sur Port Saïd tandis qu'à l'est les israéliens avancent. Mais la pression violente des deux grands impose le retrait.

¤ La guerre des 6 jours: Nasser s'allie à la Jordanie et à la Syrie avant de fermer le détroit de Tiran, seul accès des israéliens à la mer rouge. Ceux-ci se lancent alors dans une guerre éclair. Du 5 au 10 juin 1967, ils progressent à grands pas et occupent le Sinaï, la bande de Gaza, la Cisjordanie et le plateau du Golan. Les israéliens ont montré dans cette guerre une puissance qui ne peut que raviver l'hostilité des puissances arabes environnantes. Qui plus est, en dépit de la résolution 242 de l'ONU, Israël ne libère pas les territoires occupés. De nouveaux palestiniens sont contraints à l'exil, notamment en Jordanie. De là, ils mènent des actions terroristes. Hussein de Jordanie, dont le gouvernement modéré s'inquiète, pratiquera une purge des camps de réfugiés. Ce moment garde un nom tristement célèbre: le "Septembre noir" (1970).

¤ Pour effacer l'humiliation de 1967 et récupérer les territoires alors perdus, l'Égypte et la Syrie lancent en 1973, le jour du Yom Kippour, une guerre contre Israël. L'offensive connaît le succès même si Israël parvient à rétablir la situation. Les pays arabes tentent en vain des pressions sur l'occident en quadruplant le prix du pétrole. Le choc pétrolier successif marquera les débuts de la crise. En Égypte, Sadate, qui a succédé à Nasser en 1970, se fait à l'idée d'une paix avec Israël. Il se rend à Jérusalem en 1977. L'année suivante, en présence de Jimmy Carter, de Sadate et de Begin, sont signés les accords de Camp David. Israël évacue le Sinaï. Pour la première fois, Israël semble dans une paix relative avec ses voisins.

¤ la tension se transporte au Liban, d'où des palestiniens lancent des raids terroristes. Une guerre civile s'y développe dès 1975 entre différents groupes isolés. La Jordanie, qui considère le Liban comme partie intégrante de son territoire, en occupe le nord dès 1976. En outre une bonne partie du monde arabe refuse la paix israélo-égyptienne. C'est sans doute une des raisons pour lesquelles Sadate est assassiné le 6.10.1981.

¤ dans les territoires occupés, la guerre des pierres ou Intifada, ne connaît de cesse.

Vers un règlement pacifique de la question?

1. Une avancée depuis 1993

Yasser Arafat, leader de l'OLP et Itzhak Rabin, le dirigeant israélien, s'engagent sur la voie de la paix en signant à Washington le 13.09.1993 un accord portant sur un développement progressif de l'autonomie des territoires occupés. Les premiers changements s'opèrent : une police palestinienne, créée à cet effet, prend fonction dans certaines villes de Cisjordanie et de Gaza.

2. Des questions et des problèmes demeurent

Notons tout d'abord que le développement de l'autonomie palestinienne est encore tout relatif et limité. Seul sa poursuite et son intensification dans le temps aboutiront à une réelle autonomie des palestiniens. Autre problème: le sort des colons juifs installés dans les territoires occupés. A leur tour, ils se trouvent soumis à un pouvoir étranger. Ils sont alors des recrues de choix pour un extrémisme de droite israélien en pleine croissance. L'assassinat d'Itzhak Rabin en fut un exemple frappant. La situation depuis 2000 et la reprise de l'Intifada a raviver tous les extrémismes. D'attentas palestiniens en représailles israéliennes, le conflit ouvert dans cette partie du globe se trouve actuellement (août 2001) dans une logique de surenchères. Il ne nous appartient pas ici de spéculer sur l'évolution future de la situation ou de prendre position, notre but était celui de donner quelques notions fondamentales pour mieux comprendre les événements actuels. 

 
 
 

Source :

Encyclopédie Universalis © 1998 Encyclopædia Universalis France S.A. 

 
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