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Natif
de
Sarsina,
en Ombrie, Plaute était le plus populaire des comiques latins.
La tradition rapporte qu’il vint à Rome et qu’il fut dans
un premier temps comédien, ensuite il voulu faire des
affaires mais fit rapidement faillite et fut ruiné. Il
travailla alors comme garçon meunier, dans le même
temps il commença à écrire des pièces.
On dit que plus de 130
pièces circulaient sous son nom à la fin du II siècle, on ne
peut lui en attribuer avec certitude que 21
(selon la liste fournie par Varron,
le célèbre érudit qui fut le premier directeur de la nouvelle
bibliothèque de Rome).
Un problème se pose
cependant : Au sujet de son nom déjà ; en effet
Maccius
était le nom d’un personnage de la comédie (celui qui avait
une « grosse mâchoire ») et Plautus, outre
le fait que cela puisse venir de ses pieds plats, était aussi
un personnage de la comédie
(celui qui portait des sandales ; en comparaison des
acteurs tragiques qui portaient des cothurnes). Mais ce sont
aussi les éléments de sa biographie qui nous interpellent ;
ses débuts de comédiens, puis sa ruine et son travail dans un
moulin rentrent tout à fait dans la trame comique des pièces
de l’époque. Est-ce que Plaute ne fut qu’un auteur
imaginaire ? Certains l’ont prétendu, nous ne nous
rangerons pas à leur avis, bien que l’on ne puisse définitivement
trancher en la matière.
Les comédies de Plaute
sont le premier ensemble de grandes dimensions que nous ayons
de la littérature latine. La principale nouveauté de
Plaute étant qu’il ne se consacre qu’à un seul
genre : le comique.
Ce n’était alors pas du tout la règle en matière de littérature.
Une autre de ses caractéristiques c’est qu’il
allie
théâtre grec et théâtre italien (bien qu’il ne
soit pas le premier à le faire, Livius
Andronicus l’ayant déjà fait).
Le théâtre grec auquel
il emprunte est celui de la fin du IV et du début du IIIe siècle.
Ses auteurs de prédilection sont : Ménandre, Diphile, Philémon.
Ce sont des auteurs qui appartiennent à la Nea
(la comédie nouvelle) et que se distingue de la comédie
ancienne (Aristophane, Ve siècle).
La grande différence entre les deux genres consiste dans le
fait que la Nea n’a déjà plus la liberté d’expression
qui était celle des auteurs « anciens » (pensons
aux Nuées
d’Aristophane) ; la société n’est plus démocratique,
pas question donc de tourner les puissants en dérision sans
encourir de risques.
De ses modèles Plaute va reprendre les personnages et les lieux
(villes grecques) mais il va remplir ses textes de références
latines (lois, magistratures, coutumes, lieux…).
En outre, Plaute utilise
le procédé de la contaminatio,
c’est-à-dire qu’il prend une pièce, la déconstruit, et y
greffe des actions se déroulant dans d’autres œuvres (Térence
reprendra cette méthode).
Ses pièces mettent
souvent en jeu des esclaves rusés, des
matrones revêches,
des pères grondeurs, des
courtisannes, des
« parasites », des
soldats fanfarons,
des jeunes gens amoureux…Ce sont souvent des comédies
type « Fourberie de Scapin » ; un esclave
malicieux s’arrange pour qu’un jeune homme follement épris
d’une jeune fille appartenant à un léno (marchand
escalve) puisse réunir la somme nécessaire à son rachat,
somme généralement subtilisée au père du jeune homme…La
comédie se finit généralement bien, l’on découvre que la
fille était de condition libre, elle est soustraite au léno et
l’esclave n’est pas puni pour sa malice.
Son style est parfois
grossier, ses intrigues défient parfois la vraisemblance mais
sont toujours pleines de vie. Il faut bien comprendre que
la comédie de l’époque était accompagnée de très nombreux
chants et
musiques,
en fait les dialogues n’occupaient que le 1/3
de la pièce. Cicéron dira « Ce qui m’intéresse au
théâtre c’est le chant, la musique et les jeux de mots, mais
pas l’histoire… » c’est l’opinion que partage
le peuple.
Notons encore que la
plupart de ses œuvres s’ouvrent par le discours d’un
certain Prologus
(c’est de là que vient notre prologue…) ; il se
pouvait aussi que le discours introductif soit prononcé par un
dieu. Ce discours servait à résumer l’intrigue et à se
concilier les bonnes grâces du public (le résumé est souvent
entortillé et servait de « plaisanterie introductive »).
Avant de voir le contenu de son œuvre il convient de savoir que
Plaute est passé entre les mains de nombreux « correcteurs
potentiels » avant de nous parvenir.
Son œuvre
Signalons principalement
son Amphitryon
qui a comme sujet les amours de Jupiter
de d’Alcmène et la
naissance d’Hercule.
C’est la seule pièce de Plaute ayant un sujet mythologique,
il la qualifie de « tragi-comédie ». Elle inspira
le fameux Amphitryon 38 de Giraudoux.
D'autres titres:
Mercator
(le Marchand) ; Persa
(le Persan) ; Asinaria
(la Comédie des Anes) ;
Pseudolus
(le Menteur) ;
Mostellaria
(La Comédie du fantôme) ; Aulularia
(La Marmite ; qui inspira l’Avare de Molière en 1668)
L’avènement
du classicisme en poésie, à l’époque augustéenne, porta un
rude coup au crédit de Plaute.
Horace
le jugera grossier et archaïque, bien que ne lui déniant pas
tout intérêt. Il faudra attendre le II siècle et son
mouvement archaïsant pour voir Plaute remis au goût du jour.
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