ATRIUM - Histoire du Moyen Âge

Le Moyen Âge est la période comprise entre l'Antiquité et l'Age classique, c'est-à-dire allant de la chute de l'Empire romain (en 476) à la chute de l'Empire Byzantin (en 1453). C'est l'humaniste Giovanni Andrea qui utilisa pour la première fois le terme de "Moyen age" en 1469. Mais ce n'est qu'au cours du XVIIe siècle que le mot devint d'usage courant. Il était alors utilisé dans un sens dépréciatif et désignait le millénaire séparant la disparition de la culture antique et la Renaissance.

 

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Les Plantagenêt
 

 

Pendant près de trois siècles, la famille des Plantagenêts va régner sur le royaume anglo-normand constitué par Guillaume le Conquérant au XIe siècle. Cet état est alors la première puissance politique, mais c’est un Etat féodal typique dont la stabilité repose d’abord sur les liens qui unissent le souverain et ses vassaux les plus importants. C’est en Angleterre que les Plantagenêts régnaient en souverains indépendants, tandis qu’en France, ils étaient les vassaux des Capétiens, situation qui donna naissance à une rivalité hostile entre les deux dynasties. L’animosité que les Capétiens avaient manifestée à l’égard de Guillaume le Conquérant dégénéra en une haine à mort envers la maison d’Anjou. Henri II rendit à l’Angleterre la puissance qu’elle avait connu sous Guillaume le Conquérant et, dans une certaine mesure, lui donna la première ébauche de ce qui devait constituer son originalité en tant qu’état. Il limita l’autorité des barons et les libéra de leurs devoirs de vassaux, mais exigea d’eux un impôt : « l’argent de l’écu ».

A la mort d’Henri Ier

Lorsque Henri Ier meurt en 1135, il est sans héritier direct. Deux hommes sont candidats à la succession :

-      Mathilde, fille du roi défunt, s’est remarié avec Geoffroi Plantagenêt (comte d’Anjou). Ils ont un fils, Henri.

-      Etienne de Blois, petit-fils de Guillaume le Conquérant comte de Blois et de Champagne et ennemi juré de l’Anjou.

Les vassaux ne tarderont pas à se diviser pour soutenir leur favoris.

La guerre civile

En 1135, Etienne monte sur le trône. La guerre civile éclate, elle ne cessera qu’en 1154 environ, avec la mort d’Etienne. Pendant près de vingt ans la France de l’Ouest et l’Angleterre sont à feu et à sang, la discipline que les rois normands avaient réussie à maintenir est totalement balayée ; partout des châteaux s’élèvent sans que le souverain n’en ait donné l’autorisation, les droits royaux et ducaux sont usurpés. Après la mort Geoffroi en 1151 et celle d’Etienne en 1154, le pouvoir revient à Henri, jeune fils de Mathilde et de Geoffroi Plantagenêt. Mais la guerre à profondément affaiblie la monarchie anglaise.

Henri et Aliénor

Déjà héritier des comtes d’Anjou et de Touraine, Henri II Plantagenêt va encore agrandir son domaine en épousant Aliénor d’Aquitaine en 1152. Louis VII, le premier mari d’Aliénor, avait répudié sa femme ; celle-ci apportait en guise de dot ses terres du Poitou, de l’Aquitaine, de la Gascogne, du Limousin, de l’Agenais et un ensemble de droit de suzeraineté sur d’autres territoires (le comté de Toulouse par exemple). Les possessions d’Henri et de son épouse représentaient ainsi plus de la moitié du royaume de France. Il en débouchera inéluctablement de fréquents conflits entre français et anglais. Mais le mariage d’Henri et d’Aliénor n’est pas heureux, les nombreuses aventures du souverain compliquant la situation. Si Aliénor n’a pas donné d’héritier mâle au roi de France, en revanche elle a plusieurs fils avec son second mari (dont Richard Cœur de Lion, et Jean sans Terre). Aliénor va utiliser les intrigues politiques et la conspiration pour se venger des aventures de son époux. Henri II va la faire interner dans un couvent après qu’elle eut tenté de soulever ses fils contre lui. Elle ne sortira de sa « prison » qu’en 1189, avec l’avènement de Richard Cœur de Lion. Malheureusement pour Henri, son caractère emporté allait nuire considérablement aux nombreux avantages que le sort lui avait réservés.

Organisation du royaume

Henri II s’appuie sur une administration locale efficace ; les guerres privées sont interdites et les tournois particulièrement surveillés. Le roi est représenté dans les comtés par les shérifs qui assurent le bon fonctionnement du territoire durant l’absence du souverain. Le pays est soumis à la Common Law, droit commun à l’ensemble du territoire, dont les tribunaux locaux assurent le développement. Une bureaucratie monarchique se met peu à peu en place  (Curia regis = Cour du roi). De cet ensemble va naître le Parlement. Sous Henri II les institutions deviennent sédentaires ; la principale administration financière est l’Echiquier, installé à Westminster dès 1170, il sera rejoint par la chancellerie, chargée de la justice. Lorsque le roi est absent, un « Justicier », membre de la famille royale, surveille le bon fonctionnement du système. Cet ensemble permet au roi de se consacrer plus largement à ses fiefs continentaux, plus riches que son royaume d’Angleterre. La juridiction féodale fut donc peu à peu remplacée par des tribunaux royaux, instance supérieure, et des chambres de jurés, première instance. Le pouvoir royal en sortait affermi ; l’aristocratie affaiblie et confinée dans ses terres afin que les guerres féodales prissent fin. C’est ainsi que le danger de morcellement que présenta ailleurs une féodalité trop indépendante fut évité en Angleterre. Du même coup, une certaine participation des couches inférieures de la population à l’exercice de la justice et à l’armée fut rendue possible. Henri arma la bourgeoisie et la soumit à des obligations militaires, ainsi il gagnait non seulement des forces pour son armée, mais en plus une fusion s’opéra entre les classes inférieures d’origine saxonne et le peuple vainqueur des Normands.

Au niveau culturel

L’influence d’Aliénor fut très efficiente, elle introduit en Angleterre de nouvelles pratiques culturelles. Aliénor était la petite-fille du comte troubadour Guillaume IX, peut-être est-ce de là que provient son attrait pour cette forme d’art. Elle compte dans sa suite le poète Bernard de Ventadour, son amant, qui l’avait suivi de France en Angleterre. Bertrand de Born fréquentait aussi intimement la cour angevine. C’est à sa cour que fleurirent les belles légendes celtiques du roi Arthur et de Tristan. L’architecture prit aussi un vigoureux essor ; le commerce et l’artisanat assurèrent le bien-être des habitants des villes. 

Le conflit avec l’Eglise

Henri chercha à soumettre l’Eglise anglicane à l’Etat. Il s’en suivit une lutte impitoyable, dans laquelle Thomas Becket se signala comme l’un des adversaires les plus farouches du roi. C’est en 1162 que Henri confia l’archevêché de Canterbury à son fidèle Thomas, le roi pensait ainsi pouvoir reprendre en main l’Eglise anglaise. Mais Thomas renonça bien vite à sa fidélité d’antan pour se consacrer pleinement à sa tâche et défendre âprement les droits que le roi voulait arracher à l’Eglise. Ce sont les 16 articles de Clarendon qui vont limiter la juridiction ecclésiastique dans plus d’un domaine. Ainsi le roi s’arrogea le droit de pourvoir les sièges épiscopaux. Pour échapper à la vindicte du roi, Thomas du s’exiler en France et se placer sous la protection le Louis VII. Le pape, Alexandre III, pourtant dans une position difficile de par sa lutte contre Frédéric Barberousse, prit position pour Thomas Becket. Il le nomma légat d’Angleterre et l’autorisa à rejeter depuis la France le statut de Clarendon. L’Angleterre se voyait aussi frappé d’interdit. Henri céda, il demanda à Thomas de revenir au pays, s’engageant à tout ce que l’archevêque exigeait. Mais le roi n’était pas sincère… Thomas, toujours aussi intransigeant, n’hésitait pas à punir les prélats infidèles à l’Eglise ;Henri, qui séjournait alors en France, apprenant l’attitude de Thomas aurait eu ces mots : 

« Un garçon que j’ai comblé de bienfaits ose braver le roi et toute la maison royale. Quels misérables lâches ai-je nourris en ma cour ? Ne s’en trouve-t-il pas un parmi vous pour me venger de ce traître ? »

C’était un véritable appel au meurtre. Quatre chevaliers partirent immédiatement pour Canterbury et égorgèrent Thomas Becket dans sa cathédrale, nous étions le 29 décembre 1170. L’indignation fut immense, Henri II était compromis. Le roi connu alors des heures pénibles : il était défait en Irlande, ses fils se retournaient contre lui, les Ecossais envahirent l’Angleterre, la France capétienne préparait une invasion de la Normandie et de la Grande-Bretagne,  son peuple estimait que le roi était un lâche et que Dieu le punissait du meurtre de leur archevêque bien-aimé. La situation du roi semblait désespérée ; il prit alors parti d’expier son crime. En robe de pénitent, pieds nus, il se rendit sur la tombe de Thomas Becket et s’y fit flageller. Ainsi le roi obtenait l’absolution et se réhabilitait, dans une certaine mesure. Il mâta bientôt ses adversaires, ses fils ne tardèrent pas à demander son pardon. Mais les querelles familiales reprirent bientôt, quand il apprit que son plus jeune enfant, Jean, depuis toujours son favori, avait passé dans l’autre camp, il en fut si profondément atteint qu’il mourut quelques jours plus tard, dans le désespoir et en maudissant sa progéniture. 

 
 
 
 
 

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