ATRIUM - Histoire de l'Antiquité

En histoire européenne, l'Antiquité désigne la période des civilisations de l'écriture autour de la Méditerranée, après la Préhistoire, avant le Moyen Âge. La majorité des historiens estiment que l'Antiquité commence au IVe millénaire av. J.-C. (-3500, -3000) avec l'invention de l'écriture, et voit sa fin durant les grandes migrations eurasiennes autour du Ve siècle (300 à 600). La date symbolique est relative à une civilisation ou une nation, la déposition du dernier empereur romain d'Occident en 476 est un repère conventionnel pour l'Europe occidentale, mais d'autres bornes peuvent être significatives de la fin du monde antique.

 

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Les Koina
 
 

Un autre système de découpe des provinces respectait mieux les communautés ethniques: le Koinon, cette institution n’avait qu’un nom grec, la traduction latine n’avait pas été faite car le koinon n’avait pas de grande importance administrative. Koinon a un sens vague, c’est en fait ce qui permet aux cités de se réunir, ce qui est commun, on pourrait le traduire par collectivité. Cette institution existait aussi en dehors de la province d’Asie. Le koinon était en fait une union de cités qui avait des racines beaucoup plus ancienne que la conquête romaine. A l’époque hellénistique, le koinon définissait un véritable état fédéral, les Romains en firent quelque chose d’un peu différent ensuite, car les cités cédèrent une partie de leur souveraineté à un état central. Même s’il n’y a pas eu de rupture nette, on a plus à faire à un état fédéral à l’époque impériale car Rome n’aurait pas acceptée d’avoir un véritable état au sein de l'une de ses provinces. Les Koina étaient donc des associations de cités ayant un caractère régional et ethnique, selon un schéma librement institué par les intéressés et non pas par les Romains.

Exemple: A l’intérieur de la province d’Asie, on connaît le koinon des 13 cités de l’Ionie. Ce koinon a un caractère traditionnel, il est attesté déjà à l’époque d’Hérodote. Au début il ne contenait que 12 cités, par la suite la ville de Smyrne s’ajouta au nombre déjà existant des villes. A l’époque romaine, ce koinon existait encore.

Le rôle des koina

En général, ils devaient s’occuper de certains cultes et voter des décrets. La nouveauté introduite par les Romains a été de donner un regard régional au sein de l’empire qui d’habitude était plutôt centralisateur. Les cités qui constituaient un koinon avaient certaines libertés par rapport à l’empire:

-Elles devaient se réunir dans ce cadre pour exercer le culte de l’empereur.

-Au niveau politique, elles prenaient la liberté de se réunir pour protester ou se plaindre au gouverneur de la province ou directement à l’empereur. Pour ce genre de requête, il était plus facile de se mettre à plusieurs pour être entendu. Les cités pouvaient donc prendre des décisions, par exemple demander la révocation de certains décrets de l’empire.

-Le koinon n’avait pas d’aspect administratif comme le conventus.

-L’Asiarque était le chef de l’Asie, mais au sein du koinon. Le maître de la province était le gouverneur, il était le président du koinon de l’Asie. L'Asiarque avait surtout une fonction religieuse, au niveau de la province. Cette tâche représentait une ascension sociale.

Le koinon était une institution que l’on peut considérer comme romaine, même si elle plonge ses racines dans le monde grec où, à l’époque, il était un véritable état fédéral. A l’époque impériale, le koinon était simplement une association de cités.

La différence entre le conventus et le koinon

Les deux institutions ne correspondaient pas à la même fonction:

1.         Le conventus était un parement administratif. Ses frontières ne respectaient absolument pas les anciens territoires hellénistiques et ethniques.

2.         Le koinon était une institution beaucoup plus respectueuse des liens ethniques et religieux. En général, les koina étaient constitués prés d’un grand sanctuaire autour duquel il y avait plusieurs cités.

Exemples de Koina

1.         En Mysie, il y avait un koinon autour de la ville d’Ilion (Troie). Il formait la confédération d’Athéna Ilias et subsista jusqu’à l’époque romaine.

2.         Les villes de la Lycie formaient un koinon qui était à l’époque hellénistique une véritable confédération et qui subsista jusqu’à l’époque impériale. Il faut dire que les Romains n’étaient pas défavorables aux koina, ils les favorisaient même car c’était dans le cadre de cette institution qu’avait lieu le culte impérial.

3.         Un koinon rassemblait l’ensemble des cités de la province d’Asie, c’était le koinon des Grecs d’Asie. Il réunissait l’ensemble des cités grecques d’Asie et était plus grand que tous les autres koina. Les Grecs bénéficiaient ainsi d’une grande autonomie et pouvaient gérer leurs affaires eux-mêmes. Le koinon d’Asie avait aussi une fonction politique, il donnait la possibilité aux provinciaux de se faire entendre par le pouvoir romain (contre le gouverneur par exemple), mais leur tâche la plus importante était d’organiser le culte impérial et cela depuis la fin de la République et pendant tout le Haut empire.

En 9 av. J-C, le koinon de la province d’Asie organisa le calendrier de la province pour que l’année commence en même temps pour toutes les villes du koinon. On trouva une façon originale d’honorer Auguste, le premier empereur et sauveur du monde: Même si à Rome l’année commençait à un autre moment, on choisit la date de naissance d’Auguste (le 23 septembre). Les Grecs sortaient de la période difficile qu’avait été la guerre civile. Cet acte n’était donc pas une vaine reconnaissance, même si le style nous paraît pompeux. Il y eut pendant un certain temps deux calendrier en même temps, celui de la province et celui de Rome.

Les magistrats du Koinon

Les magistrats du koinon d’Asie n’étaient pas militaires et avaient peu de pouvoirs politiques, mais ils bénéficiaient d’un grand prestige: ils dirigeaient la province qui pesait le plus lourd au sein de l’empire. Deux titres sont attestés par des textes littéraires et des inscriptions:

1.   Asiarque, chef du koinon de la province d’Asie (c’est un terme qui n’était pas isolé, on trouve aussi Bithynarque, Pamphylarque qui étaient d’autres chefs de koinon.)

2.   Archiereus, grand prêtre.

Un problème a fait l’objet de nombreuses études: est-ce qu’il y avait plus d’un Asiarque en même temps et quelles étaient ses relations avec l’Archiereus ? On sait aujourd’hui que lorsqu’on obtenait le titre d’Asiarque, c’était pour la vie et que l’on pouvait se prévaloir de ce titre à plusieurs. Une femme ne pouvait pas occuper cette fonction, par contre on sait que des femmes ont pris le titre d’Archiereus, ce qui en soi ne paraît pas être impossible puisqu’il existait des prêtresses dans le monde romain. Les fonctions d’Asiarque et d’Archiereus ne pouvaient pas être cumulées. On sait cela par déduction: si une femme pouvait être Archiereus mais pas Asiarque, il est logique que ces deux fonctions ne pouvaient pas être exercées par la même personne. Le koinon possédait un conseil, le synédrion. Celui du koinon d’Asie comptait 150 membres; par contre on ignore si toutes les cités avaient un représentant dans le conseil et quelles étaient les règles d’élections des synèdes (ceux qui siégeaient au synédrion), on sait seulement que les synèdes étaient des notables. Probablement que toutes les cités n’avaient pas leur place au conseil puisqu’il y avait plus de 150 cités dans la province (entre 250 et 300 cités). Pour l’empire romain cette politique commune du koinon était très utile car elle réussit à gommer la rivalité légendaire entre les cités grecques.

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