ATRIUM - Histoire de l'Antiquité

En histoire européenne, l'Antiquité désigne la période des civilisations de l'écriture autour de la Méditerranée, après la Préhistoire, avant le Moyen Âge. La majorité des historiens estiment que l'Antiquité commence au IVe millénaire av. J.-C. (-3500, -3000) avec l'invention de l'écriture, et voit sa fin durant les grandes migrations eurasiennes autour du Ve siècle (300 à 600). La date symbolique est relative à une civilisation ou une nation, la déposition du dernier empereur romain d'Occident en 476 est un repère conventionnel pour l'Europe occidentale, mais d'autres bornes peuvent être significatives de la fin du monde antique.

 

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Les cités d'Occident : L'Espagne
 
 

Nous allons maintenant parler de l’autre moitié de l’empire. Cette division peut surprendre car l’état romain était encore à l'époque fortement unitaire et centralisé. Mais si l’on y regarde de plus près, l’empire avait un double aspect ; les deux moitiés de la Méditerranée qui le composait n’avaient pas la même histoire ni la même langue et par conséquent pas la même culture. Malgré les traits communs, il convient de traiter ces deux parties séparément. Ce n’étaient pourtant pas deux mondes qui s’ignoraient, mais dans le cadre des cités, il y avait des spécificités orientales et occidentales, il est donc plus pratique de les traiter séparément. De plus, avec l’augmentation de la documentation, il devient difficile pour un historien d’être à l’aise dans les deux domaines. Cette différence entre l’Orient et l’Occident n’apparaît pas quand on étudie le pouvoir central, la haute administration, l’armée, le système des routes, le grand commerce etc. Par contre, lorsqu’on s’intéresse aux peuples indigènes ou aux cités, on se rend compte que l’empire n’était pas seulement double, mais aussi multiple.

Mais revenons aux cités: Dans la partie orientale de l’empire, la cité en tant qu’état était antérieure à l’empire romain. La Grèce était déjà un monde urbanisé au moment de la conquête, et les Romains n’ont pas vraiment cherché à modifier les choses en prenant le contrôle de ces régions. La cité grecque a dû s’accommoder au pouvoir romain, ce qui a évidemment créé des tensions. En Occident par contre, la création des cités a été l’œuvre de Rome. Les Romains ont installé des cités là où il n’y en avait pas (il y a quelques exceptions bien sûr). La situation de départ n’était donc pas la même. La documentation est également très différente entre les deux moitiés, ce qui justifie la distinction que l’on fait entre elles.

L’ Espagne       

En Occident, les villes sont nées avec l’empire. On va se pencher sur une région plus précise et s’intéresser à l’Espagne. On pourrait tout d’abord se demander s’il n’existait pas des villes antérieures à la conquête romaine en Espagne. Conquête qui commença dès la fin du IIIe siècle av. J-C jusqu’à l’époque d’Auguste. On sait maintenant qu’il y en avait plusieurs, mais seulement sur la côte et en petit nombre. Ces villes étaient soit des comptoirs grecs fondés par la ville de Marseille comme Emporion (l’actuelle Ampurias) soit des villes puniques fondées par les Phéniciens ou les Carthaginois, comme la nouvelle Carthage (Carthago nova) (aujourd’hui Carthagène) et Gadès (Cadix) qui étaient de très vieilles villes phéniciennes. Il y avait aussi la ville de Numance qui a été un des principaux points de résistance à la conquête romaine.

En résumé, les cités ont été très largement l’œuvre des Romains en Espagne. Le géographe Strabon en avait parfaitement conscience (Strabon vit à la l’époque d’Auguste). Son Livre III est entièrement dédié à l’Espagne qu’il loue, il parle de la vie de village (kômêdon), de la romanisation très forte et de la nouvelle langue parlée et écrite qui est désormais le latin. On peut donc dire qu’au temps de Strabon, les «espagnols» vivaient à la romaine.

Pourquoi l’Espagne?

Dans le cadre de notre étude de la partie occidentale de l’empire, nous avons choisi de nous intéresser plus précisément à la province d’Espagne, c’est-à-dire à l’Hispanie (qui comprenait toute la péninsule ibérique). Les motivations de ce choix: Tout d’abord, nous disposons de sources littéraires et épigraphiques assez importantes sur le sujet, notamment un témoignage de Pline. De plus on possède aussi une bibliographie récente sur la province d’Espagne (Cf plus haut P.Le Roux). L’Espagne n’était pas tout à fait une province comme les autres, elle est typiquement  un exemple de romanisation, elle est d’ailleurs restée romanisée jusqu’à la toute fin de l’empire et a été riche et prospère. Cette province correspondait plus ou moins à la province d’Asie en Orient.

Sources pour l’Espagne

Dans sa Géographie universelle, Strabon a consacré tout son livre 3 à la province d’Espagne. C’est une bonne source, mais son récit s’arrête à la période d’Auguste, il ne donne donc rien sur l’époque impériale. Néanmoins son témoignage reste une bonne vue de la province au début de l’époque impériale, même si on pense que Strabon n’a vu qu’une partie de l’Espagne et que pour le reste, il s’est surtout basé sur des témoignages antérieurs. Il décrit l’extrême sud de l’Espagne (l’Andalousie) comme une des régions les plus romanisées (région d’un peuple appelé les Tourdetani et d’un peuple voisin, les Celtici, vivant au sud du Portugal actuel, qui doit s’être installé dans la région au milieu du Ier millénaire av. J-C, soit avant la conquête romaine). Strabon et d’autres ont vanté les richesses et les ressources du sud de l’Espagne. Polybe a aussi relaté l’histoire de l’Espagne durant son voyage en Occident, mais deux siècles avant Strabon qui lui-même se base parfois sur les textes de Polybe. Il nous dit que les Celtici avaient des fédérations de villages, on pourrait se demander si c’est encore le cas à l’époque de Strabon. Strabon affirme que les Tourdetani ont si bien été romanisés qu’ils en ont oublié leur propre langue. Ce qui est sûr, c’est que la région du Bétis (fleuve qui se jette dans l’Atlantique vers Cadès et qui donne sa richesse à tout le sud de l’Espagne, aujourd’hui le Guadalquivir) qui s’est romanisée le plus rapidement car c’était la plus ouverte et la plus facile d’accès. Les Tourdetani reçurent le Nomen Latinum (c’est-à-dire le Droit Latin), ce dernier ajouté à la présence de colonies romaines dans le sud de l’Espagne a provoqué une romanisation rapide des indigènes. Strabon nous révèle l’existence de trois colonies romaines:

1.    Pax Augusta ou Pax Julia, une colonie romaine située chez les Celtici (au sud).

2.    Augusta Emerita, une colonie située sur le fleuve Anas    vers la frontière avec le Portugal actuel.

3.    Caesar Augusta, une colonie placée chez les Celtibères au nord de l’Espagne (cette ville correspond aujourd’hui à Saragosse).

A ces colonies romaines il faut ajouter des villes mixtes dans lesquelles des citoyens romains venaient s’installer, ce qui permettait une romanisation plus facile et plus rapide. Ces villes mixtes étaient situées près des colonies romaines. Strabon constate que la romanisation a été profonde et qu’elle a atteint les peuples du sud, assez dociles, et même les Celtibères, peuple du Nord réputés pour être des plus farouches. Même à l’intérieur de l’Espagne la romanisation poursuivit son cours petit à petit. Selon Strabon, les Ibères qui avaient accepté les nouvelles formes d’existences romaines étaient appelés «Stolati». Stolati est un mot a peu près incompréhensible que l’on peut tout de même traduire par «vêtu d’une façon particulière». F.Lasserre, un philologue, dit à propos de ce passage, que les Ibères doivent leur nom de Stolati à leur façon de s’habiller, comme les Narbonnais étaient nommés Bracati car ils portaient des braies et comme les gens de Gaule Chevelue (Gallia Comata) portaient des cheveux longs. En fait le mot Stolatus est très mal attesté. Tout au long de ce passage Strabon insiste sur la Romanisation et sur le fait que les Ibères ont adopté un nouveau mode d’existence, donc ces peuples devraient plutôt être surnommés d’un attribut romain que d’une particularité nationale. Le Roux, lui, défend une proposition différente, il soutient que c’est une erreur de copie qui est à l’origine de ce mot. Il propose dès lors Togati à la place de Stolati. Ce qui voudrait dire que les Ibères étaient appelés "Hommes en Toge", vêtement romain par excellence et notamment porté par les hommes politiques romains.

Les provinces d’Espagne

Subdivision en deux provinces jusqu’à Auguste. A l’époque d’Auguste, l’Hispanie était divisée en trois provinces. C’était une innovation très récente qui datait de 12 ou 15 ap. J-C, car jusque-là l’Espagne avait été divisée en deux provinces. Cette première division avait été faite aux environs de -209, lors de la première conquête de l’Espagne. En allant conquérir le pays punique en 209 et 206, les Romains commencèrent la conquête de l’Espagne (à ce moment-là la Gaule n’est pas du tout colonisée). En -197 au début de la colonisation de l’Espagne, la province est séparée en deux:

1.     L’Hispania Citerior, située en deçà du fleuve Ebre.

2.     L’Hispania Ulterior, située au-delà du fleuve Ebre.

Cela ne veut pas dire que les Romains étaient maîtres de l’Espagne à partir de -197, loin de là. Le mot province (provincia) avait encore un sens très ancien. Il signifiait « mandat que l’on confie à un magistrat », ce mandat ne concernait pas forcément un territoire. Par exemple, la lutte contre les pirates pouvait porter le nom de provincia. Ces deux provinces ou mandats tout au long de l’époque républicaine et jusqu’à Auguste. Ce dernier acheva la conquête de l’Espagne, elle fut très difficile. Auguste dut y passer deux ans. La présence des Romains durant l’époque républicaine à certains endroits explique le fait que certains peuples étaient déjà très romanisés au moment de la conquête d’Auguste; d’autres ne l'étaient absolument pas, notamment au Nord et dans les Pyrénées. Auguste va mettre au point une nouvelle subdivision qui subsistera jusqu’en 300, date de la réforme de Dioclétien. Durant cette période, l’Espagne va avoir un développement économique et culturel extraordinaire. La subdivision de l’Espagne par Auguste:

1.   La Bétique, province formée sur le fleuve Bétis (Guadalquivir) située au sud de l’Espagne (jusqu’aux colonnes d’Hercule à Gibraltar), constituait la province la plus tranquille et la plus romanisée. Auguste l’a attribuée au Sénat, c’était donc une province sénatoriale (dénuée d’armées).

2.   La province Tarraconaise (Tarraconnensis). C’était une province impériale qui contenait des contingents armés. La ville la plus importante de cette province était Tarraco.

3.   La Lusitanie remplaçait plus ou moins l’ancienne Hispanie Citerior. Elle correspondait plus ou moins au Portugal actuel (Partie sud-ouest de la Péninsule Ibérique, c’est une région sauvage avec de nombreux fleuves). Même si c’était une province impériale, la province de Lusitanie ne possédait pas d’armée sur son territoire car elle était petite et isolée.

La distinction entre province sénatoriale et province impériale

Province sénatoriale

Les provinces dites du peuple romain ou sénatoriales, qui conservent un semblant de République, ont des gouverneurs aux fonctions civiles choisis par le Sénat parmi les préteurs et consuls sortis de charge. Ils portent le titre de proconsul. La province consulaire d'Asie, qui a pour capitale Ephèse, est un exemple de province sénatoriale. 

Province impériale

Les provinces impériales se caractérisent par une présence militaire, elles sont gouvernées par des légats d'Auguste propréteur (de rang consulaire ou prétorien), assistés de procurateurs (de rang équestre, spécialisés dans le domaine financier). La province consulaire de Cappadoce, capitale Césarée, est une province  impériale. Les trois provinces prétoriennes d'Aquitaine, de Lyonnaise et de Belgique le sont également. Comme la province procuratorienne des Alpes. Ce système, qui n'est pas aussi schématique, le statut d'une province pouvait toujours évoluer, fonctionna jusqu'au règne de Dioclétien (284-305) comme nous l'avons déjà dit.

Les étapes de l’urbanisation de l’Espagne

Le début de l’époque romaine

Avant l’arrivée romaine, il n’y avait pratiquement pas de villes en Espagne, à part quelques établissements puniques comme Carthago Nova. L’implantation romaine commença très tôt et s’étendit sur une longue période. Dès 206 av. J-C, en pleine guerre punique, une première ville romaine fut crée près de Séville. Elle s’appelait Italica. Scipion y installa des alliés de Rome, des Italiques, qui n’avaient pas la citoyenneté romaine. Cette ville eut son heure de gloire puisqu’elle est la patrie de l’empereur romain Hadrien qui gouverna l’empire au deuxième siècle de notre ère. Le deuxième siècle est d'aileurs marqué par des empereurs d’origine hispanique (c’est-à-dire de sang romain et indigène).

Les colonies

Au deuxième siècle av. J-C, l’Espagne comptait quelques colonies:

1.   Cartega, ville qui se situait près de Gibraltar. Les fils de soldats romains et de femmes espagnoles n’avaient pas de statut car le mariage de leurs parents n’étaient pas reconnu. Ils devaient réclamer un statut auprès du gouverneur de la province qui décidait alors s’ils seraient affranchis ou non. Après vérification de leur statut, ils pouvaient être admis dans la colonie de Cartega qui s’appelait : Colonia Libertinorum (c’est-à-dire Colonie des Affranchis). Cette population mixte a donc finalement trouvé un statut, celui de colon.

2.   Tarkessos, ville quasi mythique pour l’époque pré-romaine. Elle était considérée comme un Eden.

3.   La colonie de Cordoba, qui devint une colonie importante.

4.   La colonie Valentia.

Après la création de ces colonies, les Romains marquèrent une pause dans la colonisation. César reprit le mouvement plus tard. Il fonda par exemple une colonie dans la future ville de Séville. En général, César créait des colonies de vétérans.

Les Romains ont également transformé en colonie des villes déjà existantes, comme Tarraco ou Cartago Nova. Auguste accentua ce mouvement et installa des colonies plus à l’intérieur des terres où lui-même avait séjourné entre 27 et 25 av. J-C. On lui doit d’ailleurs la colonie de Caesaraugusta (Saragosse). Auguste dessina les trois provinces d’Hispanie par l’intermédiaire de Vispsianus Agrippa, son principal lieutenant. Ce dernier eut l’idée de faire représenter l’empire Romain (dont l’Espagne) sur une carte à Rome. Pour ce faire, il fit une description très minutieuse de l’Hispanie que Pline l’Ancien utilisa dans son «Histoire Naturelle». Cette description est d’une précision extraordinaire, elle contient le recensement de toutes les villes d’Espagne, inventaire très précis des villes qui portaient un nom latin seulement. Ce genre de sources n’existe que pour l’Espagne, et on ignore si cela avait été également exécuté pour les autres provinces.

En Bétique, les Romains continuèrent d’implanter des colonies. Par exemple, la colonie d’Augusta Emerita (aujourdhui Mérida) a été une des cités les plus connues d’Espagne. Elle joua un rôle important dans la naissance et l’expansion du culte impérial en Hispanie à une époque où il n’est pas encore attesté dans le reste de l’empire Occidental. On peut supposer que le culte impérial est né dans cette ville. Au premier siècle, on constate un extraordinaire essor culturel et littéraire en Espagne, surtout en Bétique. La plupart des grands auteurs latins sont des Romains d’Espagne, comme par exemple Sénèque, Martial, Lucain, Columelle...

Les cités d’Espagne et leurs Statuts

Sur ce sujet on est bien informé par Pline l’Ancien (début de l’empire) dans le livre III de son «Histoire Naturelle» qui est entièrement dédiée à l’Espagne. Pline s’est basé sur le rapport détaillé de Vispsianus Agrippa. Il nous donne le nombre de conventus (les conventus iuridici étaient des circonscriptions judiciaires) qui étaient de 5 ou 6 par province. Au-delà de ces divisions, il y avait les cités (Polei ou Civitates). Une cité n’était pas fondamentalement une ville mais un territoire qui formait une unité ethnique et qui possédait une relative indépendance. Une civitas pouvait donc être formée par des indigènes ou des citoyens romains. Cependant les cités ne bénéficiaient pas toutes des mêmes statuts. Grâce à la description de Vispsianus Agrippa, on a pu dénombrer 399 civitates en Hispanie:

-175 cités en Bétique (ce n’était pas la plus grande des provinces d’Espagne mais la plus riche et la plus peuplée).

-45 cités en Lusitanie.

-179 cités en Tarraconaise  (il y avait un grand nombre de cités parce que c’était un grand territoire). En plus, Pline nous dit au chapitre 18, livre III, qu’il existait des villes qui n’étaient pas vraiment des civitates mais des oppida, c’est-à-dire des villes rattachées à d’autres (surtout d’un point de vue fiscal). Le calcul est alors différent car il y a pour la province Tarraconaise 293 villes non autonomes qui s’ajoutent aux 179 indépendantes.

Pline nous donne une première idée des statuts des villes:

Hispanie

Bétique

Lusitanie

Tarraconaise

26 colonies (établies par les Romains en Hispanie)

9

5

12

24 municipes

10

1

13

48 villes latines

27

3

18

6 villes libres

6

--

 

4 villes fédérées

3

--

1

Grâce à Pline, on remarque qu’à son époque sur les 399 communautés, il y en avait au moins une centaine qui avaient un statut privilégié. Elles avaient la chance de ne pas être soumises à l’impôt impérial contrairement aux environs 299 autres qui étaient stipendiaires. Ces cités privilégiées représentaient un quart du nombre total des cités. Cette diversité de statuts tient à l’histoire, chaque cité s’est trouvée liée à Rome d’une manière particulière, mais avec le temps les statuts se simplifieront, sous la forme d’une uniformisation. Mais à l’époque d’Auguste cette diversité résultait de la conquête. En interprétant Pline, les historiens modernes ont simplifié le tableau ci-dessus en distinguant trois statuts (dans l’ordre décroissant des privilèges):

1.    Les cités de droit romain, villes où tous les habitants étaient des citoyens romains.

2.    Les cités de droit latin (civitas latina), villes dont le statut était octroyé par Rome et qui ne correspondait pas à la civitas romana à laquelle il est inférieur.

3.    Les cités pérégrines (peregrinus, qui veut dire étranger), villes qui n’avaient pas un statut octroyé par Rome, elles n’étaient ni de droit romain ni de droit latin.

A partir de là, on peut se demander comment faire correspondre ce tableau avec celui de Pline? Les colonies faisaient partie des cités de droit romain et de droit latin. Les colonies romaines faisaient partie du droit romain et les colonies latines du droit latin (voir la colonie romaine et la colonie latine dans Les Colonies).Les municipes (états qui bénéficiaient d’un droit donné par Rome sans qu’il y ait pour autant d’implantation de citoyens romains) pouvaient être de droit romain ou de droit latin. Dans les cités pérégrines il pouvait y avoir trois statuts différents:

1.    Les villes libres

2.    Les villes fédérées qui bénéficiaient de certains privilèges

3.    Les villes stipendiaires qui payaient l’impôt.

Ce qui ressort de ce classement c’est que les villes les plus avantagées étaient celles qui avaient un degré de romanité le plus élevé.

Les cités de droit romain

On étudiera surtout les cités de droit latin car les cités de droit romain étaient des colonies romaines qui ressemblaient à toutes les colonies romaines de l’empire, qu’elles soient occidentales ou orientales. A la seule différence près que la colonie romaine en occident était très homogène au niveau de la langue. Tout le monde s’exprimait en latin. On ne va donc pas reprendre ce qu’on a déjà fait dans le cadre des colonies romaines d’Orient.

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Bibliographie

W.Liebenaxn, Stadtverwaltung im rumischen Kaiserreich

1900. C’est un tableau synchronique des aspects financiers, politiques et aussi de quelques aspects sociaux des cités. Le livre est vieilli du fait de la perspective et des nouveaux documents que l’on a et qu’il ne pouvait pas connaître. Même s’il ne le dit pas vraiment, le livre exprime une évolution linéaire vers la décadence qui se manifeste par la perte progressive de l’autonomie par rapport au pouvoir central, mais la réalité est beaucoup plus complexe. En 1900, on voyait l’histoire de l’empire comme une évolution décadente, cet état d’esprit est dû à Théodore Mommsen (qui malgré cela reste un grand savant).

François Jacques, Le privilège de liberté politique impériale et autonomie municipale dans l’Occident romain. 1984.

Dans ce livre, il remet en question les vues de Liebenani (et Mommsen). Splendissima civitas, hommage à François Jacques, 1996

P.Le Roux, Romains d’Espagne 1995.

Avant de proclamer que le pouvoir central est difficile à supporter, il faut regarder des analyses régionales comme celle-ci.

 
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